Isabelle Yacoubou: «Pourquoi pas une deuxième carrière dans le lancer de poids»
BASKET•La vice championne olympique avec les Bleues n'exclut pas de se reconvertir le jour où elle arrête le basket...Propos recueillis par Romain Scotto
Au Bénin, son pays d’origine, Isabelle Yacoubou n’a pas attendu de monter sur un podium olympique pour devenir une fierté nationale. La médaillée d’argent de Londres, avec les basketteuses françaises, est aussi recordwoman du lancer du poids (15,04m). Un sport qu’elle a pratiqué dans sa jeunesse sous les couleurs béninoises, et qu’elle n’exclut pas de poursuivre, une fois sa carrière de basketteuse terminée.
Un peu plus de six mois après les JO, quel souvenir en gardez-vous?
J’ai tourné la page, je vais chercher d’autres choses. Ça restera toujours un souvenir très fort. Un moment unique de notre vie. Maintenant on a une saison à jouer avec des problèmes à gérer. Là, on perd des matchs (elle joue au Spartak Moscou). Même si on sait qu’on ne peut pas rivaliser avec des équipes comme Ekaterinbourg, l’objectif c’est d’arriver dans les trois premiers sinon, il n’y a pas d’Euroligue l’année prochaine.
Comment vous êtes vous adaptée à la vie à Moscou?
Je ne vis pas à Moscou, mais à 35km, à Vidnoïe. C’est la Russie, il fait froid. On descend à -20°C, -30°C. On n’a pas l’habitude de vivre cela en France. J’ai réussi à trouver mes marques. Je ne suis pas seule, mais avec mon fiancé. On a des chauffeurs pour se déplacer. C’est différent ici, ce n’est pas un pays très, très, ouvert. Mais personnellement, ma vie de tous les jours n’a pas changé avec les JO si ce n’est qu’on me sollicite beaucoup plus parrainer des associations.
Vous avez un passé de lanceuse de poids. Pensez-vous un jour vivre une deuxième carrière dans ce sport?
Pourquoi pas? Je sais que je suis née pour faire du sport. Je m’éclate au basket aujourd’hui. Tant que je prends du plaisir, j’y suis. C’est le plus important. Mais l’athlétisme, j’en ai fait avec beaucoup de plaisir. J’ai rencontré le président de la fédération cet été au village olympique. Il m’a dit: c’est quand tu veux. Alors pourquoi pas.
A quand remonte votre dernier lancer?
Très longtemps. Ça doit être à Tarbes en UNSS, en 2005. C’est quand même assez vieux. Mais je garde ça dans un coin de ma tête. Faire du basket et du lancer du poids en même temps, ce n’est pas possible. Même avec toute la bonne volonté du monde.
Vous connaissez le record du monde féminin? 22,60m…
Ah intéressant. Moi je lançais à 15m en junior avec un poids sénior. Je ne me souviens plus du poids. Quand j’avais le record du Bénin, je ne m’entraînais pas du tout. Chez nous il n’y avait pas de catégorie d’âge. Ça n’existe pas. Tous les records sont séniors. Je faisais les entraînements de basket et quand il y avait une compétition, ils m’appelaient pour que je vienne lancer.
Quelle technique adoptez-vous? La rotation ou classique?
La technique classique, droite. Pour faire de la technique, il faut du temps et s’entraîner. De la technique je n’en ai pas.
Alors, pour les JO de 2024 c’est jouable?
Espérons que non par ce que ça veut dire que je serai encore longtemps sur les terrains jusque-là. Après je ne sais pas de quoi l’avenir sera fait.
Vous n’espérez quand même pas être prête pour les Jeux de Rio?
En lancer de poids, je ne sais pas. C’est trop loin pour moi. Déjà je pense à finir cette saison. Je n’aime pas trop me projeter dans la vie. Je ne sais pas combien d’années je vais encore jouer au basket. Tant que ma santé me porte. On est des sportifs et on ne décide pas tout. Là j’ai de la chance d’être tombée dans un club où ils comprennent que mon corps est mon outil de travail. J’ai droit à des périodes de repos, de récupération. Je m ‘en sors pas mal pour l’instant. Mais ça n’a pas toujours été le cas depuis le début. J’ai des problèmes physiques comme tous les athlètes de haut niveau.


















