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OnLive, le test: Un petit miracle pour les joueurs occasionnels

OnLive, le test: Un petit miracle pour les joueurs occasionnels

JEU VIDEOLancé il y a une semaine aux Etats-Unis, le service tient ses promesses...
Philippe Berry

Philippe Berry


De notre correspondant à Los Angeles

Note: Onlive n'est disponible qu'aux Etats-Unis. Il devrait passer à l'assaut du Vieux continent d'ici un an, en commençant par l'Angleterre et la Belgique.

«Ça ne marchera jamais.» Lors de la présentation par son PDG Steve Perlman (un ancien d'Apple), le réponse était invariablement la même: le cloud gaming, le jeu vidéo décentralisé dans le nuage d'Internet, n'est pas prêt. Un an après, OnLive prouve que tout le monde avait tort. Après un bref essai à l'E3, nous avons pu le tester ce derniers jours, à la maison. Verdict.


Onlive, c'est quoi?

Certains confondent OnLive avec des services de téléchargement comme Steam or D2D. Le concept est différent. Par certains aspect, OnLive est un peu le YouTube du jeu vidéo: oubliez les installations laborieuses, les updates de DirectX, les pilotes de carte graphiques (à 300 euros) à mettre à jour. Ici, vous cliquez et vous jouez. Sur PC (desktop, portable ou même netbook) ou sur Mac (processeur Intel nécessaire), et sans doute bientôt sur iPhone ou iPad (démo vidéo ici). Le secret? Les jeux ne tournent pas chez vous mais sur les puissants serveurs de la compagnie, disséminés aux quatre coins des Etats-Unis. Ce que vous avez à l'écran, c'est un flux vidéo haute définition en 720p. Une retransmission en direct de votre partie, en somme, qui fait tomber toutes les traditionnelles barrières hardware.

Installation

Il faut installer un mini client et créer un compte en quelques minutes. OnLive est compatible avec Windows XP/Vista/7 et Mac OS X (10.6 minimum). Un processeur dual core est recommandé, mais Cnet a joué sans souci sur un vieux portable mono-coeur. Surtout, il faut impérativement une connexion Internet d'au moins 5 Mbps, et y connecter sa machine via un câble ethernet. OnLive refuse de se lancer en wifi, afin de garantir un service de qualité. On peut cependant ruser en créant en deux clics «un pont» entre ses connexions sans fil et ethernet (vidéo ici).

Premiers pas

L'interface est centrée autour d'une mosaïque d'écrans. Ultra intuitive, la navigation est immersive: pas de temps de chargement ou d'écrans de transition. Tout n'est que zoom et dézoom à la Minority Report. La souris, dans les menus des différents jeux, connaît parfois quelques soucis d'accélération.

L'expérience graphique

La version courte? Jouer à Batman: Arkham Asylum, Assassin's Creed II ou Just Cause 2 sur un laptop vieux de trois ans est un petit miracle en soi. Oui, en 720p (1280x720 pixels), le rendu n'est pas aussi fin que celui de l'ultra haute résolution d'une machine à 1.500 euros sous stéroïdes. Certes, on n'est sans doute pas à 60 images seconde. Mais tout est fluide, la compression vidéo (la recette secrète de Perlman) se remarque à peine, même sur un écran externe de 22 pouces. Et quand on pourchasse ses ennemis dans Unreal Tournament III, on ne prête pas vraiment attention aux quelques reflets absents sur les gerbes d'eau. On est trop occupé à crier «meurs, meurs», un sourire jusqu'aux oreilles.

L'expérience ludique

Une statistique vaut parfois 1.000 mots: une quinzaine de minutes dans l'arène d'Unreal Tournement III, 27 kills (ennemis tués) pour 4 morts. Avec le câble ethernet, à aucun moment un lag ne s'est fait sentir. Les serveurs d'OnLive sont pourtant à 600 km. En wifi, cela reste globalement jouable, mais le framerate (nombre d'images par seconde) chute occasionnellement jusqu'à saccader. Pour les jeux de tir ou de sport, mieux vaut donc rester câblé.

Les jeux disponibles

C'est là qu'OnLive reste limité: une semaine après son lancement, seule une vingtaine de jeux est disponible. Des blockbusters (dont Batman: Arkham Asylum, Assassin's Creed II, Just Cause 2, DiRt 2, Boarderland, Fear 2, Prince of Persia: The Forgotten Sands et Splinter Cell Conviction) et des titres casual (Harry Potter Lego, World of Goo). Crysis se fait attendre, et Dragon Age devrait faire son retour sous peu, une fois des problèmes techniques réglés. OnLive ayant annoncé un partenariat avec tous les éditeurs ou presque, de nombreux jeux devraient suivre. Si à l'avenir, les titres (comme Harry Potter) sont disponibles le même jour que dans les boutiques, le service sera une vraie alternative, avec de sérieux avantages: qui dit décentralisation dans le nuage dit en effet jeu accessible de chez soi, chez un ami ou au boulot.

Les prix

C'est l'autre bémol. L'abonnement est gratuit pendant un an pour les premiers abonnés. Ensuite, ça sera cinq dollars par mois. Il faut surtout ajouter le prix des jeux. Les démos, limitées à 30 minutes, sont gratuites. On peut aussi regarder, en direct, n'importe quel autre membre jouer (une dimension de réseau social est incluse). OnLive laisse les éditeurs fixer les tarifs. Les titres se louent (six dollars les trois jours, neuf dollars les cinq) ou s'achètent. Compter de 20 à 60 dollars... Soit parfois autant que pour la version boîte. Comme pour la musique ou les eBooks, le modèle économique des jeux dématérialisés va devoir se trouver.

L'avenir

Steve Perlman promet de la vidéo en 1080p et un support du wifi optimisé dans un futur proche, à mesure que les connexions Internet s'améliorent. Une mini-console à bas coût débarquera également pour le salon. Il serait surprenant de ne pas voir certains fabricants l'intégrer à terme directement dans le téléviseur. Pour les éditeurs, c'est tout bénéf: un tel service élimine virtuellement le piratage.

Verdict

OnLive ne séduira sans doute pas les hardcore gamers. Pour l'instant. Reste également à voir si la qualité se maintient avec plus de membres. Mais la technologie est bien là. Et que ça soit celle d'OnLive, ou d'un concurrent comme Gaikai, elle pourrait bien changer la donne.

Jouer sur votre vieux PC ou votre Mac sans rien installer vous fait-il rêver? Ou vous êtes plutôt du genre à changer de carte graphique tous les 18 mois? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous.