Tour de France 2018: Ce tracé hostile à Froome et la Sky? Bardet et Pinot s'en délectent d'avance

CYCLISME L'organisation du Tour de France a peut-être trouvé le tracé idéal pour emmerder le quadruple-vainqueur de la course...

W.P., avec AFP
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Chris Froome en a bavé à Peyragudes en 2017. Pas de bol pour lui, la montée sera à nouveau au programme l'année prochaine
Chris Froome en a bavé à Peyragudes en 2017. Pas de bol pour lui, la montée sera à nouveau au programme l'année prochaine — Christophe Ena/AP/SIPA

Il serait capable de vexer nos fiers Bretons, ce bon vieux Chris Froome. Pas franchement emballé pour ne pas dire effrayé par certains aspects du tracé du prochain Tour de France, le quadruple-vainqueur de la course n’a pas tardé à le faire savoir au monde entier : « la chose qui me fait un peu peur, c’est les neuf premiers jours dans l’ouest et le nord de la France », a déclaré le leader de la Sky.



De son propre aveu, le Britannique préfère quand ça commence en douceur. Frotter, jouer des coudes, rester bien placer pour éviter chutes et bordures c’est bien après un ou deux rounds d’observation. Là, il faudra être costaud d’entrée de jeu, n’en déplaise au bonhomme.

« [C’est un] départ vraiment nerveux, dangereux. Ça peut-être vraiment crucial pour tout prétendant au classement général. »

En bref, la liste des trucs qui emmerdent Froome dans ce tracé :

  • Le risque de bordures : « c’est un Tour de France très dur, avec la première partie un peu nouvelle dans le nord-ouest de la France : du vent, pas de grande montagne… » pour le coup, le Britannique chipote un peu. Il a rarement fait les frais de bordures, au contraire. Et il omet le chrono par équipes clairement à son avantage.
  • Les pavés : là, c’est l’inverse. Il fait semblant de kiffer alors qu’il les craint, ce qui est parfaitement compréhensible. En 2014, c’est sur ce terrain qu’il s’est retrouvé HS. « J’aime les pavés. Quand on passe sur les pavés, j’ai du plaisir. Mais il y a toujours un risque, avec les problèmes techniques », a-t-il expliqué.
  • Le format inédit de 65 kilomètres de la 17e étape : « Ce sera la première fois que je ferai une étape de 65 kilomètres. Je ne sais pas ce qui peut arriver. »


Bardet, l’antithèse

Il est amusant de constater que tout ce qui déplaît à Froome suscite - sans surprise - l’enthousiasme chez ses concurrents français. Surtout chez Romain Bardet, qui se « réjouit de tout », et particulièrement de cette fameuse étape naine et reine. Le parallèle avec les déclas du coureur de la Sky est à ce titre édifiant.

  • Le risque de bordures : « Les pièges sont pour tous […]. Il y a beaucoup d’étapes exposées au vent. Qui dit vent dit risque de cassures et perte possible de temps. »
  • Les pavés : « ça fait partie du Tour, c’est la beauté du sport. On sait très bien qu’un trou dans les pavés peut sceller notre destin, que la course peut s’arrêter là. C’est la façon dont j’envisage le sport, il y a des paramètres que l’on ne peut pas maîtriser dans le cyclisme. On est tous à armes égales face à ça. »
  • La 17e étape : « L’étape des 65 kilomètres ? je m’attends à une course vraiment folle. »

L’analyse de Roro permet de comprendre pourquoi Froome n’est pas forcément fan du parcours du prochain Tour de France : la dimension individuelle prendra nettement le pas sur le collectif et il lui sera bien moins aisé de contrôler le peloton dans ces conditions - n’oublions pas à ce sujet qu’il ne comptera « que » sept équipiers. Froomey pourra-t-il survivre à un Tour où il sera souvent livré à lui-même ?

Les autres Français également satisfaits

On passe sur les félicitations de Tony Gallopin, complètement emballé par le tracé, sur Twitter mardi en fin de matinée.



Guère moins heureux, Thibaut Pinot se rapproche de Bardet dans l’idée d’une course imprévisible, insaisissable.

« C’est un Tour très bien dessiné, qui sera plus difficile à contrôler. C’est un parcours intéressant. La première partie est compliquée. Mais c’est la même chose pour tous les grimpeurs […]. Il y a beaucoup d’étapes de montagne avec du dénivelé. Quand on est grimpeur, on est content d’avoir une étape de 65 kilomètres avec trois cols, on sait qu’il va y avoir du spectacle. C’est une bonne chose pour les coureurs et les spectateurs. Les chemins de terre ? on a des routes parfois qui ne sont pas meilleures. »

Son coéquipier et co-leader Arnaud Démare se réjouit de voir s’ouvrir à lui la perspective de lever les bras au ciel et pourquoi pas porter le maillot jaune en première semaine. « Ça donne envie ! La première partie offre pas mal d’occasions pour les sprinteurs. Le maillot jaune est accessible, c’est même une occasion rêvée le premier jour. Le tracé sera difficile ensuite dans la montagne », a-t-il concédé.



Enfin, le Lorientais Warren Barguil est plus dans le sentimental. « Un départ à Lorient, c’est exceptionnel ! Le Tour commence à la maison… Les étapes de plaine ne sont pas faciles. On verra qu’en Bretagne, ce n’est pas plat. Il y a ensuite de super parcours montagneux. Mais il y a des pièges partout. » Plus que jamais, ce Tour de France couronnera le plus complet des coureurs.