La légende du rugby Jonah Lomu est décédé
DiaporamaAurélie Delaunoy
L'ancienne star mondiale du rugby Jonah Lomu, joueur légendaire des All Blacks néozélandais dont la carrière a été interrompue par une maladie rénale, est décédé soudainement ce mercredi à l'âge de 40 ans. Lomu, qui se battait depuis de nombreuses années contre sa maladie, est décédé dans sa maison d'Auckland, dans le nord de la Nouvelle-Zélande, a indiqué le porte-parole de sa famille, John Mayhew.
Photo: Jonah Lomu regarde l'équipe de rugby australienne à Auckland, le 18 novembre 2015.
Réalisation: Aurélie Delaunoy
L'ancienne star mondiale du rugby Jonah Lomu, joueur légendaire des All Blacks néozélandais dont la carrière a été interrompue par une maladie rénale, est décédé soudainement ce mercredi à l'âge de 40 ans. Lomu, qui se battait depuis de nombreuses années contre sa maladie, est décédé dans sa maison d'Auckland, dans le nord de la Nouvelle-Zélande, a indiqué le porte-parole de sa famille, John Mayhew.
Photo: Jonah Lomu regarde l'équipe de rugby australienne à Auckland, le 18 novembre 2015.
Réalisation: Aurélie Delaunoy
«Jonah Lomu est mort ce matin (...). C'était totalement inattendu, Jonah et sa famille étaient revenus du Royaume-Uni la nuit dernière», a déclaré John Mayhew à la chaîne TV3, avant de fondre en larmes.
«Nous sommes tous choqués et profondément attristés par la mort soudaine de Jonah Lomu», a tweeté le directeur exécutif de la fédération néo-zélandaise de rugby, Steve Tew. «Jonah était une légende de notre sport et était aimé par ses nombreux fans ici et à travers le monde», a-t-il ajouté.
L'Argentin Gonzalo Camardon tente d'arrêter, en vain, Jonah Lomu, le 1er décembre 2001 à Buenos Aires.
Le Premier ministre néo-zélandais John Key a également rendu hommage à l'ailier mythique des All Blacks: «Les pensées de tout le pays vont vers sa famille.»
Jonah Lomu a marqué 37 essais en 63 sélections entre 1994 et 2002 sous le maillot des All Blacks et a été finaliste de la Coupe du monde 1995. C'est lors de cette compétition qu'il a accédé à une renommée mondiale, sa vitesse et sa puissance tétanisant ses adversaires sur le terrain.
Photo: Jonah Lomu échappe au Français Philippe Benetton, le 18 novembre 1995 au Parc des Princes à Paris.
L'une des images marquantes de ces mondiaux est Lomu renversant et marchant sur l'Anglais Mike Catt (photo) au cours d'une demi-finale où il a inscrit quatre essais. «C'est un monstre, et plus tôt il dégagera, mieux ce sera», avait dit, dépité, le capitaine de l'équipe d'Angleterre Will Carling à l'issue de la rencontre.
A l'époque, il est le premier à disposer d'un tel gabarit (1,95 m, 118 kg) et à courir aussi vite (10,8 secondes sur 100 mètres). Cette puissance dévastatrice, d'abord cultivée au rugby à 7, lui permet d'inscrire de nombreux essais ou de ménager des espaces pour ses partenaires. Le rugby qui s'apprête à envahir les écrans de télévision a besoin de tels phénomènes pour attirer les téléspectateurs. Jonah Lomu sera sa tête de gondole.
A 20 ans, il est le premier joueur rémunéré 1 million de francs (150.000 euros) par an, alors que le rugby sort à peine de l'amateurisme. Ses revenus continuent de s'envoler avec l'arrivée d'Adidas comme sponsor des All Blacks en 1999. Avec son numéro 11 dans le dos, Lomu devient le premier produit marketing du rugby, sa première star planétaire.
Pourtant sa carrière ne durera que dix ans, avec un apogée lors de la Coupe du monde 1999: il y inscrit huit essais, jusqu'à l'élimination surprise des All Blacks en quart de finale face à la France.
Avec ses sept essais de 1995, il porte ainsi son total d'essais en Coupe du monde à 15, record qu'il était seul à détenir jusqu'en octobre dernier, lorsque le Sud-Africain Bryan Habana l'a égalé. Sous le maillot des All Blacks, il marqua au total 37 essais en 63 sélections de 1994 à 2002.
En mai 2003, à 27 ans, Jonah Lomu est placé sous dialyse - il souffre d'une grave insuffisance rénale de naissance - ce qui le contraint à renoncer au Mondial en Australie. Un an après, il subit une transplantation rénale à haut risque. Plus tard, il décrira les mois précédant sa greffe comme la pire période de sa vie.
«J'étais ce gars (...) qui terrassait ses adversaires, inscrivait des essais, gagnait des matchs, s'amusait. Et je me suis retrouvé si malade que je ne pouvais même pas doubler un petit bébé.» L'ailier estimait que, même au meilleur de sa forme, sa maladie l'empêchait de jouer à plus de 80% de ses capacités.
Le 10 décembre 2005, 28 mois après l'opération, il rejoue en Europe sous le maillot des Cardiff Blues, avant un retour à Auckland où il joue pour la province de North Harbour. Mais «Big Jonah» n'est plus que l'ombre de lui-même.
Depuis, il assistait souvent aux plus grandes compétitions. En 2011, pendant la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande, il avait été hospitalisé après avoir été la vedette de la cérémonie d'ouverture. Il avait frôlé la mort, selon John Mayhew. Cet ancien médecin des All Blacks a lui-même annoncé le décès de la légende mercredi matin en Nouvelle-Zélande, un pays de 4,5 millions d'habitants plongé dans la tristesse. Trois semaines à peine après le retour victorieux de «ses» All Blacks, auxquels Jonah Lomu aura tant apporté.


















