Le joueur de l'équipe de France, Nicolas Anelka, lors du match France - Mexique, le 17 juin à Polokwane (Afrique du sud).
Le joueur de l'équipe de France, Nicolas Anelka, lors du match France - Mexique, le 17 juin à Polokwane (Afrique du sud). - Chine Nouvelle/Sipa

De notre envoyé spécial à Knysna (Afrique du sud),

Les murs du vestiaire du stade de Polokwane n’ont plus besoin de parler. Les acteurs de l’incident de jeudi soir, à la mi-temps du match contre le Mexique l’ont fait pour eux. Contraints et forcés de s’expliquer sur ce qui aurait dû reste un secret, selon Raymond Domenech. Mais la publication, à la Une de L’Equipe a changé la donne. Nicolas Anelka a été puni, renvoyé chez lui par la fédération qui devait réagir pour ne pas s’enfoncer un peu plus dans le discrédit.

Avant de prendre la décision de convoquer une commission de discipline, Jean-Pierre Escalettes jure qu’il a «mené sa petite enquête». Selon la voix de la fédé, appuyée par celle de Patrice Evra, Nicolas Anelka ne se serait pas directement adressé à son sélectionneur quand il l’a insulté. Raymond Domenech lui a fait une réflexion sur son positionnement, sa façon de décrocher, qui ne correspondait pas aux consignes données en début de match. Le joueur ne l’a pas du tout appréciée avant de le signifier, à sa façon, au sélectionneur. «Ce n'était pas un affrontement, minimise Raymond Domenech dans Téléfoot, dimanche matin. Les gens n'imaginent pas la pression. On est dans un vestiaire, le sélectionneur dit quelque chose à un joueur qui est déjà sous pression, il peut avoir un moment d'énervement, il a des mots.» 

Evra calme Anelka

Comme un élève vexé, qui répond au maître en marmonnant, il serait alors allé dans son coin pour prononcer les insultes. Pas exactement celles qui s’affichaient deux jours plus tard dans la presse, mais un message du même acabit («Va niquer ta mère» au lieu de «va te faire enculer, sale fils de pute»…) Evidemment, la phrase était assez audible pour que tout le monde soit au courant. Y compris Raymond Domenech qui aurait continué son discours, en feignant de ne rien entendre. 

Sur le coup, Patrice Evra serait intervenu pour mettre le hola et calmer l’attaquant frondeur. «Vous pouvez demander aux autres. C’est moi qui ai mis fin à la discussion. Tous les joueurs peuvent le confirmer. Ça n’est pas allé plus loin», indique le capitaine. Juste après, sans s’emporter, Raymond Domenech aurait alors signifié à Nicolas Anelka sa mise à l’écart, devant un vestiaire pas plus sonné que cela par une telle bravade. Il paraît que la chose est courante dans une équipe de football. Au moins, on sait dans quelle ambiance cela se passe en équipe de France.

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