Marcoule : c'est quoi ce four à déchets nucléaires ?
Vous le savez certainement, une terrible explosion s'est produite aujourd'hui dans l'usine Centraco de traitements des déchets radioactifs située dans le Gard. Un employé est mort, 4 autres sont blessés. L'explosion s'est produite dans un four. Mais ...Gizmodo.fr en partenariat avec 20minutes.fr
Vous le savez certainement, une terrible explosion s'est produite aujourd'hui dans l'usine Centraco de traitements des déchets radioactifs située dans le Gard. Un employé est mort, 4 autres sont blessés. L'explosion s'est produite dans un four. Mais c'est quoi ce four ? Un simple incinérateur pour les gants et les combinaisons ? Pas tout à fait…
Il s'est passé quoi exactement ?
Vers midi, un four a explosé et a déclenché un incendie qui a été maitrisé vers 13h.
Il sert à quoi ce four ?
Ce four électrique sert à brûler les textiles tels que les gants, les combinaisons ou les masques par incinération. Mais il sert aussi à faire fondre des métaux par fusion afin de réduire la taille des déchets (un lingot prend moins de place qu'un gros bout de tôle). Ce four peut traiter 20 tonnes de déchets par jour. Au moment de l'explosion, le four contenait 4 tonnes de métaux faiblement radioactif. Mais par le passé, il a servi a fondre des métaux assez radioactifs comme le couvercle du réacteur de la centrale de Golfech qui est resté 10 ans au plus près de matériaux très radioactifs.
Et pourquoi il peut exploser ce four ?
Tout d'abord, il faut comprendre ce qu'est un four de traitement des déchets. C'est un gros cylindre qui tourne à l'électricité, qui peut monter à 1600°C, et qui est branché à un circuit d'eau de refroidissement. Pour que ça explose : soit on met un déchet contenant des matériaux incompatibles, soit il y a eu une fuite d'eau dans le circuit de refroidissement. Dans ce dernier cas, c'est le contact de l'eau et du métal fondu qui provoque l'explosion.
Et c'est dangereux ?
Les autorités diverses nous disent que tout va bien, tout est sous contrôle. Il n'y a aucune raison de ne pas les croire jusqu'à ce qu'on trouve la preuve du contraire. Ceci dit, il y a y a très peu de risque de fuites, puisque le four est dans un local qui se trouve lui-même dans un bâtiment en béton armé. Les portes du local où se trouvait le four ont été soufflées comme de la paille, mais le bâtiment a tenu bon. Le système de ventilation et le système de traitement des gaz avant rejet sont OK. Mais l’ASN (l’autorité de sûreté nucléaire) a déjà épinglé plusieurs fois Centraco en pointant le fait qu’il y avait des « lacunes dans la culture de sûreté. » D’ailleurs, plusieurs inspections étaient prévues cette année. Trop tard.
Et maintenant ?
Si vous habitez le Gard, vous pouvez jeter un oeil sur les balises de la CRIIRAD et leurs communiqués. Pour ceux qui l'ignorent, la CRIIRAD est l'acronyme de Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité. Les balises à proximité du site cherchent la présence de radioactivité dans l'air.
Et Marcoule, je devrais connaître ?
Un peu, mon neveu. Si vous vous souvenez de l'arrivée du velcro, alors vous vous souvenez peut-être du lancement du fleuron de la production nucléaire française. Sur le site de Marcoule, « en 1956, le réacteur G1 fournit les premiers kilowattheures français d'origine nucléaire et son combustible usé alimente la première usine nationale de retraitement UP1. » C'est aussi à Marcoule que se trouve le fameux réacteur Phénix qui a fonctionné de 1974 à 2009 et dont le démantèlement délicat est prévu en 2012. Donc, l'an prochain, vous allez en entendre parler de Marcoule. Ce n'est pas fini.
Sources : [NouvelObs, LeMonde, LeFigaro] et institutions : [ASN, CRIIRAD, Marcoule-CEA, Socodei]
Photo tirée de la plaquette de la Socodei.


















