Affaire Leonardo: Dans l’histoire de la Ligue 1, bousculer un arbitre, c'est six mois de suspension
FOOTBALL•Il existe plusieurs précédents à l’affaire Leonardo...B.V.
Si vous avez lu quelques bouquins sympas ces derniers temps, merci de nous envoyés la liste dès que possible. Promis, on la fera suivre à Leonardo, qui risque d’avoir beaucoup de temps libre ces prochains mois. Convoqué par la commission de discipline de la Ligue pour avoir bousculé l’arbitre de PSG/Valenciennes Alexandre Castro dimanche soir, il risque jusqu’à un an de suspension. Mais dans les faits, plusieurs précédents tendent plus vers six mois de vacances forcées… à condition quand même qu’il soit reconnu coupable.
1993: Christian Karembeu bouscule l’arbitre après un penalty – Six mois de suspension, ramenés à trois
Finale de la Coupe de France 1993, entre Nantes et le PSG au Parc des Princes (déjà…). En début de deuxième mi-temps, le Nantais Christian Karembeu coupe la course de Laurent Fournier dans la surface. Penalty pour M. Harrel, l’arbitre de la rencontre. Mais pas pour Karembeu, qui pète un câble et fonce vers l’arbitre, avant de le pousser, de se faire expulser et de fracasser une caméra télé. «Lorsque j'ai entendu le coup de sifflet, j'ai ressenti un immense sentiment d'injustice, expliquera-t-il à la fin du match. J'ai pété les plombs! D'ailleurs, je n'insulte jamais les arbitres, c'est pas mon genre. Je suis un timide…» Peut-être, mais la FFF lui infligera quand même dans la foulée six mois de suspension, finalement ramenés à trois.
2000: Frédéric Antonetti crie sur l’arbitre-assistant et le bouscule – Six mois de suspension
Quand il était à Bastia, Frédéric Antonetti était un entraîneur à sang chaud. Il l’est toujours, certes, mais moins. Peut-être a-t-il était traumatisé par ses six mois de suspension (finalement ramenés à trois) pour avoir houspillé puis légèrement bousculé un quatrième arbitre lors d’un Bastia-Strasbourg. Il faut dire que l’assistant avait eu le culot de faire une remontrance à Antonetti alors que son équipe était réduite à dix après un carton rouge injustifié.
2002: Luis Fernandez bouscule l’arbitre assistant et bloque l’arbitre principal dans le parking – Six mois de suspension
C’est un craquage en trois temps. D’abord sur le terrain, ou l’entraîneur du PSG, Luis Fernandez, bouscule le quatrième arbitre lors d’une demi-finale de Coupe de la Ligue perdue face à Bordeaux. Ensuite, lorsque les arbitres sortent de la pelouse, où Fernandez (déjà expulsé) et d’autres Parisiens escortent sans ménagement les arbitres (M. Vessière en tête) vers les vestiaires. En enfin pour conclure, sur le parking, deux heures après la rencontre, où Fernandez est soupçonné d’avoir bloqué M. Veissière avec sa voiture pour connaître la teneur du rapport de ce dernier. «Il n'y a pas eu d'altercation, expliquait à l’époque Jacques Riolacci, président de la commission de discipline de la Ligue. M. Fernandez est sorti. Il est allé vers le délégué principal. Il voulait savoir quels étaient les rapports des officiels. Il a donné des raisons qui ne nous ont pas entièrement convaincus.» Comme trois ans plus tôt –il avait déjà écopé de six mois de suspension pour insulte et bousculade d’un quatrième arbitre– Luis Fernandez écope d’une demi-année de purgatoire.
2010: Youssouf Hadji, front contre front avec l’arbitre – Six mois de suspension
Il y avait sans doute penalty pour Nancy, mais bon, c’est pas une raison. Le 15 mai 2010, l’attaquant lorrain Youssouf Hadji montre son désaccord avec la décision de M. Guillard lors d’un Nancy-Valenciennes pour lui prendre (légèrement) le bras et coller son front au sien. Pour Pascal Garibian, président de la commission de discipline de l’époque, «la commission a retenu la bousculade et des faits d’intimidation physique, M. Hadji est allé tête contre tête provoquer l’arbitre, c’est du jamais vu. Rien que pour la bousculade, si l’on avait appliqué le barème, il aurait pu prendre six mois.» Ces six mois, il les a finalement pris pour l’ensemble de son œuvre.
2010: Alou Diarra, pousse l’arbitre – Six matchs de suspension
Alou Diarra s’en est mieux tiré que les autres. Parce qu’il était alors capitaine de l’équipe de France, et plus simplement parce qu’il s’est excusé immédiatement. Bref, pour avoir poussé des deux mains l’arbitre, Wilfried Bien, lors d’un match de Ligue 1 en 2010, le Bordelais avait alors récolté six matchs de suspensions. «Si la bousculade est caractérisée, nous avons pris en compte le comportement de M. Diarra et ses excuses spontanées à l'arbitre, explique Pascal Garibian, président de la commission et ancien arbitre. C'est un joueur équilibré, qui a réalisé tout de suite que ce n'était pas un geste à faire. On ne touche pas à un arbitre. Une faute grave a été commise. Le joueur s'en est rendu compte.»



















