La Poste a lancé son offre mobile en mai 2011.
 La Poste a lancé son offre mobile en mai 2011. - DURAND FLORENCE/SIPA

Julien Kauffman

Il y a deux types d’opérateurs mobiles : les historiques et les MVNO. Ceux que l’on appelle «historiques» possèdent leurs propres réseaux. Il s’agit d’Orange, Bouygues, SFR et désormais Free. Les MVNO (Mobile Virtual Network Operator ou, en français dans le texte, Opérateur Mobile au Réseau Virtuel), eux, achètent des minutes et des services en gros à ces «historiques», puis les revendent sous forme de pack à leurs propres clients.

On pourrait croire que ces opérateurs «virtuels» ne représentent pas grand chose sur le marché. On aurait tort. Selon l’ARCEP, en juin 2012, les 45 MVNO titulaires d’une licence se partageaient 11,35 % du marché mobile en France. Malgré un léger recul au début de l’année, que l’on peut imputer à l’arrivée de Free sur le marché, cette part de marché est repartie à la hausse et représente près de 7,7 millions d’abonnés soit une croissance de 28,7% sur un an. Mais comment font ces MVNO pour rester compétitifs face aux 4 Mastodontes? Comme sur tout marché, lorsqu’on est petit il faut se faire remarquer. Les MVNO tablent donc sur des offres très spécifiques à destination de populations de niche.

Des services spécifiques

Les plus connus, M6 Mobile ou Virgin Mobile, proposent des offres à destination des adolescents ou des supporters de football en leur proposant des services qui leur seront spécifiques (SMS illimités à des heures spécifiques, minutes gratuites pendant les matchs pour les supporters de tel ou tel club…). D’autres, au nom connu, proposent le mobile comme un service supplémentaire à leur offre bancaire (CIC, Crédit Mutuel), de grande distribution (Auchan, Carrefour, Casino, Leclerc) ou encore comme accompagnant une offre résidentielle internet (Darty, Numéricable).

Certains, sont encore plus «nichés» comme Lebara, Mobisud ou Ortel qui proposent des forfaits avec des tarifs privilégiés vers l’international, en particulier le Maghreb et l’Afrique, ou Bazile qui offre des services spécifiques aux personnes âgées. Enfin, certains MVNO ciblent les professionnels avec des flottes spécifiques ou bien, se proposent de devenir eux-mêmes «opérateur en marque blanche». Ils vont donc construire, pour les entreprises, un forfait spécifique au nom du client, avec son logo, sans jamais apparaître, ce qui peut représenter un avantage commercial pour le client.

Les opérateurs historiques ont pour obligation de revendre, à tarif privilégié, leurs services à ces MVNO. Avec l’arrivée de Free et, donc, d’un quatrième réseau, ces «opérateurs virtuels» ont encore de beaux jours devant eux.