Martin Fourcade lors de la poursuite le 12 février 2017.
Martin Fourcade lors de la poursuite le 12 février 2017. - Kerstin Joensson/AP/SIPA

Il tire, skie et gagne (assez) souvent. Vu de l’extérieur, les courses de Martin Fourcade se déroulent toujours de la même manière. Mais en réalité, le corps du champion français trahit pas mal de trucs. Si, et c’est son paternel, Marcel, présent aux Mondiaux de biathlon d’Hochfilzen, qui se terminent samedi et dimanche avec le relais masculin puis la mass-start, qui nous l’explique. Alors lisez ça, et vous verrez les courses de Martin Fourcade d’un autre œil. Même si à la fin, il gagnera toujours.

Au départ

« Il faut regarder la manière dont il se tient pour connaître son état d’esprit. Martin est un latin, ses émotions ressortent toujours d’une certaine manière sur son visage. Quand il y a beaucoup d’enjeu ou qu’il est revanchard, son visage se durcit. Regardez au départ de la poursuite dimanche, après son bronze sur le sprint la veille : il n’a fait aucun coucou à la caméra, et il cachait son regard derrière ses lunettes. Là, c’est le signe qu’il veut envoyer et très fort. »

Sur les skis

« Quand il est extrêmement fatigué, regardez sa tête. Vous verrez qu’elle dodeline beaucoup et que son mouvement devient un peu anarchique. Mais dans l’ensemble, ça va souvent bien. Petit, il battait des mecs plus forts que lui parce qu’il a une science de la course innée. Ce qu’il aime, c’est jouer avec ses adversaires. Lors de la poursuite de dimanche, il a laissé le Russe Shipulin revenir en ralentissant dans la bosse. Et une fois en haut, il en a remis une couche alors que l’autre arrivait avec moins d’élan. Une bonne manière de le fatiguer (sourire). »

Martin en train d'envoyer comme un porc.
Martin en train d'envoyer comme un porc. - Kerstin Joensson/AP/SIPA

Au tir

« Martin est admiratif d’athlètes comme Johannes Boe et Simon Eder, qui vont arroser vite une fois en position de tir, mais lui va plus adapter son tir à ses besoins. S’il est au coude-à-coude avec un autre, il va tirer vite et prendre des risques pour lui mettre la pression. Mais s’il peut prendre une minute de pénalité lors de l’individuel (comme jeudi où il a pris le bronze), il va faire gaffe et calmer le rythme. Martin, ce n’est pas un tireur instinctif comme son frère Simon, qu’on appelait Lucky Luke. »

A l’arrivée

« Là aussi, Martin est un grand bluffeur. Qu’importe son état physique, il va montrer qu’il est bien à la fin de la course. Le cas extrême, c’est l’arrivée de la mass-start aux JO de Sotchi, où il finit deuxième au sprint derrière Svendsen. Il était plus cramé que lui, mais il prend le temps de le saluer et il marche l’air de rien vers la zone mixte. Quelques minutes plus tard, il s’écroulait sur la table de massage, il était presque tombé dans les pommes. Comme il restait encore des courses, il ne voulait pas montrer ses faiblesses à ses adversaires. Personne n’en a rien su d’ailleurs. »

 

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