Sexisme, harcèlement, polémiques: Les cinq start-up de la Silicon Valley les plus critiquées
HIGH-TECH•Uber est sans doute devenue l’entreprise la plus haïe aux Etats-Unis, mais la start-up de transport privé n’est pas la seule à faire grincer des dents ces derniers temps…Anaëlle Grondin
La Silicon Valley a un sérieux problème de réputation. Sexisme, harcèlement, collectes de données personnelles à l’insu des utilisateurs, dérives… Ces derniers mois, plusieurs start-up et leurs patrons ont été pointés du doigt dans la presse et se sont fait une mauvaise réputation. Voici les cinq entreprises de la Silicon Valley les plus décriées…
1. Uber, embourbée dans de multiples controverses
Accusée de «concurrence déloyale» et d’employer des tactiques douteuses pour faire couler ses concurrents, la start-up de transport privé s’est mis à dos les taxis. Mais pas seulement. L’entreprise a provoqué un tollé à Lyon en octobre en envisageant de recruter des mannequins comme conductrices. L’entreprise, qui devrait bientôt être valorisée à 30 milliards de dollars, a une fois de plus suscité l’indignation cette semaine. Son fondateur, Travis Kalanick a dû s’excuser après les propos d’un vice-président d’Uber, Emil Michael, qui avait appelé lors d’un dîner à fouiller la vie des journalistes à la recherche d’éléments compromettants pour parvenir à faire taire les critiques. Une journaliste était directement visée, Sarah Lacy. Elle a dénoncé la «culture sexiste et misogyne» d’Uber dans un long article. Malgré les excuses du patron, la firme va avoir du mal à se défaire de sa très mauvaise réputation.
2. Snapchat, pas fiable et dirigée par un «connard» (selon TechCrunch)
Très utilisée par les adolescents, l’application mobile propose d’échanger des photos qui s’autodétruisent quelques secondes après leur ouverture… Enfin, en théorie. Le public a eu la mauvaise surprise de voir à plusieurs reprises cette année des photos soi-disant éphémères envoyées via Snapchat publiées sur Internet. A côté de cela, le jeune patron de la start-up, Evan Spiegel, passe pour quelqu’un de très arrogant. Dans un entretien donné à Forbes cette année, l’entrepreneur a roulé des mécaniques en relatant un échange d’e-mails avec le patron de Facebook, qui souhaitait le rencontrer. Evan Spiegel a raconté qu’il lui a répondu «Je serais ravi de te rencontrer… Si tu fais le déplacement». Les critiques ont fusé sur Twitter, poussant Evan Spiegel à raconter une tout autre version, moins crâneuse. Plus grave pour sa réputation, le patron de Snapchat a dû affronter les pires commentaires après la fuite d’e-mails consternants qu’il avait envoyés quand il était étudiant à Stanford. Le site spécialisé TechCrunch est allé jusqu’à le traiter de «dick» («connard»). Florilège des échanges publiés dans la presse américaine: «J'espère qu'au moins six filles vous ont sucé la b*** hier», «Je croyais que le but c'était de tirer au laser tag sur les grosses filles?»
3. Secret, accusée de favoriser le cyberharcèlement
L’entreprise, qui propose une application mobile permettant de partager des messages de manière anonyme à ses contacts, est aujourd’hui évaluée à près de 100 millions de dollars. Accusée de favoriser le cyberharcèlement, Secret n’a pourtant pas très bonne réputation. Les utilisateurs publient des pensées intimes, honteuses, des secrets, des ragots. L’application n’échappe pas aux dérives comme les messages de racisme ou de haine.
4. Whisper, soupçonnée de pister ses utilisateurs
Le mois dernier, The Guardian, qui devait nouer un partenariat avec Whisper, a découvert les pratiques douteuses de l’entreprise… et n’a pas hésité à les exposer. Le journal accuse l’application qui permet de publier des messages anonymement d’avoir collecté des données personnelles – notamment la géolocalisation de ses utilisateurs – même quand ces derniers avaient choisi de ne pas les partager. Pire: certaines de ces informations sont stockées «indéfiniment» dans une base de données. Le fondateur de l’application s’est défendu en expliquant que la localisation était approximative. La start-up s’était toutefois empressée de changer ses conditions d’utilisation en apprenant que le Guardian préparait un article. Mais cela n’a pas suffi à convaincre. Buzzfeed, par exemple, a suspendu son partenariat avec Whisper après les révélations du Guardian.
5. Tinder, salie par une affaire de harcèlement et de sexisme
Très à la mode, l’application mobile de rencontres cartonne. Mais l’attitude des cofondateurs de l’entreprise vient ternir ce succès. En juin, l’une des cofondatrices de Tinder, Whitney Wolfe, a poursuivi l’entreprise pour harcèlement sexuel et discrimination sexuelle. Après sa rupture avec un autre cofondateur de la boîte, Justin Mateen, celui-ci l’a insultée et harcelée, utilisant des termes qualifiés de sexistes. Sean Rad, limogé depuis de son poste de CEO, aurait été présent lors de plusieurs de ces scènes et n’aurait rien fait pour calmer Justin Mateen. Pire, Sean Rad et Justin Mateen ont retiré à Whitney Wolfe son statut de cofondatrice, prétextant qu’il y en avait trop et arguant qu’elle était une femme jeune et trop inexpérimentée. Cette affaire s’est réglée «à l’amiable»: Whitney Wolfe a perçu 1 million de dollars. Mais trop tard, l’image de la start-up est écornée.


















