Christelle Pellissier
L'essentiel
- L’ancien attaquant portugais Pedro Pauleta joue les coachs bien-être pour les voyageurs de plusieurs établissements Novotel dans le monde, dans le cadre d’une collaboration avec le PSG.
- Pour l’occasion, 20 Minutes a rencontré le footballeur retraité et l’a interrogé sur sa routine de légende du ballon rond et ses meilleurs souvenirs en clubs et avec la sélection portugaise.
- « C’est une énorme fierté d’avoir été le meilleur buteur de la sélection nationale et du PSG, mon pays et mon club de cœur », se réjouit Pedro Pauleta.
Une routine pensée par des légendes du Paris Saint-Germain. C’est le fruit de la nouvelle collaboration entre le club de la capitale et Novotel, qui intègre les rituels de Pedro Pauleta, Gregory van der Wiel, Nenê et Blaise Matuidi dans sept de ses établissements à travers le monde.
L’idée ? Adopter ou conserver une hygiène de vie saine en vacances ou lors de déplacements professionnels. L’ancien attaquant Pedro Pauleta, qui a concocté « des petits-déjeuners énergisants », se confie sur les rituels qui lui ont permis de devenir l’un des meilleurs buteurs du Portugal et du PSG, et partage ses meilleurs souvenirs avec les Rouge-et-Bleu.
Quel a été votre secret pour vous maintenir à un si haut niveau jusqu’à 35 ans ?
Marquer des buts (rire). Non, le secret c’est le travail individuel et collectif. J’avais bien sûr une qualité pour jouer dans cette position, je suis né pour marquer des buts. Pour moi, le football c’est le but, celui qui donne la victoire, celui qui permet aux supporters de faire la fête. C’est une énorme fierté d’avoir été le meilleur buteur de la sélection du Portugal et du PSG, mon pays et mon club de cœur.
Aviez-vous une routine particulière ?
Je me suis toujours préparé de la même façon. Je regardais beaucoup de matchs, je regardais aussi beaucoup les adversaires, les gardiens, leur façon de jouer. Je crois que c’est très important, ça permet d’anticiper certaines actions pendant le match pour trouver la meilleure solution, le meilleur espace, pour marquer des buts.
Jamie Vardy, qui a longtemps joué à Leicester, affirmait boire du Red Bull et fumer avant un match. Aviez-vous des coéquipiers qui avaient des routines disons… atypiques ?
Certains joueurs préparaient tout minutieusement, et d’autres fumaient et buvaient de l’alcool. Pour eux, le football c’était le jour du match, ils ne se préparaient pas forcément en amont. C’étaient des bons joueurs, des grands joueurs, qui ont fait une longue carrière, mais ce n’était pas un bon exemple. Deux ou trois joueurs très importants et très connus de la sélection portugaise fumaient leur cigare à la mi-temps de certains matchs, mais je ne donnerai pas de nom.
Les clubs dans lesquels vous êtes passé, dont le PSG, vous ont-ils imposé une routine commune ?
Dès que j’ai été capitaine au PSG, j’ai essayé de faire ça. Je trouvais que c’était important d’être ensemble, d’avoir un esprit de groupe. On pouvait se retrouver pour dîner une fois par mois, par exemple.
Avez-vous craqué à certains moments, notamment en matière d'alimentation ?
A la maison, je mangeais toujours portugais. J’ai mangé de tout pendant toute ma carrière. Je savais quand je pouvais abuser ou, au contraire, quand je devais contrôler. Il faut équilibrer. Je ne suis pas quelqu’un qui se focalise sur un régime spécifique. Pour être bien sur le terrain, pour marquer des buts, il faut être bien avec soi-même et se faire plaisir.
Quel a été votre secret pour gérer la pression en cas de blessure ou pendant les périodes où vous ne parveniez pas à trouver les filets ?
Un joueur professionnel est toujours censé être sous pression. Je me suis toujours mis la pression. En tant qu’attaquant, il y a eu des moments où je ne marquais pas, mais je savais que si je travaillais ça allait revenir. C’est aussi une question de confiance en soi. Bien sûr qu’il y a des moments difficiles, mais ça fait partie de la vie, et le plus important est de rester confiant. C’est ce qui permet à un joueur de haut niveau d’éliminer la pression qui existe dans le football.
Comment avez-vous géré l’arrêt de votre carrière ?
Bien. Je continue à faire du sport tous les jours, que ce soit du footing, du vélo, du padel ou du football. C’est important d’avoir une bonne hygiène de vie. Quand on est footballeur, on a une carrière très courte, donc il reste plus de la moitié de la vie pour faire autre chose, et profiter. Il y a certains moments où ce n’est pas facile, je l’ai moi-même vécu, mais il faut prendre du recul et prendre conscience qu’on a une belle vie. Il faut aussi s’occuper, ne pas rester constamment à la maison.
Il y a de plus en plus de joueurs qui prennent leur retraite après 40 ans. Comment expliquer ça ?
Il n’y en a pas beaucoup. Mais c’est vrai qu’on voit de plus en plus de joueurs qui continuent après 35 ans, et je crois que c’est parce que les joueurs sont plus professionnels qu’avant. Aujourd’hui, chaque joueur a son propre kiné, son propre médecin, son propre préparateur physique, alors qu’avant ça n’existait pas, ou c’était rare. Il y a aussi le fait que les joueurs mangent mieux aujourd’hui. C’est ce qui leur permet de durer.
Au Japon, Kazuyoshi Miura joue encore à près de 60 ans. Vous vous imaginez reprendre le foot et jouer encore sept ans ?
Moi non, mais je crois que Nenê va faire mieux car il continue à jouer lui aussi. J’ai arrêté ma carrière à 35 ans. Je n’étais pas blessé, j’aurais pu continuer, mais j’avais trop de respect pour le football. Tout simplement parce que je n’avais plus cette envie d’aller à l’entraînement, de faire des efforts, d’être aussi professionnel que je l’ai été jusqu’au dernier jour. Ca ne m’empêche pas de jouer pour le plaisir. Demain, si on me donne des crampons, j’irai jouer et je marquerai des buts, c’est sûr. Mais ce n’est pas la même chose. Je dois respecter la profession, le football, c’est l’amour de ma vie.
Avez-vous un souvenir particulier avec le PSG ?
Ce but contre l’Olympique de Marseille au Parc des Princes (un lob sorti de nulle part sur Fabien Barthez lors du Clasico en 2004, ndlr). Tout le monde m’en parle quand je suis à Paris. C’était un moment incroyable. C’était mon premier Clasico, c’était contre l’OM, contre Barthez, donc on me parle toujours de ce but-là. Mais le plus important, ça reste les titres que tu gagnes pour un club, donc je garde en mémoire les titres en Coupe de France et en Coupe de la Ligue.