Un site publie des sexpics de SnapChat

Philippe Berry

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SnapChat, une app de partage éphémère de photos, fait fureur chez les ados.
SnapChat, une app de partage éphémère de photos, fait fureur chez les ados. — DR

On ne panique pas. Présentée par de nombreux sites anglo-saxons comme l'Armageddon de la vie privée, cette nouvelle affaire autour de l'app d'échange de photos éphémères SnapChat prouve simplement une règle déjà bien connue: aucun échange sur Internet n'est véritablement privé.

Le site SnapChatLeaked.com publie donc des photos – plus ou moins censurées– de fesses et de seins. Homme, femme, pas de jaloux, la parité est respectée. (Edit 9h: le site est tombé, les serveurs n'ont semble-t-il pas tenu la charge) Mais ne s'agit ni d'un bug, ni d'un hack des serveurs de SnapChat: les clichés sont simplement soumis par des internautes. Et que des photos compromettantes soient échangées par SnapChat, MMS ou email, rien n'empêchera jamais un ex ou un inconnu de les partager avec le Web tout entier.

Bien plus qu'une app de sexting

Le principe de SnapChat, c'est que les photos ou les vidéos envoyées s'autodétruisent après quelques secondes. Il est toutefois possible de faire une capture d'écran (l'expéditeur en est cependant averti) ou de prendre une photo de l'écran avec un autre appareil. Des bidouilleurs ont même réussi à retrouver des photos effacées.

Mais ceux qui réduisent SnapChat à une app de «sexting» sont ceux qui ne l'ont jamais utilisée. D'abord adoptée par les 14-18 ans, qui délaissent un Facebook fréquenté par leur mère, l'app est en train de devenir mainstream, avec 150 millions de snaps échangés quotidiennement. C'est trois fois plus qu'en décembre, et quatre fois plus que le nombre de photos publiées sur Instagram.

Ce qui compte, ce n'est pas que photos et vidéos soient effacées après quelques secondes. C'est surtout qu'elles ne sont partagées qu'avec un groupe réduit d'amis. Alors que Facebook et Twitter sont plus ou moins publics par défaut, SnapChat offre un retour à l'intime et à la private joke entre potes. Et beaucoup plus rarement entre adultes consentants.