Twitter veut se relancer avec des messages deux fois plus longs

WEB Le réseau expérimente avec des tweets de 280 caractères...

P.B. avec AFP

— 

Des tweets de 280 caractères (à droite).

Des tweets de 280 caractères (à droite). — TWITTER

Ah, faire rentrer un tweet en 140 caractères. C’est un art, qui oblige parfois à reformuler sa pensée voire à fermer les yeux sur un pluriel manquant. En panne de croissance, Twitter prépare un changement important pour se relancer : doubler la longueur des messages, à 280 caractères.

Twitter explique qu’il teste actuellement cette nouvelle limite « avec un petit groupe de personnes », et uniquement pour les pays qui écrivent en caractères latins. Car c’est surtout en anglais, espagnol, portugais ou français que la limite de 140 caractères semble poser parfois souci aux utilisateurs, contrairement à ceux qui tweetent en japonais, coréen ou chinois.

Un choix technique à l’époque

Selon Jack Dorsey, cofondateur et actuel directeur général de Twitter, « 140 caractères était un choix arbitraire basé sur la limite de 160 caractères des SMS »

Son compère Biz Stone précise que la limite originelle était 160 signes moins le nom d’utilisateur. Mais du coup, chacun avait une limite différente et un compromis à 140 pour tout le monde avait été adopté.

« Nous savons qu’il peut y avoir un attachement sentimental aux 140 caractères (…) Mais nous avons essayé (la nouvelle limite) (…) et nous sommes tombés amoureux de cette nouvelle longueur, qui reste brève », dit encore Twitter.

La concision, un concept sacré

Evidemment, certains crient déjà à la trahison. « La nouvelle limite de 280 caractères est une très mauvaise idée. La beauté de Twitter, c’est de nous forcer à exprimer nos idées de manière concise », souligne le critique TV du New York Times, James Poniewozik.

Dans la pratique, les power users utilisent depuis longtemps des captures d’écran pour partager des messages plus longs ou des articles. Mais Twitter espère que cette flexibilité séduira les néophytes. L’entreprise, qui n’a jamais engrangé de bénéfices et a encore perdu 116 millions de dollars au second trimestre, doit trouver les moyens d’attirer d’avantage d’utilisateurs, qui ont stagné à 328 millions sur les six premiers mois de l’année, ainsi qu’à monétiser son audience. Il faudra sans doute plus que des messages allongés.

Mots-clés :