PowerEgg: Nous avons fait voler un œuf sans faire d’omelette
DRONE•Disponible dès cet automne, ce drôle de drone en forme d’œuf effectuait ce lundi ses premiers vols parisiens. Nous avons assisté à son décollage…Christophe Séfrin
Alien, le retour. Alors que Parrot vient d’officialiser le lancement dans les prochains jours de Disco, son aile volante, un autre objet volant se profile dans le ciel déjà bien encombré des drones grand public : le PowerEgg. Genre ovniesque. Annoncé il y a quelques mois par la firme chinoise PowerVision, le multirotor avait alors fait le buzz. La raison : à l’arrêt, il possède la forme d’un gros œuf (27,2 x 17,6 pour 2,09 kg) qui rappelle celui du film Alien de Ridley Scott. Depuis ce lundi, nous savons aussi qu’il peut (vraiment) voler.
Utilisable dans l’instant
De passage à Paris avant de se rendre au salon de l’électronique IFA de Berlin qui ouvrira ses portes le 2 septembre, Huber Hu, le PDG de PowerVision, a donc fait décoller son PowerEgg. Législation et plan Vigipirate obligent, le petit vol d’essai a malheureusement eu lieu indoor, mais l’œuf volant semble fonctionner parfaitement. Le choix esthétique du drone n’est pas le fait du hasard : « ainsi, son encombrement est très faible, il n’y a aucun montage à réaliser et le concept comble les attentes des consommateurs qui veulent pouvoir l’utiliser dans l’instant », précise Huber Hu à 20 Minutes.
Lors de la mise en route, les quatre pieds du PowerEgg se déplient automatiquement. L’utilisateur n’a plus qu’à le poser et à déplier manuellement les quatre rotors avant d’entamer un vol.
Une commande innovante par le geste
Le drone dispose d’une caméra de 12 mégapixels pouvant filmer en 4K à 30 images par seconde. Celle-ci est stabilisée sur 3 axes.
L’appareil se pilote à l’aide d’une radiocommande fournie sur laquelle on pourra placer un smartphone pour contrôler les images. Sa portée : jusqu’à 5 km. Plus innovant : PowerVision fournit un joystick avec gyroscope intégré qui duplique les mouvements du bras le tenant pour le vol : de bas vers le haut et le PowerEgg monte dans le ciel : de l’arrière vers l’avant, il avance, etc.
Au dos de cette petite télécommande nommée Maestro, un bouton permet de déclencher une prise de vue ou le lancement d’une séquence vidéo. Tout semble très simple. L’autonomie du drone est annoncée à 23 minutes environ, avec une heure de charge (batterie de 6400 mAh), cela correspond peu ou prou à l’autonomie du Bebop 2 de Parrot dont la batterie ne fait que 2700 mAh. Sans doute le poids du PowerEgg fait-il la différence : 2,1 kg, contre 500 g pour le Bebop 2…
Un prix peu « grand public »…
Pour Frédéric Botton, journaliste à Helicomicro et auteur du livre Les drones de loisir (Eyrolles éditions), le PowerEgg est « un concept intéressant ». « D’abord parce que le look est inédit, il rompt avec la suite interminable de clones du Phantom de DJI. Ensuite, parce qu’il est bien équipé. Ses composants sont à la hauteur des meilleurs concurrents. La télécommande Maestro est une excellente idée pour les vols faciles et la caméra semble d’excellente qualité », précise Frédéric Botton. Qui regrette néanmoins l’absence de protections d’hélices, pourtant importantes pour un usage familial comme semble le vouloir PowerVision. Malheureusement, le futur prix de vente du PowerEgg est pour le moins insolent pour un drone de loisir : 1499 euros, ce qui reste très cher en la matière.
On pourra aussi regretter que la base circulaire dans laquelle l’œuf se range comme dans un nid ne fasse pas aussi office de chargeur par induction. « C’était bien l’idée de base, mais nous ne sommes pas encore parvenus à la faire aboutir », confesse Huber Hu, le PDG de PowerVision. Il restera aussi à vérifier la qualité des images immortalisées par l’œuf volant. Et l’on se prend à rêver qu’à l’avenir, il soit simplement possible de lancer en l’air le PowerVision comme un ballon de rugby et qu’il déploie instantanément ses rotors pour entamer son vol sans autre espèce de manipulation… Et sans faire d’omelette.



















