Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Avec « Planète océan », immersion jusqu’aux abysses à l’Atelier des Lumières
PÊCHE D’ENFER

« Planète Océan » : On a plongé dans les abysses sans se mouiller (ni éco-anxiété) à l’Atelier des Lumières

Proposé jusqu’en janvier 2027, ce spectacle immersif entraîne petits et grands par les grands fonds
Christophe Séfrin

Christophe Séfrin

L'essentiel

  • L’Atelier des Lumières à Paris propose son nouveau spectacle « Planète océan, immersion vers les profondeurs » du 16 octobre 2026 au 3 janvier 2027.
  • Cinquante minutes durant, le visiteur plonge au cœur des fonds marins et en découvre certains secrets à l’aide de projections aux images gigantesques et impressionnantes.
  • Ludique, mais aussi informatif, le voyage à effectuer en famille compose une ode sensible à la mer et à ses habitants.

Mobilis in mobile ! Pas besoin de palmes, de masque ou de tuba pour tutoyer les murènes durant les vacances. Direction L’Atelier des Lumières à Paris où la nouvelle expérience baptisée Planète Océan, immersion vers les profondeurs plonge petits et grands jusqu’à 6.000 mètres de profondeur. L’ancienne fonderie du XIXe reconvertie en salle de projection à 360° propose à ses visiteurs une descente vers les abysses, dont chacun pourra remonter des trésors de souvenirs. 20 Minutes a retenu son souffle pour 50 minutes de spectacle en apnée.

Des expériences qui en mettent plein la vue

En passant les portes de l’Atelier des Lumières, on est toujours surpris par le décor de cette ancienne fonderie construite en 1835 et fermée un siècle plus tard. Restauré, mais ayant conservé son caractère industriel avec ses poutres métalliques, son réservoir d’eau ou ses bassins de refroidissement, ce lieu emblématique du quartier de la Folie-Méricourt a réouvert ses portes en 2018 sous l’impulsion de Culturespaces. Le gestionnaire de monuments et musées y a planté son centre d’art numérique. Depuis, les spectacles immersifs s’y succèdent à bon rythme. Gustav Klimt ou Van Gogh, Le Petit Prince, Tintin ou Astérix ; mais aussi Dinosaures ; Destination Lune… des expériences qui en mettent plein la vue.

Les créatures les plus merveilleuses peuplent le spectacle "Planète océan" à l'Atelier des Lumières.
Les créatures les plus merveilleuses peuplent le spectacle "Planète océan" à l'Atelier des Lumières. - Christophe Séfrin/20 Minutes

Vidéos à 360° du sol au plafond et sur des murs jusqu’à 10 mètres de hauteur, jeux de fumées et de lasers, son spatial, pour Planète Océan, les 140 projecteurs du site sont en action. La plongée s’effectue sur sept paliers, de la surface moins 6.000 mètres. Ainsi, le spectacle débute-t-il sur le pont d’un bateau. Le phare du navire semble plus vrai que nature en faisant tourner dans l’immense salle de 3.300 m2 ses puissants rayons lumineux.

Deux jeunes océanographes à bord

Durant notre voyage 20.000 lieues sous les mers, une voix féminine nous accompagne et nous sert de guide : celle de la comédienne Anne Marivin. La narration a été coécrite par deux jeunes océanographes de 25 ans, Lisa Brenot et Maé Dany-Fort. La production de Planète Océan s’est ainsi rapprochée des créatrices de l’espace de médiation scientifique autour des océans qu’elles ont fondé à la fin de leurs études, Café Nemo.

Deux jeunes océanographes de 25 ans, Lisa Brenot et Maé Dany-Fort, ont apporté leur expertise à «Planète océan».
Deux jeunes océanographes de 25 ans, Lisa Brenot et Maé Dany-Fort, ont apporté leur expertise à «Planète océan». - Christophe Séfrin/20 Minutes

« Notre rôle était de superviser les textes de la voix off, de valider que ce qui est dit est scientifiquement juste, mais aussi de simplifier des concepts qui peuvent être un peu complexes pour ce que soit accessible et compréhensible par le grand public », explique Lisa Brenot à 20 Minutes. Impossible ainsi de se perdre dans les profondeurs de Planète Océan.

Des poissons qui dansent en écoutant MGTM

Pour faire rêver les plongeurs en herbe, le spectacle distille au gré de leur descente et à mesure que la lumière disparaît de multiples informations. Ici, avec la contemplation des gravures du zoologiste Ernst Haeckel (1834-1919), dont les dessins ont très tôt documenté les fonds marins. Là encore, avec cette raie manta venue prétentieusement déployer ses sept mètres d’envergure sur les murs de l’Atelier des Lumières.

À moins 180 mètres, place au Rorqual commun. Le plus grand mammifère ayant existé depuis les dinosaures est ici présenté grandeur nature… Un monstre marin de 20 mètres de long, capable de se maintenir 90 minutes dans les profondeurs sans remonter à la surface pour respirer ! « Mais le record est détenu par la Baleine Cuvier, qui, elle, peut se maintenir en apnée plus de trois heures », précise l’océanographe Maé Dany-Fort à 20 Minutes.

Des projections du sol au plafond à l'Atelier des Lumières pour le spectacle «Planète océan».
Des projections du sol au plafond à l'Atelier des Lumières pour le spectacle «Planète océan». - Christophe Séfrin/20 Minutes

On s’éblouit aussi de ces bancs de poissons se livrant à un magistral ballet sous-marin sur la musique du groupe MGMT (Time to Pretend). Ou, sur les sons électroniques de Nils Frahm, au défilé gracieux de ces pieuvres translucides qui éclairent nos grands fonds de poésie. Magique ! L’Atelier des Lumières va-t-il aussi renflouer le Titanic ? Non, mais en découvrant les restes d’un vieux chalut englouti par les eaux, on apprend que ce sont sans doute trois millions d’épaves qui jonchent les fonds marins de la planète… Pas de sas de décompression à l’heure de remonter à la surface, mais on croise tout de même sur notre trajet retour quelques cachalots qui dorment… verticalement !

Pour pêcher des idées de sortie, c'est ici!

Revenus à bon port et retrouvant la terre ferme, c’est un sentiment de féerie visuelle et sensorielle qui domine. Avec presque un goût de trop peu tant on aurait aussi aimé se frotter à encore davantage de ces créatures énigmatiques. La jeune océanographe Maé Dany-Fort renchérit : « le truc qui est très intéressant, c’est que cette immersion casse tout phénomène d’éco-anxiété. Le but est vraiment d’émerveiller et de faire comprendre aux gens que c’est beau ». Mariage entre l’art et la science, Planète Océan a donc pris le parti de ne pas parler de protection de l’environnement. Le message est induit. Visiblement, jeunes et moins jeunes sortent conquis. Le poisson a mordu.

* Du 16 octobre 2026 au 3 janvier 2027. 38 rue Saint-Maur, 75011 Paris. Tarifs : de 11 euros (3 - 11 ans) à 18 euros (plein tarif).