FC Nantes/Rémy Riou: «Je me voyais un peu beau»
FOOTBALL•Le gardien des Canaris revient sur ses erreurs de jeunesse...Propos recueillis par David Phelippeau
Rémy Riou? Le nom évoque un vieux routier de la L1 qui a bourlingué mais surtout souvent galéré. Pourtant, le gardien du FCN, arrivé cet été, n’a que 25 ans. Samedi, à l’occasion du déplacement des Canaris à Auxerre, il retrouvera un club dans lequel tout n’a pas été rose. Interview d’un type qui avoue lire des livres pour «se cultiver» et «pour pouvoir battre son père au Trivial Pursuit».
L’expérience mitigée de l’AJ Auxerre (2007-2011). «J’étais en balance avec Olivier Sorin. Je suis arrivé là-bas en dilettante parce que j’avais 20 ans. Tout était facile. Je n’avais pas de difficultés [il sortait d’une bonne saison à Lorient]. Je me suis dit : «toute ma carrière va être facile». Sur les deux dernières saisons, j’ai très peu joué… Du jour au lendemain, j’ai perdu ma place sans trop d’explications [lors de sa 2e année à Auxerre]. Cela reste donc un souvenir très mitigé. Il y a eu des bons et mauvais moments. Maintenant, ça m’a servi d’expérience… La ville d’Auxerre, c’est pire que Lorient [en 2006-2007]. Il n’y a rien. C’est Rezé avec rien autour à une heure et demie à la ronde.»
Ses erreurs de jeunesse. «Je me voyais un peu beau. Je travaillais moins car j’avais des facilités. Je venais d’intégrer l’équipe de France espoirs. Tout était simple. Heureusement, j’ai eu mon entourage qui était là pour me dire d’où je venais. Je ne vais pas dire que je me la racontais…Mais c’est vrai que c’est facile de se reposer sur ses acquis, de faire moins d’efforts, de moins travailler à l’entraînement. Ce sont ces tout petits détails qui font qu’on est moins performants et moins décisifs en match…»
L’envie de rattraper le temps perdu. «J’ai envie de rattraper ce que j’ai perdu bêtement car j’étais promis à un bel avenir [il a été formé à Lyon]. Je n’ai pas rencontré les bonnes personnes au bon moment. C’est dommage, j’aurais pu suivre ceux de ma génération, les Menez, Nasri, Benzema ou Ben Arfa…Après, toutes ces erreurs me permettent de relativiser beaucoup de choses et d’appréhender autrement la vie.»
Son avis sur les Ben Arfa, Menez et Benzema. «On cherche la petite bête avec les footeux… On est en temps de crise et, eux, gagnent beaucoup d’argent. Ils sont jeunes. C’est vraiment dur de garder la tête sur les épaules… Benzema, par exemple, vient d’un quartier difficile, il est issu d’une famille nombreuse. C’est difficile pour un garçon qui sort de la banlieue de se retrouver avec six chiffres sur son compte tous les mois. Ils ne sont pas mauvais dans le fond. Il faut être indulgent. Benzema sort de la galère, et du jour au lendemain, il touche beaucoup d’argent. Si vous n’avez pas un minimum d’éducation, vous ne respectez personne. Ce ne sont pas des mauvais garçons.»



















