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Rudi Garcia se définit comme «un éternel insatisfait»

Rudi Garcia se définit comme «un éternel insatisfait»

FOOTBALLA l’occasion de la sortie de son autobiographie, l’entraîneur de l’AS Roma, nous a accordé une interview dans laquelle il parle de son parcours, de sa personnalité mais aussi de ses ambitions...
François Launay

François Launay

«Tous les chemins mènent à Rome» : c’est le titre du livre que vient de sortir Rudi Garcia, l’entraîneur arrivé en juin 2013 à l’AS Roma. Dans cet ouvrage paru aux éditions Hugo Sport et co-écrit avec le journaliste Denis Chaumier, l’ex-coach de Lille, du Mans ou encore Dijon, retrace toute sa carrière de joueur et d’entraîneur en distillant de nombreuses anecdotes.

Ce livre sort l’année de vos 50 ans. C’était le moment de faire un bilan de votre vie ?

C’est surtout un arrêt sur images. Je suis quelqu’un qui se sert du passé mais je ne suis pas nostalgique. Je préfère agir dans le présent. Mais je voulais «mettre sur le pied sur le ballon», c'est-à-dire regarder en arrière pour voir quel a été mon parcours.

Dans ce livre truffé d’anecdotes, vous racontez avoir été agressé par un déséquilibré ou encore vous être évanoui à la naissance d’une vos filles. C’est une façon de briser l’armure et monter une autre image de vous ?

Non, je ne l’ai pas du tout calculé comme ça. J’étais surtout en confiance avec Denis Chaumier (le co-auteur du livre) et je lui ai raconté tout ce qu’il s’est passé comme j’aurais pu en parler à mes proches. Ce qui fait que dans ce livre, il y a quelque chose qui n’est pas forcément habituel chez moi : raconter les choses comme je les ai vécues et comme je les ai ressenties. Il n’y a eu aucun calcul particulier

Même si vous mettez quelques tacles à Tafforeau et Malicki, anciens joueurs de Lille qualifiés de « trâitres », à Xavier Thuilot ou encore Paul le Guen…

Il n’y aucun message particulier. C’est juste ce que je pensais à l’époque et ce que je pense encore maintenant. C’est basé sur des faits que j’ai ressenti.

Vous êtes aussi très attaché à la communication qui semble être l’une des facettes les plus importantes de votre métier…

Oui, car pour diriger un groupe de joueurs et un staff technique, comme dans les relations avec les dirigeants ou avec la presse, il me paraît indispensable d’avoir cet échange. La communication est très importante. Après, il y a ce qui se dit en interne avec les joueurs, où c’est un peu comme une famille dans laquelle on peut tout se dire, et puis il y a la communication externe où on a besoin de protéger le groupe et où des choses ne doivent pas sortir du vestiaire car je n'en vois pas l’utilité.

Dans le livre, vous donnez vos salaires à Saint-Etienne (100 000 francs), Dijon (21 000€), au Mans (25 000€) mais aucun mot sur ce que vous avez perçu à Lille et à Rome. Pourquoi ne pas être allé au bout de la transparence ?

C’était pour montrer que j’étais parti du plus bas. Quand j’ai arrêté ma carrière de joueur, je touchais le SMIC. Après, c’était surtout un façon d’expliquer que je n’avais pas quitté Dijon pour aller au Mans pour des questions économiques. Et même quand je suis arrivé à Lille, il n’y avait pas forcément de grandes différences avec Le Mans. Après, quand tu es dans un projet comme celui du Losc puis quand tu arrives à Rome, il me paraît logique d’avoir des émoluments différents du début de ma carrière. Je n’ai pas voulu donner le montant car ça ne sert à pas grand-chose. Tout le monde connaît les salaires qui peuvent se pratiquer à ce niveau là.

Vous vous définissez comme «un éternel insatisfait». Que vous manque t-il aujourd’hui ?

Etre un eternel insatisfait est à la fois une qualité pour toujours aller de l’avant et un défaut dans le sens où on ne contente pas de ce qu’on, peut avoir. Ca rejoint le caractère ambitieux qui est le mien. .Et tant que l’ambition du club est en adéquation avec la mienne, ça se passe bien. D’ailleurs mes changements de club ont toujours été dictés par le fait que je pensais que ce serait difficile de faire mieux. J’aurais rêve d’amener Dijon en Ligue 1 et de l’y maintenir mais le projet du stade n’a jamais avancé. Au Mans, en fin de saison, il y avait déjà quatre joueurs en fin de contrat plus Romaric et Sessegon en partance. Et puis à Lille, cette fin de cycle avec le changement d’orientation économique, logique et normal, a conduit à mon départ.

La prochaine étape est-elle de briller en Ligue des champions ?

Oui. Honnêtement, c’est mon prochain objectif. Déjà, il faut qu’on termine qualifié en Ligue des champions avec l’AS Rome (le club est actuellement deuxième de Série A) et surtout avoir les moyens de bien y figurer. C’est mon ambition et j’espère que ce sera aussi celle du club.