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Le Qatari Mohammed Bin Hamman a-t-il voulu acheter la présidence de la Fifa?

Le Qatari Mohammed Bin Hamman a-t-il voulu acheter la présidence de la Fifa?

FOOTBALLUn mail du secrétaire général de l'UEFA, Jérôme Valcke, fait l'effet d'une bombe lors du congrès de la Fifa...
© 2011 AFP

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L'élection présidentielle de la Fifa se prépare pourtant dans un contexte délétère et hallucinant. La Fifa, qui a commencé ses travaux lundi par un comité exécutif, avant l'ouverture du congrès mardi et l'élection de mercredi, connaît bien des remous. Mais son président Joseph Blatter est toujours debout et se pose même en candidat du changement: «Il faut combattre les démons, il y a une mauvaise situation, mais il y aura un congrès électif mercredi et la famille du foot, si elle veut restaurer la crédibilité de la Fifa, pourra le faire avec moi».

Un mail au cœur du scandale

Le président sortant est seul candidat à sa succession depuis le retrait de la candidature de Mohammed Bin Hammam, le 29 janvier 2011 à Doha Bin Hammam, dans la nuit de samedi à dimanche, avant sa suspension dans une affaire de fraude présumée liée au scrutin. «Une crise? Quelle crise ? Qu'est-ce qu'une crise? Le foot n'est pas en crise, vous avez vu la finale de la Ligue des Champions samedi. Il y a seulement des difficultés», est resté stoïque Blatter, pourtant bombardé de questions en conférence de presse.

Il y a pourtant de quoi utiliser le mot «crise»: l'organisation du Mondial-2022 au Qatar a réclamé lundi des explications «urgentes» sur des propos du secrétaire général de la Fifa Jérôme Valcke rapportés par Jack Warner, vice-président de la Fifa, lui aussi suspendu le temps d'une enquête interne. Warner, qui a déjà dénoncé dimanche soir dans un communiqué un «don» de Joseph Blatter de un million de dollars à la Concacaf (Confédération américaine dont Warner est le président) le 3 mai, rapporte ainsi un échange qu'il a eu avec le secrétaire général de la Fifa.

Jack Warner prédit un tsunami

Dans cet échange, Valcke a lâché à propos de Bin Hammam: «Peut-être qu'il pensait qu'il pouvait acheter la Fifa comme ils (les Qataris) ont acheté le Mondial (2022)». Valcke a reconnu l'email en question mais a avancé qu'il avait utilisé un «ton plus léger», «moins formel», parlant de la «puissance financière» du Qatar, «pas d'achat de voix». Valcke, provoqué dimanche par une question de la presse anglaise, n'a pas caché qu'il était favorable à un quatrième et dernier mandat de Blatter, 75 ans, président en exercice depuis 1998.

«J'avais prédit un tsunami, vous n'avez encore rien vu», a relancé lundi Warner, sur Sky Sports News, ulcéré de voir Blatter blanchi dimanche dans un volet concernant la même affaire de fraude électorale présumée.
Bin Hammam et Warner sont accusés d'avoir monnayé des votes de la Confédération des Caraïbes en faveur du premier nommé - quand il était alors candidat - lors d'une réunion à Trinidad et Tobago, fief du second, début mai. Le comité éthique de la Fifa a confirmé dimanche étudier une allégation: Bin Hammam et Warner auraient offert pour 40.000 dollars (36.000 euros) de cadeaux à des Fédérations nationales en échange de leurs votes.