FFF: Emmanuel Petit, l'homme qui veut «changer les choses» en n'ayant «aucune chance de gagner»
FOOTBALL•L'ancien milieu de terrain des Bleus fait partie de l'équipe d'Eric Thomas, le seul opposant à Noël le Graët pour l'élection présidentielle de la fédération...Antoine Maes
Sur l’estrade, c’est lui le plus connu et de loin. Et pourtant, Emmanuel Petit n’a aucune chance d’être élu avec le reste de l’équipe d’Eric Thomas, le dernier opposant à Noël Le Graët dans la course à la présidence de la FFF. Le jour de l’élection, le 15 décembre, l’ancien gunner n’aura pas vraiment de stress: il n’est «que» président du comité de soutien, parce qu’il n’a aucune licence depuis plus de six mois et n’est donc pas éligible.
De toute façon, Eric Thomas l’avoue lui-même: «L’élection est jouée d’avance, on n’a aucune chance de gagner.» Emmanuel Petit s’est pourtant rangé du côté des amateurs. «Après ma retraite, j’ai joué deux ans en amateur, et ça m’avait dégoûté. Les dérives des pros sont descendues jusque-là. Mais ma passion pour le foot reste intacte», jure le champion du monde 98. S’il avoue que son initiative est aussi un moyen de se «déculpabiliser» de ses années en pro, Petit a «très envie de faire avancer le train».
«J’ai gagné mon argent. J’aurais pu être rentier ou déblatérer sur les plateaux télés»
Il ne faut pas se méprendre. D’une part, Emmanuel Petit a des convictions sincères et solides, mais surtout, il n’avance pas par intérêt personnel: «J’ai gagné mon argent. J’aurais pu être rentier ou déblatérer sur les plateaux télés. Ou entraîneur, même si ce n’est pas fait pour moi. Je préfère aller au bout de mes convictions et apporter ma pierre à l’édifice.» Quitte parfois à s’emmêler les pinceaux, citant pêle-mêle «la laïcité» ou «la nécessité d’avoir des couilles».
De toute façon, il est là pour apprendre, lui qui se voit comme un candidat crédible à la présidence de la FFF… en 2016. Pour ça, il aurait pu toquer à la porte du camp d’en face. Mais c’est bien avec les amateurs qu’Emmanuel Petit veut faire son apprentissage. «Je sais qu’il faut être politique et faire de la diplomatie, alors que je suis plutôt entier. Je dois me faire une peau de crocodile. C’est un peu comme le parcours d’un Monopoly.» Avec l’ambition à la fin, de gagner la partie.


















