VIDEO. Substance, justification et possibles sanctions... Ce que l'on sait sur le contrôle «anormal» de Chris Froome

CYCLISME Le Britannique avait une concentration de salbutamol dans les urines beaucoup trop élevée le 7 septembre dernier sur la Vuelta...

N.C.

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Chris Froome lors de la 9e étape du Tour d'Espagne, le 27 août 2017.

Chris Froome lors de la 9e étape du Tour d'Espagne, le 27 août 2017. — Javier Lizon/EFE/SIPA

  • Chris Froome a subi un contrôle «anormal» lors du dernier Tour d'Espagne, révèlent Le Monde et The Guardian mercredi matin.
  • Le coureur et son équipe se sont expliqués dans un communiqué. 
  • Il risque de se voir retirer sa victoire sur la Vuelta, et peut-être plus. 

Chris Froome risque peut-être gros. Le quadruple vainqueur du Tour de France doit faire face à une affaire de dopage, après un contrôle « anormal » au salbutamol, un produit anti-asthme, lors de sa victoire dans la Vuelta en septembre dernier. Que lui est-il reproché ? Comment explique-t-il ce contrôle ? On fait le point sur cette affaire.

D’où vient l’information ?

La révélation du contrôle de Chris Froome vient du journal français Le Monde et du quotidien britannique The Guardian, qui ont publié leur article très tôt mercredi matin. Mis au courant de la publication de cette information, l’Union cycliste internationale (UCI) puis la Team Sky ont alors publié un communiqué, l’UCI pour confirmer, l’équipe du Britannique pour fournir une première explication - on y reviendra.

De quand date le contrôle ?

Le contrôle de Froome date du 7 septembre dernier, à trois jours de l’arrivée de la Vuelta, alors que le Britannique portait le maillot de leader. Il ne s’agissait pas d’une étape de montagne, mais elle intervenait au lendemain d’une journée où le Britannique avait montré quelques signes de faiblesse.

Ce contrôle a été notifié au coureur le 20 septembre, jour de sa troisième place dans le Championnat du monde du contre-la-montre à Bergen. Comme le veut le règlement, une seconde analyse a ensuite été effectuée. Elle a « confirmé le résultat de l’échantillon A du coureur », selon le communiqué de l’UCI.

Qu’est-ce que le salbutamol ?

Le salbutamol est plus connu sous le nom de ventoline. C’est un médicament destiné à traiter l’asthme. « L’asthme d’effort touche 50 à 60 % des sportifs professionnels dans le cyclisme et le ski de fond, précise Jacky Maillot, le médecin des équipes de France de cyclisme. Il est provoqué par l’inhalation d’un air sec, froid ou chaud, et la pollution. » Froome en souffre depuis sa jeunesse. Jusqu'en 2010, la prise de salbutamol nécessitait la prescription d'une AUT (Autorisation d'Usage Thérapeutique). Ce n'est désormais plus le cas.

En tant que stimulant de l’appareil respiratoire, la ventoline présente à haute dose des effets anabolisants, c’est-à-dire l’augmentation de la masse musculaire et la diminution de la graisse corporelle. Le seuil au-delà duquel le règlement prévoit une possible sanction pour dopage est établi à 1.000 nanogrammes par millilitre. Dans le cas de Froome, la concentration atteint le double de ce qui est autorisé.

>> A lire aussi : Les autorisations d'usage thérapeutique, droit de se soigner ou permis de se doper ?

Que dit Chris Froome ?

Le Britannique s’est exprimé dans le communiqué de son équipe. Voici ce qu’il dit :

« Il est bien connu que je souffre d’asthme et je connais parfaitement quelles sont les règles à ce sujet. J’utilise un inhalateur pour limiter mes symptômes (toujours dans le respect des limites) et je sais que je suis contrôlé chaque jour où je porte le maillot de leader d’une course.

Mon asthme a empiré pendant la Vuelta, donc j’ai suivi les recommandations du médecin pour augmenter mon dosage de Salbutamol. Comme toujours, je prends le plus grand soin à m’assurer que je n’utilise pas plus que ce qui est permis.

Je prends ma position de leader dans mon sport très au sérieux. L’UCI a tout à fait le droit d’examiner les résultats de mes contrôles, et avec mon équipe, je vais fournir toutes les informations qui me seront demandées ».

Quelles sont les explications de son équipe ?

Tout d’abord, la Team Sky précise qu’« aucun autre test urinaire de Chris n’a fait l’objet de demande d’explication supplémentaire ». Elle met ensuite en avant le fait qu’il existe des variations imprévisibles dans la manière dont le salbutamol est métabolisé et rejeté » par le corps humain.

« Beaucoup de facteurs peuvent affecter la concentration [de salbutomol], dont les interactions du médicament avec la nourriture ou d’autres médicaments, la déshydratation et le moment de la prise avant le test », ajoute la Sky. Autrement dit, l’équipe plaide pour une réaction inhabituelle, à un moment très précis, de son coureur à la prise de ce médicament.

Que risque-t-il ?

Le Britannique encourt déjà la perte de sa victoire sur le Tour d’Espagne, et l’honneur d’avoir été le premier coureur à réaliser le doublé Tour de France-Vuelta depuis 1978. Il risque d’être suspendu mais il n’est pas soumis à « une suspension provisoire obligatoire » en raison de la nature de la substance incriminée, précise l’UCI.

Lui qui voulait s’offrir un nouveau doublé la saison prochaine, avec cette fois l’enchaînement Tour d’Italie-Tour de France, pourrait également voir sa participation remise en cause. Dans une interview à L'Equipe en août 2013, le Britannique disait ceci : « Je crois que la première suspension, qui est actuellement de deux ans, pourrait être beaucoup plus dure. Il doit être beaucoup plus clair que si tu enfreins les règles et que tu essaies de tricher, il n’y aura plus de place pour toi ».