Vendée Globe: Appelez-le Alan «MacGyver» Roura… Pendant que les gens dorment, Le Cléac’h s’envole… Le journal de la course

VOILE Tout ce qu’il faut savoir ce matin sur le tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance…

N.C.

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Alan «Mac Gyver» Roura a colmaté la voie d'eau qui faisait couler son bateau et remplacé son safran en un temps record sur le Vendée Globe.

Alan «Mac Gyver» Roura a colmaté la voie d'eau qui faisait couler son bateau et remplacé son safran en un temps record sur le Vendée Globe. — Alan Roura / La Fabrique

Jeudi 5 janvier

Armel Le Cléac’h est un petit malin. Vous le laissez avec une avance de 270 miles sur Alex Thomson en tête du Vendée Globe au moment d’aller vous coucher, vous vous rendez compte au réveil qu’il a filé à vive allure vers l’Equateur pendant la nuit pour prendre encore une bonne cinquantaine de miles de marge supplémentaires sur son dauphin. Pendant ce temps-là, les trois skippeurs en difficulté dans le Pacifique, Conrad Colman, Didac Costa et Alan Roura, sont de nouveau opérationnels. Après un sacré tour de force pour ce dernier.

Le classement à 9h

Alan Roura pas peu fier de sa prouesse (et il a raison)

Le skippeur suisse, qui a heurté un Ofni le 2 janvier, est reparti (presque) comme en 40. Après s’être rendu compte qu’il était en train de couler à cause d’une voie d’eau à l’arrière, il a colmaté les brèches et réussi à installer un safran (une partie du gouvernail) de secours. Aujourd’hui, son bateau va mieux, lui un peu moins. « Physiquement, je suis déglingué. J’ai les coudes bien défoncés, J’ai du mal à me tenir sur mes jambes, j’ai du mal à marcher et à me lever. Passer d’assis à debout, c’est compliqué ! J’ai les mains entaillées de partout. Et je suis surtout très, très, très fatigué », a-t-il dit à son équipe.

Heureusement, il peut compter sur le soutien de tous, y compris ses concurrents. « J’ai reçu des messages des autres coureurs, du "Club des 5" (le petit groupe qui se tient en quelques miles autour de lui, de Colman à Amedeo) et de Romain Attanasio qui hallucinaient. Ils m’ont dit que j’étais un grand marin et un grand malade. Ils m’appellent Mac Gyver, ça y est ! La Direction de course était assez impressionnée aussi… Il paraît que c’est du jamais vu de remettre un safran en si peu de temps dans de telles conditions. Ils ont dit que j’étais un champion ! »

Ça va donner quoi niveau météo la remontée de l’Atlantique ?

Et bien on n’en sait rien. Enfin, on sait juste que rien n’est encore joué pour le podium. Le Cléac’h a de l’avance mais il y a de nombreuses incertitudes sur la météo qui attend les premiers une fois l’Equateur franchi, comme l’explique très bien ce papier.

Actuellement, Thomson est en train de perdre du terrain sur le leader et à force de regarder devant, il n’a pas vu revenir Jérémie Beyou. Le dernier occupant du podium provisoire est plus au sud mais s’il se trouve désormais dans le même système météo, il profite de vents plus porteurs. La remontada est en marche.

L’océan, c’est grand

On se quitte avec une petite vidéo envoyée par Rich Wilson. De quoi vous faire rêver… ou flipper. C’est quand même grand, l’océan.