Internet se mobilise contre «Blue Whale Challenge», le jeu qui pousse les ados au suicide

SUICIDE Face aux jeu morbide né en Russie, qui consiste à relever 50 défis dont le dernier est de se donner la mort, les internautes ripostent et détournent le « Blue Whale Challenge »…

Marie de Fournas

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Un faux site de «Blue Whale Challenge» a été créé pour dissuader les ados d'y jouer

Un faux site de «Blue Whale Challenge» a été créé pour dissuader les ados d'y jouer — Capture badiazhr.wixsite.com

Nous vous en parlions début mars, un jeu effroyable sévit depuis quelque temps sur la toile notamment en Russie. Le principe du « Blue Whale Challenge » (le « Challenge de la Baleine Bleue ») est aussi simple que glauque. Les participants qui passent par des groupes secrets sur les réseaux sociaux, se voient attribuer une sorte de parrain. Celui-ci leur lance des défis quotidiens pendant 50 jours. Cela va d’écouter une musique triste le soir à se scarifier le bras. Le dernier jour, le parrain demande aux joueurs de se suicider.

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Face à ce jeu sordide et dangereux, beaucoup d’internautes se sont insurgés et ont décidé d’agir. Sur Twitter, où le hashtag #bluewhalechallenge est devenu très populaire, certains ont proposé leur version du jeu. Une liste de 50 défis positifs visant à vivre un petit instant de bonheur chaque jour. Ces posts ont eu tellement de succès, qu’ils apparaissent désormais en top tweet lorsque l’on inscrit le hashtag sur la plateforme.

D’autres internautes sont même allés plus loin. Une jeune fille qui cherchait à enquêter sur le jeu pour voir s’il était facilement accessible en France explique à travers une story Twitter, que lorsqu’elle a essayé de trouver des parrains sur les réseaux sociaux, elle a été plusieurs fois renvoyée vers une même page. Celle-ci, écrite en anglais et en russe propose de participer au jeu du « Blue Whale Challenge » en commençant par le premier défi : se lever à 4 heures 20 du matin pour écouter le chant d’une baleine. « N’oublie pas de te filmer. Une fois que c’est fait, poste ta vidéo ici », peut-on lire. Un bouton apparaît sur lequel il faut cliquer pour mettre la vidéo.

La première page du faux site de «Blue Whale Challenge»
La première page du faux site de «Blue Whale Challenge» - Capture badiazhr.wixsite.com

Une nouvelle page apparaît alors. Sauf que sur celle-ci, surprise : c’est un message dissuasif qui est écrit.

La première page du faux site de «Blue Whale Challenge»
La première page du faux site de «Blue Whale Challenge» - Capture badiazhr.wixsite.com

« Mais… Pourquoi ? C’est important que tu saches à quel point le vrai jeu ‘Blue Whale’peut être dangereux. Je ne sais pas pourquoi tu veux jouer à ce jeu (c’est par curiosité ? Si oui, arrête tes recherches. C’est un problème sérieux et ces gens sont dangereux. Ce n’est pas juste pour s’amuser) », peut-on lire sur les premières lignes.

« Crois-moi, j’ai été à ta place »

Un long message s’ensuit : « Cependant, si tu viens ici parce que tu veux te suicider, je t’invite fortement à réfléchir à deux fois avant de te lancer dans quelque chose comme ça. […] Même si la vie est parfois une pute, cela ne peut qu’aller mieux ensuite. Alors ne tente pas de te suicider, ou de te lancer dans ce genre de trucs, simplement parce que tu trouves que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Tu louperais toutes les belles choses qui pourraient t’arriver. Crois-moi, j’ai été à ta place. Si tu as des pensées suicidaires, s’il te plaît, appel un numéro d’urgence ou va sur un site internet qui pourrait t’aider (tu peux trouver une liste classée par pays sur :  suicide.org) ».

Sur Twitter, les internautes ont également largement partagé les messages de prévention rédigés à propos du jeu, ainsi que le tweet de la police nationale. Prenant le problème très au sérieux, celle-ci a rappelé que la provocation au suicide était punie par la loi de 5 ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende. Une peine qui devrait dissuader les éventuels « parrains » français improvisés.