17:49
Coupe du monde 2014: On a vu Colombie-Japon dans le quartier nippon de Sao Paulo
FOOTBALL•La ville brésilienne accueille la plus grosse communauté japonaise en dehors de l’Archipel…Antoine Maes
De notre envoyé spécial à Sao Paulo,
Plus de caïpirinhas, mais du saké. Plus de churrascos mais des sushis. Alors que l’ensemble du Brésil vibre pour sa Seleçao pendant le Mondial, un petit coin du pays se paie le luxe de supporter une 2e équipe. Bienvenue dans le quartier de Liberdade, en plein cœur de Sao Paulo, qui abrite la plus grosse communauté nippone en dehors de l’Archipel: 300.000 personnes.
Ils étaient moins nombreux à avoir l’œil rivé sur leur écran pour croire à la qualification des coéquipiers de Shinji Kagawa en 8e de finale, mardi soir. «Je pensais qu’il y aurait eu beaucoup plus de monde dans les bars et dans la rue», constate Joel. La cinquantaine fringante, lui ne loupe pas une miette de la rencontre, conclue sur une défaite (4-1) contre la Colombie synonyme d’élimination.
«Sur mon passeport, je suis Brésilien. Mon grand-père était Japonais et c’est mon père qui est venu ici»
Assis à côté de trois «vrais» Japonais, il raconte son histoire, qui est celle de tout le quartier, à peu de choses près. «Sur mon passeport, je suis Brésilien. Mon grand-père était Japonais et c’est mon père qui est venu ici. Mais le plus drôle, c’est que je suis allé travailler au Japon pendant 20 ans, et que c’est là que j’ai rencontré ma femme. Elle y est encore avec nos deux enfants», décrit cet employé de Toyota.
L’histoire de ce morceau de la mégalopole pauliste se confond avec celle du pays: c’est l’histoire des vagues d’immigrations successives qui ont métissées la nation auriverde. En 1908, le premier navire japonais accoste pour déverser son flot «d’isseis» (immigrés). Ils sont d’abord venus pour travailler dans les plantations de café, et ont fini par faire leur beurre.
Ce sont leurs descendants qui sont plantés devant les écrans en mangeant des sashimis. Et pas n’importe où: au Kintaro, petite gargote tenue par la vénérable madame Higushi, dont les deux fils sont des sumos professionnels. Au moins un sport où les Japonais ne sortent pas en poule.
Revivez Colombie-Japon en live comme-à-la-maison


















