La fonction de zoom à deux doigts sur écran tactile, baptisée «pinch to zoom» en anglais.
La fonction de zoom à deux doigts sur écran tactile, baptisée «pinch to zoom» en anglais. - 20MINUTES

P.B.

Samsung à la barre. Cette semaine, c'est au tour de l'entreprise coréenne de présenter ses experts et témoins aux neuf jurés, dans le procès de l'année. Lundi soir, le juge Koh a refusé d'annuler la procédure judiciaire comme le réclamait, sans vraiment trop y croire, Samsung. On va donc aller au bout des débats, a priori, jusqu'à la fin du mois. Si les deux camps contestent plusieurs brevets adverses, Apple se trouve dans une position davantage offensive et dispose d'un dossier plus solide, selon l'expert en droit des brevets Florian Müller.

Lundi, Samsung a contre-attaqué, s'en prenant principalement au brevet «pinch to zoom» d'Apple, qui permet de zoomer à deux doigts sur iPhone et, depuis 2010, sur à peu près tous les smartphones tactiles, qu'ils soient sous Android, Windows Phone 7 ou BlackBerry OS.

Adam Bogue, un ancien chercheur chez Mitsubishi, a présenté le Diamond Touch, une table tactile développée en 2001 qui permet notamment de zoomer avec deux points de contact, comme le montre la vidéo ci-dessous.

Selon Samsung, le brevet accordé à Apple n'est donc pas valide car le Diamond Touch est un exemple de «prior art», un concept du droit américain qui permet d'invalider un brevet s'il est prouvé qu'une technologie similaire avait été utilisée publiquement au préalable. Bogue a précisé qu'il avait fait une démonstration à des cadres d'Apple en 2003.

Les avocats d'Apple, eux, ont expliqué qu'il ne s'agissait pas d'un véritable zoom car le Diamond Touch affiche en fait de nouvelles informations sans grossir celles affichées au préalable. En somme, Apple ne conteste pas que d'autres acteurs expérimentaient avec les écrans tactiles mais estime que le zoom spécifique de l'iPhone est protégé (un brevet partiel lui a été accordé en 2010). L'entreprise a également tenté de prouver que sa fonction de «rebond» lors d'un scroll n'était pas exactement comparable à celle montrée par un second expert de Samsung.

Samsung dégaine ses brevets

Lundi et mardi, Samsung est également passé à l'offensive, sur le refrain «nous avons aussi des brevets pour des fonctions basiques que l'iPhone utilise sans licence». Notamment pour attacher une photo dans un email, sélectionner plusieurs images et jouer de la musique en tâche de fond en utilisant une autre app.

Apple ne s'est pas laissé faire. Un de ses avocats a mis à mal un expert adverse, le forçant à reconnaître que ces fonctions n'avaient pas été incorporées dans des smartphones Samsung avant la sortie de l'iPhone. Il a donc expliqué au jury qu'Apple ne pouvait pas enfreindre des brevets que personne n'avait vus avant.