« Bloquons tout le 10 septembre » : Quels sont les droits et les devoirs des salariés ?
perturbations•Transports, garde d’enfant, dépôt d’un préavis… Les conseils d’un avocat pour anticiper la journée de mobilisation du 10 septembreYoussef Zein
L'essentiel
- Dans le secteur privé, aucune obligation de prévenir l'employeur n'existe, contrairement au secteur public où un préavis de cinq jours est obligatoire et un service minimum doit être assuré.
- Les salariés bloqués dans les transports par les grèves ont l'obligation de chercher des solutions alternatives pour se rendre au travail.
- Les fermetures d'école ou de crèche peuvent constituer un cas de force majeure justifiant l'absence du salarié.
La rentrée ne sera pas seulement celle des écoliers. Le 10 septembre s’annonce comme une journée de mobilisation sociale, avec son lot de grèves et de blocages, qui devraient perturber le quotidien des salariés.
Faut-il prévenir son employeur ? Sera-t-on payé si l’on ne peut pas travailler ? Quid de la garde d’enfants ? 20 Minutes fait le point avec Haïba Ouaissi, avocat en droit social au cabinet Cassius.
Grévistes, vous n’avez personne à prévenir
La grève est un droit constitutionnel. Aucun salarié ne peut être sanctionné pour avoir fait grève, peu importe la fréquence. Et contrairement à une idée reçue, dans le privé, il n’y a pas d’obligation de prévenir son employeur à l’avance.
« Dans la pratique, beaucoup de salariés envoient un mail pour signaler leur absence, ce qui facilite la gestion par les RH », précise Haïba Ouaissi. Dans le public en revanche (écoles, hôpitaux, transports), un préavis de cinq jours est obligatoire et un service minimum doit être assuré. Attention aussi aux pressions : un salarié ne peut être ni contraint à faire grève, ni empêché de la faire. Toute tentative d’intimidation, qu’elle vienne de l’employeur ou des collègues, est illégale et peut être sanctionnée.
Télétravail, paie et galères de transports
Et pour ceux qui ne font pas grève mais se retrouvent coincés par un barrage routier ou une ligne de métro paralysée ? « Juridiquement, le salarié a l’obligation de se rendre au travail et doit chercher des solutions alternatives. Mais s’il est dans l’impossibilité réelle de se déplacer, il ne peut pas être sanctionné », explique l’avocat. L’absence sera alors considérée comme justifiée… mais non rémunérée, sauf accord d’entreprise plus favorable.
Le télétravail peut être proposé comme solution de repli. Mais là encore, la règle est claire : « L’employeur peut le suggérer si le poste le permet, mais il ne peut pas l’imposer », rappelle Haïba Ouaissi. Certaines entreprises anticipent en fermant temporairement des sites ou en mettant en place des horaires aménagés.
Reste la question la plus sensible : la paie. La grève suspend le contrat de travail uniquement pour les heures non effectuées. Résultat, la journée est déduite du salaire. Pas de mauvaise surprise sur la fiche de paie donc, mais pas de rémunération non plus.
La garde des enfants, une « force majeure »
La grève et ses blocages ne perturbent pas seulement le trajet domicile travail. Ils touchent aussi la vie perso, notamment la garde d’enfants. Que faire si la crèche ou l’école ferme ? Dans certains cas, cela peut être considéré comme un cas de force majeure qui rend justifiée votre absence.
Notre rubrique Vie ProLe salarié doit d’abord chercher des solutions alternatives, mais « certaines conventions collectives prévoient des autorisations d’absence, parfois rémunérées », souligne l’avocat. Un coup d’œil à votre convention collective peut (parfois) réserver de bonnes surprises…


















