Ligue des champions: Monaco en route vers le braquage du siècle (raté par Lille en 2006)?
FOOTBALL•Statistiquement, l’ASM est une des équipes les plus faibles d’Europe. Et pourtant, elle est en passe de se qualifier…B.V.
C’est à l’avant-dernière page d’un pdf de 41 pages bien caché sur le site de l’UEFA que l’on a trouvé la statistique que l’on cherchait: une équipe en position de se qualifier pour les huitièmes de finale avec des statistiques aussi ridicules que celles de Monaco cette saison. C’était Lille en 2006, proche des huitièmes de finale avec 1 but marqué en cinq matchs (une victoire, une défaite, trois 0-0) mais finalement éliminé lors de la dernière rencontre de poule par le Villareal de Forlan et Riquelme.
Mardi soir, il suffira d’un nul à Monaco face au Zénith Saint-Pétersbourg pour revenir à la fin de l'hiver. Un miracle quand on analyse les chiffres vertigineux de la campagne européenne de l’ASM, avant-dernière attaque de la compétition en buts marqués (2), en tirs par match (9,2) ou en pourcentage de passes réussies (80%).
«On peut effectivement faire le rapprochement entre ces deux équipes, se souvient le latéral gauche du Losc version 2006, Grégory Tafforeau. Il est possible de se qualifier sans nécessairement marquer beaucoup et cette saison-là, on était défensivement très en place mais on avait de grosses difficultés à montrer des choses offensivement. On allait pas changer de style de jeu pour impressionner les autres, alors on est resté sur ce qu’on savait faire.»
«Ce ne sera pas une qualification au rabais»
La recette monégasque est sensiblement la même: une défense acharnée (un seul but encaissé) et juste ce qu’il faut de réussite. Roger Schmidt, l’entraîneur de Leverkusen, n’a d’ailleurs toujours pas digéré le réalisme princier. «Je n'en reviens pas, en deux matches nous avons tellement dominés et eux ils ont tiré deux fois au but et ont gagné deux fois 1-0.»
Juste de quoi mettre l’ASM aux portes du braquage du siècle. «Six matchs, c’est peu, mais si on était passé à l’époque, on n’aurait pas pu dire que c’était un hold-up, nuance Tafforeau. C’est pareil pour Monaco. Quand on en position de passer avant le dernier match, c’est qu’on a le niveau. On ne pourra pas parler de qualification au rabais.»
Mais on peut être labélisé par l’Europe entière comme une équipe… comment dire… chiante à mourir? «Bien sûr que ça gène un peu, poursuit l’ancien capitaine lillois. Surtout qu’avec la médiatisation importante de la compétition, on cherche donner une bonne image du foot français. Mais je crois que si on était passé et que le lendemain la presse titrait "Lille n’a pas le niveau mais s’est qualifié", on s’en serait foutu. Ce n’était peut-être pas beau à voir mais sur le moment, ce qu’on demandait, c’était des résultats.» Et le 0-0 le plus horrible du monde en serait un parfait pour Monaco.



















