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« Travailler dans une banque engagée, c’est choisir un métier d’avenir »

« Travailler dans une banque engagée, c’est choisir un métier d’avenir »

carrièreMaud Caillaux est la cofondatrice de Green-Got, couronnée start-up française la plus prometteuse de l’année par LinkedIn
Salomée Tafforeau

Salomée Tafforeau

«Financer des projets à impact sans débourser un centime de plus. » Si la promesse de Green-Got, une banque avec « l’éthique en plus », parle à ses clients, elle fait aussi mouche sur le marché du travail. Sa cofondatrice Maud Caillaux était l’un des invités stars du salon de recrutement Impact Job Fair, qui se tenait à Paris le 12 octobre. On comprend pourquoi : élue start-up la plus prometteuse de l’année par le classement LinkedIn 2023, Green-Got remet du sens dans un secteur qui a perdu de vue les problématiques environnementales et sociales : à l’heure actuelle, les 11 principales banques de la zone euro cumulent un stock de plus de 530 milliards d’euros d’actifs liés aux énergies fossiles, soit 95 % du total de leurs fonds propres. Rencontre avec Maud Caillaux.

Une banque écoresponsable, qu’est-ce que ça veut bien pouvoir dire ?

Une banque écoresponsable, c’est une banque qui permet à chacun de mettre son argent au service de la transition écologique et énergétique en l’extrayant du système bancaire traditionnel pour l’orienter vers des projets éthiques. Chez Green-Got, nous finançons par exemple l’entreprise bretonne Ecotree, qui œuvre à la reforestation des forêts qui ont brûlé. Nous investissons aussi dans le développement de fermes solaires en Inde ou en Turquie, pays qui dépendent actuellement du charbon.

La sécurité de l’emploi dans le secteur bancaire n’est plus ce qu’elle était. Les banques écoresponsables ont-elles une meilleure chance de survie face à la crise économique ?

Qu’on se le dise, l’économie verte et solidaire est rentable. Dans toute crise, il y a des opportunités à saisir. Financer la transition énergétique n’est pas faire acte de charité, c’est un investissement. Les énergies renouvelables vont occuper des parts de marché formidables à l’avenir. Alors que les entreprises à fort impact carbone risquent de voir leur croissance freinée sinon stoppée par les réglementations. Travailler dans une banque engagée, c’est choisir un métier d’avenir.

L’éthique, ça passe aussi par la qualité de vie au travail ?

Chez Green-Got, nous appliquons une culture d’entreprise inspirée du modèle anglo-saxon, qui place l’employé au centre. Le maître-mot est la souplesse. Les horaires sont adaptables, par contre il faut être prêt à mettre la main à la pâte. Nous n’avons pas l’ambition d’être un petit produit vert et vertueux : nous voulons peser à l’échelle mondiale et changer un système financier qu’on croyait jusque-là immuable.

Quel type de candidats attirent les banques écoresponsables ?

Depuis quelques années, les acteurs du secteur bancaire traversent une crise de sens. Ça ne touche pas que les jeunes. Nous avons dans nos rangs des anciens d’Apple ou de la Société générale qui, à 10 ans de la retraite, ont quitté des postes haut placés et très bien payés parce qu’ils n’y trouvaient plus de sens.

Quels sont les critères de recrutement d’une banque écoresponsable ?

Que vous ayez le bac ou que vous sortiez de chez HEC, ce qui nous intéresse, ce ne sont pas tant vos diplômes que vos valeurs écologiques, votre expérience, votre talent et votre motivation. Pour une seule offre de poste, on reçoit jusqu’à 850 candidatures. Il faut être prêt à se démener pour passer entre les mailles du filet !