02:03
Pourquoi ça coince toujours pour les femmes dans les carrières scientifiques
la parité C’est pas gagné•Selon une étude OpinionWay pour le collectif Elles Bougent, les femmes qui se lancent dans les sciences rencontrent toujours des barrières au cours ou à l’issue de leur cursusYoussef Zein
L'essentiel
- L’étude de l’association Elles Bougent dévoilée ce mardi 24 septembre montre que les métiers scientifiques et technologiques restent inaccessibles pour de nombreuses femmes.
- Malgré des politiques favorables, la présence des femmes dans les métiers scientifiques reste faible. Elles ne représentant que 24 % des ingénieurs en France en 2023.
- Parmi les explications possibles : le manque de modèles féminins dans les sciences, mais aussi un sentiment de ne pas se sentir légitime ou à sa place malgré un niveau de diplôme et de compétences égal à leurs collègues masculins.
Les plafonds de verre s’effritent, mais tiennent bon. Quoique davantage intégrées dans les cursus et carrières scientifiques qu’avant, les femmes restent sur le banc de touche. Une étude nommée « Carrières en sciences : l’orientation est-elle toujours genrée en 2024 ? », réalisée par l’association Elles Bougent, met en lumière ces stéréotypes et ces freins tenaces. Par exemple, sur les quelque 6.125 femmes ingénieurs, techniciennes ou étudiantes ingénieurs et techniciennes interrogées, plus de 6 sur 10 affirment que les métiers de l’industrie sont peu accessibles.
Depuis sa fondation en 2005, l’association Elles Bougent mène des actions en faveur de la parité dans les filières et métiers scientifiques. Elle a souhaité tirer un bilan de cette situation : « Aujourd’hui comme dans les années à venir, l’IA, la décarbonation ou encore la transition écologique vont être des domaines clés pour les métiers scientifiques. Souhaite-t-on vraiment trouver des solutions à ces problématiques sans les femmes ? », s’interroge Valérie Brusseau, sa présidente.
Accélérez votre recherche d'emploi avec 20 Minutes & JobpassLe syndrome de l’imposteur
L’enquête affiche de nombreuses données sur cette absence de femmes, mais mets aussi l’accent sur le syndrome de l’imposteur. Particulièrement présent chez les femmes, il pourrait être défini par l’impression de ne pas être à la bonne place, de ne pas la mériter, d’occuper celle d’un autre ou de ne pas être compétent, malgré des succès scolaires ou professionnels.
« Ce syndrome est renforcé par une absence de figures féminines auxquelles se référer dans ces secteurs. Et puis les stéréotypes de genre, du type ''les maths, ce n’est pas pour les filles'', ont la peau dure », explique la présidente de l’association. L’étude montre en effet que 64 % des interrogées ont déjà entendu quelqu’un affirmer au cours de leur vie que les filles étaient « plutôt faites pour les études littéraires ».
Des freins invisibles
Selon la 34e enquête annuelle de l’Observatoire des ingénieurs et scientifiques de France, parue en septembre 2023, les femmes ingénieurs ne représentent que 24 % du total du 1,225 million d’ingénieurs du pays. Ce manque de représentation féminine est symptomatique de tous les métiers scientifiques.
Pourtant, Valérie Brusseau affirme que « les entreprises qui incluent au moins 20 % de femmes dans leur effectif voient leur productivité et leur efficacité décuplée. » Une étude publiée par McKinsey en 2020, nommée « Diversity wins : How inclusion matters » allait aussi en ce sens.
Par son action, l’association Elles Bougent cherche à « renforcer l’inclusion en alertant sur ces stéréotypes. Pour que le sujet avance, il faut continuer d’alimenter le débat public », détaille la présidente. De façon quasi annuelle, un collectif d’associations de femmes scientifiques (Femmes Ingénieures, Femmes et Mathématiques…) publie une liste de propositions pour remédier à ces déséquilibres. Dans le lot, on retrouve la systématisation de la présence de femmes dans les jurys de thèses et mémoires, le renforcement de la présence féminine à des postes clés des entreprises ou encore une revalorisation des sciences dans les cursus primaires et secondaires. Élémentaire.



















