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France-Ukraine: Pour Pascal Praud, «la planète Twitter est d’une violence inouïe»

France-Ukraine: Pour Pascal Praud, «la planète Twitter est d’une violence inouïe»

FOOTBALL – Le journaliste d’I-Télé et RTL est la cible des moqueries et des insultes depuis la qualification de l’équipe de France…
Antoine Maes

Antoine Maes

Depuis 48h, il ne s’arrête plus. Sur Twitter, Pascal Praud fait partager à ses followers le torrent de remarques allant de drôles à insultantes qu’il reçoit sur son compte. La raison? Le journaliste d’I-Télé et de RTL avait vertement condamné le manque d’envie des bleus juste après la triste soirée de Kiev.

Le flot d’insultes et de remarques acerbes que vous recevez depuis mardi soir s’est-il calmé?

Oui bien sûr. Il y a des gens qui ne sont pas contents, et puis comme toujours quand tu prends une position, il y aussi des gens qui soutiennent ce que tu as dit. Je suis resté sur l’analyse sportive, je ne vais pas au-delà. Je déplorais le manque d’engagement au premier match, et j’ai été content que cet engagement et ce désir reviennent. Et d’ailleurs, je rappelle les premiers mots de Didier Deschamps mardi soir: «Vous avez écrit votre histoire les gars, bravo. C’est votre mérite. Si vous y étiez aujourd’hui, c’est une question de tête, d’envie. La qualité vous l’avez.» Voilà, il n’y a que ça que je pense, que ça que je dis, point.

« @PascalPraud Tu l'a ramene moins hein connard — Fou Furieu❌® (@GravosDuZoo) 21 Novembre 2013 »

Vous avez été surpris du déchainement (parfois de haine) à votre encontre?

Il ne faut pas surinvestir cette équipe de France d’un poids qu’elle ne peut pas avoir. Ce sont des jeunes gens de 25 ans, ce n’est pas l’armée française. Ce n’est pas le révélateur ou non d’un pays. Il ne faut pas rentrer dans ces considérations sociologiques ou politiques, avec le risque qui existe de récupération. Moi je suis resté sur le foot! Ils n’avaient pas le désir de se surpasser, ils l’ont eu au match retour.

Dans le ton vous y êtes allé fort quand même avec votre «on ne veut plus les voir»…

Je n’ai pas dit ça! Voyez la séquence! Je commence la phrase comme ça: «aujourd’hui il y a des gens qui sont très contents parce qu’ils ne peuvent plus voir l’équipe de France». C’est tout ce que j’ai dit. Il y un effet loupe quand tu parles, mais j’ai témoigné d’une réalité des gens qui n’en pouvaient plus de voir l’équipe de France après le match aller. Je ne suis pas dans la posture. Il y avait une part de sincérité et c’est peut être ce qui a touché des gens. L’objectivité ça n’a pas de sens. En revanche, il faut être honnête, et témoigner de la réalité.

Vous l’avez senti venir ce retour de bâton contre vous?

Oui, je m’en suis douté pendant le match. Mais j’étais surtout content. On a envie pour plein de raisons, personnelles ou professionnelles, que l’équipe de France aille à la Coupe du monde. Depuis quatre jours c’est le meilleur scénario. On dit que l’équipe de France est ressuscitée. Moi je dis qu’elle est née. Mais les gens sont comme moi, ils attendent. Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour, comme dit l’autre.

Dans la rue, on est venu vous faire des reproches?

Dans la rue les gens qui viennent vers toi c’est toujours pour dire du bien. Et il faut se méfier de ça, ce n’est pas révélateur. Mais je savais que la planète Twitter était d’une violence inouïe. Aujourd’hui, j’ai écrit un petit tweet. «J’hésite à retweeter les positifs et les négatifs, mais les négatifs sont infiniment plus instructifs.»

Vous n’allez rien changer donc rien changer à votre style à cause de cet épisode?

Bien sûr que non. Vous savez bien que l’analyse que j’ai faite est partagée par beaucoup de gens. La seule chose qui a pu me surprendre c’est qu’une analyse assez classique ait autant buzzé que ça. Moi je suis un journaliste, un témoin, pas un acteur. On peut se tromper mais il faut être sincère. Il y a trop de gens qui prennent la parole et qui sont dans la posture ou dans le politiquement correct. J’ai le sentiment d’avoir gardé de la mesure.