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C’est quoi la tendance des « fashion boobs » (et pourquoi c’est un problème) ?
complètement sein-sein

Entre la tendance et la revanche, c’est quoi les « fashion boobs », la nouvelle obsession sur les réseaux sociaux ?

Sous le hashtag #fashionboobs, une ribambelle de vidéos faisant l’éloge des petites poitrines, la nouvelle lubie des réseaux sociaux
Christelle Pellissier

C.P.

L'essentiel

  • Sur les réseaux sociaux, les « fashion boobs » (« les seins tendance »), qui désignent les petites poitrines, font le buzz.
  • Les utilisatrices revendiquent leur petite poitrine à travers cette tendance, rappelant au passage les nombreuses moqueries subies sur leur physique par le passé.
  • Certaines voient les « fashion boobs » comme un retour au naturel, d’autres prônent l’acceptation de soi, mais cette tendance peut dissimuler un énième diktat.

«Une femme sans poitrine, c’est un lit sans oreillers », peut-on lire dans La Rôtisserie de la reine Pédauque d’Anatole France. Une citation qui en dit long sur les standards de beauté qui encensent depuis fort longtemps les poitrines généreuses. Mais la donne pourrait changer - à en croire les réseaux sociaux tout du moins. Sur TikTok et Instagram, les termes « fashion boobs » (« les seins tendance ») deviennent viraux et sont associés… aux petites poitrines.

Un phénomène qui n’a pas échappé aux principales concernées, ravies de prendre une revanche qu’elles estiment bien méritée. Dans les vidéos reprenant le hashtag #fashionboobs, les utilisatrices en question n’hésitent pas à énumérer les moqueries endurées par le passé : « les petits seins, ce n’est pas féminin », « on dirait des pecs », « planche à pain » ou « piqûre de moustique ». Et de jubiler en évoquant cette nouvelle trend.

Moins d’artifices, plus de naturel

Il est désormais question d’assumer haut et fort sa petite poitrine. « Ce que j’ai ressenti la première fois que j’ai entendu les termes "fashion boobs" », déclare fièrement l’utilisatrice Imogen Livitsanis. « POV : t’es complexée par tes petits seins mais tu viens d’apprendre que t’as des "fashion boobs" », clame une autre. « Quand les "fashion boobs" commencent à être tendance et que tout le monde veut se faire réduire la poitrine », s’amuse « Lisa - Body Positivity ».

L’utilisatrice n’a pas tout à fait tort. Les demandes de réduction mammaire n’ont cessé d’augmenter ces dernières années. En 2023, un rapport de l’American Society of Plastic Surgeons (ASPS) faisait état d’une hausse de 7 % de ces interventions, et de 9 % des retraits d’implants, bien que les augmentations mammaires soient restées majoritaires dans le pays. Au Royaume-Uni, en revanche, les réductions mammaires et les retraits d’implants les ont dépassées pour la première fois en 2025, d’après des données de la British Association of Aesthetic Plastic Surgeons (BAAPS) rendues publiques par The Guardian. La quête de confort, associée à « des modes de vie plus actifs », expliquerait cette tendance.

Ode à l’acceptation de soi ou énième diktat ?

Il est difficile de savoir pourquoi les femmes ont recours à ce type d’interventions. Cela peut aller des problèmes de dos ou des irritations cutanées, comme le souligne la BAAPS, à la volonté de s’affranchir de certaines injonctions. De Victoria Beckham à Pamela Anderson, nombre de célébrités ont fait retirer leurs implants mammaires ces dernières années, affirmant vouloir en finir avec ces artifices. « Je me détache de ce corps […] dont je croyais qu’il était indispensable pour être attirante, pour être aimée, pour réussir, pour être heureuse », a déclaré Alyssa Milano sur Instagram le jour de son intervention. Des role models qui ont pu influencer ce retour au naturel, et plus exactement cette ode aux petites poitrines.

Mais un diktat peut aussi en chasser un autre. Cette obsession pour les petites poitrines peut être mise en parallèle avec le retour de la maigreur sur les podiums. D’après Vogue Business, 97,6 % des looks présentés pour la saison automne-hiver 2026 correspondaient à des tailles comprises entre le 32 et le 36. Loin du body positive, les clavicules et côtes saillantes, tout comme les… petites poitrines, sont redevenues les reines des défilés. « Il y a un peu cette fausse idée qu’être maigre, c’est être chic, être riche », expliquait la directrice de casting Esther Boiteux à l’AFP, en octobre dernier. Des termes que l’on retrouve désormais accolés aux « fashion boobs », libération pour certaines, énième diktat pour d’autres. Et si on se disait, plus simplement, que tous les boobs étaient « fashion » ?