François Fillon vote sur un écran tactile, le 20 novembre 2004 à la permanence de son parti au Mans.
François Fillon vote sur un écran tactile, le 20 novembre 2004 à la permanence de son parti au Mans. - JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

François Fillon est un geek assumé. Amateur de drones, le genre à se souvenir de son premier modèle d’ordinateur – « un Toshiba T2100 » –, à en collectionner une trentaine et, de temps à temps, à effectuer lui-même les réparations. De passage à Las Vegas en fin de semaine à l’occasion du Consumer Electronic Show (CES), l’un des plus grands salons en matière l’innovation technologique, il a été interpellé dans les allées par un journaliste de l’émission de Yann Barthès, Quotidien. Le vainqueur de la primaire de la droite n’a pas minimisé son rôle dans la libéralisation d’Internet en France.

Interrogé sur son « ambition de remplacer Emmanuel Macron, l’an dernier star du CES », François Fillon tente, dans un premier temps, de réaffirmer sa passion pour les nouvelles technologies et rappeler son rôle lorsqu’il était ministre délégué à la Poste, aux Télécommunications et à l’Espace en 1995 : « Qu’est ce que j’ai fait ? (…) J’ai ouvert les télécommunications à la concurrence. Vous pensez qu’il y aurait de l’Internet en France si on avait toujours France Télécom avec des fonctionnaires ? » Publiée sur le réseau social Twitter par le compte de l’émission, la réponse de Fillon a suscité de très nombreux commentaires, y compris de Manuel Valls, candidat à la primaire de la gauche.

Cette sortie inattendue a également suscité la colère des syndicalistes d’Orange (ex-France Télécom). Dans une tribune publiée ce dimanche sur le site du Huffington Post, Sébastien Crozier, président du syndicat CFE-CGC Orange, et Hélène Marcy, responsable de la communication de la CFE-CGC Orange, ont tenu à répondre au candidat à l’élection présidentielle : « En 1994, France Télécom était la première entreprise de France en termes de bénéfice (…) Les fonctionnaires ne s’en sortaient pas si mal pour faire de leur entreprise une référence mondiale : le réseau de télécommunications français était à l’époque reconnu comme le plus moderne et le plus performant au monde. »

>> A lire aussi : VIDEO, CES 2017. Le geek François Fillon à Las Vegas pour éclipser Emmanuel Macron

Les auteurs de la tribune reviennent également sur le rôle joué par l’ex-ministre des Télécommunications : « M. Fillon (…) avait préparé l’ouverture à la concurrence demandée par la Commission européenne, et fait voter la privatisation de France Télécom. C’était aussi lui qui nommait Michel Bon à la tête de notre entreprise en 1995. En 2002, lorsque le PDG a été contraint de démissionner, France Télécom était connue pour avoir accumulé la dette d’entreprise la plus faramineuse de l’époque, 68 milliards d’euros, liés notamment aux prises de participations hasardeuses… et financièrement désastreuses dans Mobilcom et NTL. »

Depuis son succès à la primaire de la droite, François Fillon attaque régulièrement les fonctionnaires et la fonction publique, l’une des mesures phares de son programme consistant notamment à supprimer 500 000 emplois tout en augmentant leur temps de travail.

Mots-clés :