Que faire au Portugal ? Les bons plans d’un guide local
voyage voyage•Léonard Millot, agent de voyage au Portugal, nous livre ses meilleurs conseils pour s’évader hors des sentiers battusC.F.
L'essentiel
Résumé :
- Léonard Millot est un agent de voyage français marié à une franco-portugaise, qui promeut sa région d’adoption, le Minho, située au nord de Porto, en mettant en avant son histoire millénaire, ses paysages entre mer et montagne, et ses spécialités comme le vinho verde.
- La ville de Guimarães est à visiter absolument selon lui, de par son rôle de berceau du Portugal en tant que ville natale du premier roi, la beauté de son centre-ville médiéval préservé, ainsi que pour sa gastronomie.
- Parmi les monuments à voir également, Léonard cite le château et le palais de Bragança à Guimarães, la cathédrale de Braga, ainsi que le sanctuaire du Bom Jesus do Monte qui surplombe toute la région.
Léonard Millot est un Français marié à une franco-portugaise. Avant de devenir agent de voyage spécialiste du nord du Portugal pour l’agence Evaneos, il travaillait dans la communication et l’événementiel dans une société de jeux vidéo française. Sa nouvelle vie vient de ses séjours au Portugal et de la volonté d’un membre de la famille de son épouse d’ouvrir une maison d’hôtes avec une vraie expérience d’accueil à la portugaise. C’était le partenaire idéal pour commencer ! Léonard a passé plus d’un an à sillonner le pays, à le découvrir en profondeur et à tester d’innombrables activités dans le but d’être en mesure de proposer l’expérience la plus authentique possible à ses clients.
Si vous deviez décrire votre région en quelques phrases…
Le Portugal est riche de nombreuses régions intéressantes et diverses mais je m’évertue à promouvoir « ma » région, le Minho, trop souvent oublié par les voyageurs. C’est une région verdoyante, située au nord de Porto, riche d’une histoire millénaire, entre mer et montagne et reconnue pour abriter le vinho verde, un vin AOP, qui n’a plus de vert que le nom.
Quelle est la ville à ne pas manquer ?
La ville de Guimarães, berceau du Portugal et ancienne capitale. C’est ici qu’est né Dom Afonso Henriques, le premier roi du pays. C’est un endroit trop souvent oublié du voyageur, avec un passé et une histoire incroyable et un centre-ville extrêmement bien préservé ! Cerise sur le gâteau, la gastronomie est riche et de nombreuses très bonnes adresses sont concentrées dans cette ville hors du temps.
Quel est l’endroit incontournable ?
Porto, la ville invaincue, bien entendu. C’est le point de départ idéal au Portugal. Porto a beaucoup changé ses dernières années avec de nombreuses restaurations d’édifices autrefois gris et abandonnés. C’est une ville qui regroupe de l’histoire, de la gastronomie, un fleuve iconique et bien sûr, le Porto, vin éponyme à découvrir dans l’une des nombreuses caves qui bordent le fleuve Douro.
Les monuments historiques à voir absolument ?
Le château médiéval et le Paço dos duques de Bragança à Guimarães associés à un passage à Braga pour découvrir la cathédrale et son orgue absolument sublime et terminer par le Bom Jesus do Monte, son chemin de croix et son sanctuaire qui surplombe la région.
Un coin de paradis à l’abri des touristes ?
Le parc naturel Peneda – Gerês. Un concentré de nature avec une offre très diverse : le nord du parc, plus sauvage, plus brut avec ses villages typiques, ses randonnées techniques et le sud, plus orienté « famille » avec le grand barrage qui retient les eaux du Rio Cavado qui offre une zone dédiée aux activités d’eau : kayak, canyoning… Sans oublier ses magnifiques cascades.
Une activité (sortie, sport, art…) typique des habitants ?
Boire une « Super bock » ou une « Sagres », en mangeant des « Tremoços » devant un match de foot !
Le plat à déguster absolument ?
Cette suggestion ne fera pas l’unanimité mais j’ai envie de répondre « Arroz de Cabidela », littéralement « riz au sang de la poule ». C’est un plat typique de la région du Minho, aux racines quasi antiques, où le riz est cuisiné en additionnant le sang d’un coq ou d’une poule fraichement tué et du vinaigre.
Si l’on devait manger dans un seul restaurant…
MISTU à Porto, une cuisine Portugaise moderne et revisitée dans un cadre bar/restaurant « années 1930 ». Superbe !
Un artisanat indispensable, et où le trouver ?
Les azulejos portugais. De petits ateliers à Porto proposent d’authentiques pièces de faïence portugaise et organisent parfois des workshops pour apprendre à créer cette pièce portugaise unique !
Une expression typique à connaître ?
Vai para o caralho ! Attention, il ne faut pas dire ça, ce n’est pas très poli ! Cela veut dire « va te faire voir » « va te faire foutre » mais l’histoire de ce mot vient du « caralho » qui signifie historiquement la vigie du bateau, là où le matelot surveille les flots depuis le haut du mat. Dire « Vai para o caralho » était une punition en envoyant la personne en haut de son mat, tout seul, isolé !
Le cliché vrai sur votre région ?
Les habitants de la région do Minho jurent beaucoup, ce n’est pas un mythe !
Et le faux ?
Qu’ils mangent à une heure tardive, « à l’espagnole ».
Ce qu’il ne faut jamais faire quand on vient ici ?
Être stressé et/ou pressé sur la route. La conduite n’est sans doute pas la plus fluide du monde, mais ici on ne klaxonne pas à tout-va et on n’agresse pas verbalement les autres conducteurs. On prend son temps et son mal en patience.
L’info insolite à connaître sur la destination ?
Le Portugal est le plus grand producteur de liège au monde ! Le pays est responsable de plus de 60 % du volume de toutes les exportations, et possède une superficie de chêne-liège équivalente à un quart de celle de la Terre. On retrouve la majorité des exploitations dans la région de l’Alentejo.
L’objet à rapporter dans sa valise ?
Je reste sur mes azulejos mais si vous souhaitez changer un peu, alors une hirondelle en céramique est typique ! Ou une bonne bouteille de Porto.


















