Avec Tessa Worley, le ski français s'accorde au féminin
SKI – Portrait de la révélation du ski tricolore…Alexandre Pedro
Malgré un papa australien, Tessa Worley exprime sa joie et son incrédulité dans un anglais «so frenchy». Sous le coup de sa première victoire en Coupe du monde de ski alpin, Worley en perd son Shakespeare et le sens du protocole. «Je ne savais pas qu'il fallait faire une photo avec la 2e et la 3e, le podium, tous ces gens autour de moi. C'est fou!» se pince la jeune fille.
A 19 ans, la Savoyarde a enlevé le slalom géant d’Aspen aux Etats-Unis, la dernière victoire tricolore dans la discipline remontait à 1999 à la regrettée Régine Cavagnoud.
Du ski hiver comme été
«Succéder à Régine, c'est quelque chose de spécial pour moi car elle venait de ma région», confesse cette skieuse au format de poche (1m57, 57 kilos). Petite et précoce, la native d’Annemasse a pris son monde de court, s’imposant dès sa deuxième saison de Coupe du monde. Presque une anomalie dans un ski tricolore où les talents s’affinent avec les années. Pour ses débuts en Coupe du monde en octobre 2007, Worley, tout juste majeure, prenait la cinquième place du géant d'ouverture de Sölden. Il faut dire que la future géantiste a pu travailler ses courbes, hiver comme été, quand elle passait ses grandes vacances sur les pentes néo-zélandaises.
Suivie par son oncle, Tessa Worley cache bien ses ambitions derrière la douceur de son visage. «Je suis quelqu'un qui n'abandonne jamais», affirmait-t-elle après sa victoire. Avec Worley et Jean-Baptiste Grange, le ski français tient peut-être son «couple» en or pour les Championnats du monde de Val d’Isère en février.


















