Turbulences, foudre, toilettes : un steward démystifie vos angoisses en avion
Passé d’animateur radio à steward (et influenceur), Mathieu Allouch prodigue conseils et astuces pour en finir avec le stress en avionChristelle Pellissier
L'essentiel
- L'aviophobie touche entre 10% et 25% de la population selon les études, mais l'avion reste le moyen de transport le plus sûr avec seulement 0,06 accident mortel par million de vols d'après l'IATA.
- Mathieu Allouch, ancien animateur radio reconverti en steward, démystifie les peurs courantes des passagers dans le livre « Le guide anti-stress de l’avion » (Gallimard Loisirs), sorti le 25 septembre.
- • Les consignes de sécurité sont « ultra importantes » selon le steward car elles « servent à la fois à présenter les règles à respecter mais aussi à faire appel à la mémoire vive, celle qui va permettre de gagner un temps précieux en cas d'urgence ».
Quelle angoisse ! Tout content que l’on soit de quitter le train-train quotidien pour s’envoler vers une destination paradisiaque, une peur subsiste au moment du décollage : va-t-on arriver entier ? Le phénomène est tout sauf marginal, l’aviophobie touchant entre 10 % et 25 % de la population, selon les études. On l’a d’ailleurs tous expérimenté : il suffit d’une seule turbulence pour faire vaciller les certitudes de chacun et installer la panique à bord.
Mais d’où viennent ces angoisses ? Car si le taux global d’accidents a légèrement augmenté en 2024, d’après les données de l’Association du transport aérien international (IATA), le risque reste infime avec 0,06 accident mortel par million de vols. Qu’on se le dise, malgré les craintes, l’avion est toujours le moyen de transport le plus sûr.
C’est le message que souhaite transmettre Mathieu Allouch, ancien animateur radio et TV reconverti en steward, avec Le guide anti-stress de l’avion. A travers son expérience personnelle, entre anecdotes et astuces, il répond aux questions les plus folles que les passagers peuvent se poser. « On a imaginé un guide qui servirait de 'doudou' à toutes les personnes qui ont un peu les mains moites avant de prendre l’avion », explique l’auteur du compte Instagram@mathieu_le_steward. Lequel a accepté de tordre le cou, pour 20 Minutes, aux idées reçues qu’on a tous en tête au moment d’embarquer.
Une turbulence, on va tous mourir !
C’est un classique. L’avion bouge une fois, deux fois, trois fois… Heu, les gars, c’est normal ça ? Et de tous se scruter en quête d’une certaine forme de solidarité. Mais les turbulences doivent-elles (vraiment) être une source (d’autant) de stress ? « A ce jour je n’ai pas d’exemple à vous donner d’avion qui se serait écrasé à cause de turbulences. Alors oui, les turbulences, ça surprend, ce n’est pas confortable et j’ai même envie de dire que ça peut faire hyper peur ! Mais rassurez-vous, l’avion est fait pour encaisser les turbulences », indique le steward. La seule chose à faire en cas de turbulences : garder sa ceinture pour éviter les blessures.
Et si on se prend la foudre ?
Forcément, prendre l’avion quand il y a un orage, ça fait flipper. Alors, que risque-t-on en cas de coup de foudre ? « A titre personnel je ne l’ai jamais vécu, mais si je peux vous rassurer : l’avion a été fabriqué pour encaisser le phénomène ! », tempère Mathieu Allouch. Et d’expliquer : « Le 'jus' va traverser la cabine sans risque pour ses occupants. On entendra très certainement un gros bruit, les lumières pourront peut-être clignoter quelques secondes, mais pas de risque pour l’aéronef ». Le professionnel rappelle par ailleurs que l’objectif est d’éviter les orages, mission notamment gérée par les équipes au sol qui préparent la route.
On peut se crasher si le hublot reste fermé ?
Un classique. A chaque décollage et atterrissage, c’est la même rengaine, il faut relever son siège, ranger sa tablette, ouvrir le hublot et ne (surtout) pas désactiver le mode avion. Et on s’est tous imaginés, à un moment ou à un autre, faire acte de rébellion, et laisser ce fichu hublot fermé. Ca ferait quoi après tout ? « Ca ne risque pas de faire faire un looping à l’avion, pas de panique ! », rassure le steward. Ah, on le savait ! Mais… « S’il reste fermé, ça va nous (et vous) empêcher de voir ce qu’il y a à l’extérieur. Non pas pour admirer les nuages, mais plus en cas d’urgence si on doit évacuer l’avion ! », poursuit-il. Toute anomalie doit être repérée par le personnel navigant, mais pas que. Les passagers peuvent aussi être une source d’information quant à un éventuel problème, à condition bien sûr de voir ce qu’il se passe à l’extérieur.
Les consignes de sécurité, ça sert à quoi ?
Il y a ceux qui les écoutent attentivement et ceux qui ont déjà le nez dans leur bouquin, faisant fi de chaque geste - pourtant avisé - réalisé par le personnel de bord. Alors, les consignes de sécurité sont-elles vraiment utiles ? « Elles sont ultra importantes et il est bien dommage qu’une partie des passagers n’y prêtent pas tant d’importance », se désole Mathieu Allouch. Et d’expliquer : « ces consignes servent à la fois à présenter les règles à respecter mais aussi à faire appel à la mémoire vive, celle qui va permettre de gagner un temps précieux en cas d’urgence ». Que les moins assidus se rassurent, au moindre incident, l’équipage rappelle ces consignes, guide les passagers et continue d'assurer leur sécurité.
Faire l’amour dans l’avion, bonne idée vraiment ?
C’est l’un des plus gros fantasmes des Français, mais est-il vraiment réalisable (légalement, physiquement et concrètement) ? Pas si sûr, si l’on considère l’exiguïté et l’état de propreté des toilettes - mais chacun fait ce qu’il veut - et davantage encore le fait que le personnel navigant les inspecte toutes les 15 minutes. Et c’est sans compter sur ce que cela induit, à savoir une exhibition sexuelle en bonne et due forme, en l’occurrence punie par la loi. Rien de très réjouissant en somme.



















