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Travailler pour Paris 2024 mais en Province, c’est possible

Travailler pour Paris 2024 mais en Province, c’est possible (et c'est pas l'offre qui manque)

faites vos jeuxPour leur bonne tenue, les Jeux ont aussi besoin de recruter en région
Youssef Zein

Youssef Zein

L'essentiel

  • Il reste environ 11.500 postes à pourvoir pour les Jeux olympiques, notamment dans les domaines de l’accueil, de la restauration, des transports, ou encore de la sécurité.
  • Si le Comité d’organisation et les collectivités locales vantent une expérience unique, le salaire proposé, autour du Smic, et les horaires, peuvent refroidir certains.
  • A Lille, Actual Events a réussi à recruter les 300 intérimaires nécessaires par ses propres moyens. Si vous êtes à la recherche d’un travail et avez envie d’apporter votre pierre à l’édifice olympique, vous gagnez peut-être à regarder le site d’annonces d’emplois officiel des JO mais aussi à vous renseigner auprès des agences de recrutement locales.

Et si l’épreuve la plus difficile des JO était celle… du recrutement ? Il n’y a qu’à regarder les derniers chiffres des préparatifs, et notamment du personnel, mobilisé pour les échéances olympiques et paralympiques pour s’en convaincre. Le Comité d’organisation et France Travail peinent à mettre tout l’effectif sur le terrain : d’après un article du Monde, il resterait quelque 11.500 offres d’emploi encore à pourvoir à l’approche de la compétition. Un manque qui concerne le marché francilien certes, mais aussi les régions qui recevront plusieurs épreuves cet été.

Que ce soit dans le domaine de l’accueil, des hôtels et restaurants, de la grande distribution, du secteur des médias, du tourisme, du transport et de la logistique, de la restauration rapide, de l’intérim et de la sécurité privée, des offres par milliers sont ouvertes : les JO, c’est aussi une affaire qui concerne la Province.

Des offres de métiers en tension

Bordeaux, Lyon, Marseille, Nantes, Nice, Paris, Saint-Etienne et Châteauroux accueilleront plusieurs épreuves pour épauler la Ville Lumière. Et dans chacune d’elles, les propositions de postes ne manquent pas : le site « Recrutement Paris 2024 » propose à lui seul 1.400 propositions d’emplois « dans toute la France » (comprendre Paris et les régions concernées par les JO). Le 11 mars dernier, il restait encore 2.000 postes à pourvoir dans le sud selon la Maison de l’Emploi de Marseille. Une opportunité à saisir ? Oui, clairement si vous êtes étudiant ou à la recherche d’un emploi, avec l’envie de participer à un événement d’envergure planétaire. Peut-être pas, si vous êtes plus exigeant. Car ces offres concernent souvent des métiers perçus comme peu attractifs, d’ailleurs déjà en tension. Même pour la beauté des Jeux, « une expérience unique » dixit les recruteurs, le salaire autour du Smic et les horaires tardifs ou à rallonge ont de quoi rebuter les candidats les plus frileux.

Les boîtes d’intérim tracent leur route

Arnaud Le Lann, directeur de Actual Events, société chargée de superviser l’accueil de l’Arena Decathlon et du stade Pierre Mauroy de Lille, indique, pour sa part, avoir rempli ses effectifs d’intérimaires. Les épreuves de handball et de basket de Paris 2024 pourront s’y dérouler sans encombre. Arnaud Le Lann pointe le manque d’efficacité des pouvoirs publics sur ce type de mission : « On a recruté environ 300 personnes par nous-mêmes car on connaît le marché et on a l’habitude de travailler sur des événements sportifs d’envergure. Tous ceux que l’on connaît ont fait pareil. Si les acteurs publics savaient nous trouver des gens dans l’urgence, ça se saurait. » Institutionnel ou privé, il vaudrait mieux que tous les acteurs concernés se mettent à tirer dans le même sens, et vite, car la date butoir du 26 juillet se rapproche tous les jours un peu plus.