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Coupe du monde 2014: Quel passeur es-tu, Mathieu Valbuena?

Coupe du monde 2014: Quel passeur es-tu, Mathieu Valbuena?

FOOTBALLLe Marseillais est le meilleur passeur décisif en bleu…
B.V. à Rio

B.V. à Rio

De notre envoyé spécial à Rio (Brésil)

Une offrande, un caviar, une galette… Le vocabulaire est plutôt riche, mais l’art est encore peu valorisé. Si l’on parle beaucoup des statistiques de buts pour les attaquants, celles des passes décisives n’existent officiellement en Ligue 1 que depuis 2008. Ce classement, Mathieu Valbuena l’a dominé en 2013. L’ailier de l’OM est aussi le meilleur passeur des Bleus sous l’ère Deschamps -12- et le principal créateur de danger. Mais possède-t-il toutes les qualités pour être considéré comme un grand de l’exercice?

A-t-il l’«âme du passeur?»

Oui. «La passe, c’est quelque chose d’inné. Ça reflète la personnalité, ça montre quelqu’un qui fait attention aux autres, qui est poussé vers les autres.» L’introduction est de Laurent Sciarra, ancien meneur de jeu de l’équipe de France de basket et multiple meilleur passeur de Pro A. Pour être un bon passeur, il faut «un état d’esprit», poursuit Yann Lachuer, ancien milieu d’Auxerre. J’ai été plusieurs fois meilleur passeur car je prenais plus de plaisir à donner des buts qu’à en marquer moi-même.» Passeur dans l’âme, Mathieu Valbuena? «Il est complètement dévoué au collectif, affirme Lachuer. Quand il joue, que ce soit pour Marseille ou les Bleus, il dézone beaucoup, part d’un côté excentré, court partout pour offrir des solutions et ne se retrouve lui-même pas souvent en situation de frappe.»

Déséquilibre-t-il les défenses sur une passe?

Pas vraiment. «S’il fallait le comparer, je trouve que Mathieu ressemble plus à Maradona qu’à Platini, tente Lachuer, meilleur passeur de Ligue 1 en 2005. Il percute, il est vif, capable d’éliminer, ce qui l’amène à être dans la zone dangereuse.» Et d’adresser par exemple un centre en rupture pour son avant-centre. Consultant Canal +, l’ancien milieu de Nantes Eric Carrière poursuit: «On parle de passes décisives, mais les plus importantes sont celles qui éliminent. D’un défenseur à un milieu par exemple, elles battent plusieurs joueurs et créent le décalage. Mathieu perçoit bien le jeu, mais moins sur des passes de trente-quarante mètres fortes au sol.» Proche de la surface adversaire, Valbuena n’est pas un organisateur, mais plutôt un dynamiteur. «Je ne crois pas qu’il ait ce sens de la passe comme des grands passeurs peuvent l’avoir, insiste Lachuer. Il fait rarement des longues passes qui déstabilisent, il est plus dans le un contre un.»

A-t-il une bonne technique de passeur?

Oui. «Le bon passeur, il est face au jeu, avant de recevoir la balle il faut déjà qu’il ait vu tout ce qui se passe, décrit Sciarra. Valbuena a ce petit truc.» Tête levée, pied droit précis et puissant, il est «assez complet, enchaîne Carrière. Il est très bon sur les coups de pieds arrêtés, ça demande une très bonne technique, une bonne qualité de frappe. Il est aussi très précis au niveau des centres. Il connaît les espaces à jouer quand il n’a pas le temps d’analyser la situation.» Et comment trouver, presque à l’aveugle, ses buteurs Benzema ou Giroud. «Pour donner une bonne passe, il faut anticiper les espaces libres laissés par les adversaires et connaître ses coéquipiers, comment ils aiment recevoir les ballons, comment ils se déplacent, conclut Lachuer. C’est un duo: le buteur, il sait très bien combien il doit son succès à son passeur, et inversement.» Et pour l’instant, les attaquants des Bleus n’ont pas à se plaindre de lui.