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XV de France: Les joueurs étrangers représentent-ils l'avenir des Bleus?

XV de France: Les joueurs étrangers représentent-ils l'avenir des Bleus?

RUGBYIls peuvent offrir une opportunité à certains postes-clés...
Julien Laloye, à Marcoussis.

Julien Laloye, à Marcoussis.

En plus de l’insondable propension de son équipe nationale à jouer aux montagnes russes, le rugby français n’aime rien tant de mieux que la schizophrénie. Prenez son Top14, qui fait jouer 40% d’étrangers dans ses effectifs, et qui s’insurge en haut lieu de voir Philippe Saint-André profiter de règles favorables – le joueur évolue depuis plus de trois ans en France et n’a jamais été sélectionné dans son pays d’origine - pour convoquer le Sud-africain Antonie Claassen chez les Bleus, au détriment de jeunes espoirs bien de chez nous.

«Saint-André n’y peut rien si les meilleurs sont étrangers»

«C’est bon, on sait que le rugby français est conservateur, maintenant il faudrait penser à évoluer. Moi j’ai 78 sélections, je ne pense que le rugby français se soit trompé et moi non plus» s’énerve Abdel Benazzi, le plus illustre joueur d’origine étrangère à avoir choisi le maillot des Bleus. «Je connais bien Philippe Saint-André, il ne regarde pas la nationalité avant de faire sa liste. Il y a un déficit de joueurs français de haut niveau à certains postes, il n’y est pour rien si les meilleurs qu’il a sous la main sont étrangers.»

Quels postes en particulier? La première ligne, où un pilier d’avenir du cru se fait aussi rare qu’une touche de plus de 50 mètres trouvée par Frédéric Michalak. Les ailes, également, que Wesley Fofana finira ne plus voir en peinture alors que Vincent Clerc n’est pas éternel. Cela tombe bien, ils sont plusieurs étrangers, sélectionnables ou sur le point de l’être, à pouvoir combler le vide à moyen terme (Kotze, Teotu,Vakatawa, Nakaitaci). Une bonne chose pour les Bleus? «Pourquoi cela ne le serait pas», répond Benazzi. «Du moment qu’on parle d’un joueur qui a montré sa volonté de s’intégrer et de s’adapter à la France.»

Faire comme la Nouvelle-Zélande et l’Angleterre

Un avis partagé par Vincent Clerc, qui pousse même le raisonnement plus loin: «S’il y a des joueurs étrangers au-dessus, pourquoi s’en priver? Les autres nations ne se posent pas ce genre de questions.» Les Néo-Zélandais, qui naturalisent Fidjiens et autres Samoans à tour de bras, ont en effet arrêté de s’en poser depuis des années…comme les Anglais, qui accueilleront l’équipe de France avec cinq étrangers dans leurs rangs. «La volonté dans tous les clubs, c’est de former des joueurs français pour qu’ils soient les meilleurs à leur poste, rebondit l’ailier toulousain. Mais cela vaut aussi pour les jeunes joueurs étrangers qui arrivent et qui connaissent la culture française.» Antonie Claassen ne devrait pas être seul trop longtemps.