Victoria Berne
L'essentiel
- Naïka est une chanteuse franco-haïtienne née à Miami en 1995, qui a grandi entre plusieurs pays et dont le parcours nomade a façonné l’identité musicale.
- Sa musique, qu’elle qualifie de « World Pop », mélange les rythmes caribéens, la pop et le R’n’B dans plusieurs langues, avec des mélodies solaires.
- Elle connaît aujourd’hui un succès grandissant avec son album « Eclesia » et son titre « One Track Mind » qu’elle interprétera à la « Star Academy » ce samedi avec la candidate Leeloo.
Comme les premiers rayons de soleil qui viennent effleurer le visage, la musique de Naïka a ce petit quelque chose qui réchauffe instantanément. Chez la chanteuse franco-haïtienne, la douceur n’exclut ni la force, ni la profondeur.
Star internationale annoncée pour le deuxième prime de la « Star Academy » ce samedi, et forte de deux nominations aux « NRJ Music Awards » la semaine suivante, vous n’avez pas fini d’en entendre parler. À quelques jours de ces rendez-vous, 20 Minutes a rencontré une artiste aussi solaire que déterminée.
« Je n’ai jamais trop où était ma place dans le monde »
Les cases, elle ne se laisse pas enfermer dedans. Née à Miami en 1995 et d’origine franco-haïtienne, Naïka a grandi entre plusieurs pays, au rythme des déplacements professionnels de son père : « J’étais habituée à être la nouvelle, celle qui arrive un peu de nulle part et qui doit se réadapter à un nouvel environnement », raconte-t-elle. Mais dans cette contrainte, la chanteuse y voit aujourd’hui une grande richesse.
« C’est un énorme privilège. Ça m’a permis de découvrir beaucoup de cultures autour du monde qui m’ont formée, qui m’ont élevée et qui ont fait de moi celle que je suis aujourd’hui »
Sa liberté musicale ressemble finalement aujourd’hui beaucoup à son parcours. « Je suis quelqu’un qui ne rentre pas dans des cases. En tant qu’être humain, je n’ai jamais trop su où était ma place dans le monde », confie-t-elle à 20 Minutes. Et comme point d’ancrage dans son histoire : la musique est la constante. « Ça a toujours été mon grand amour depuis que je suis toute petite », sourit-elle. Fille unique, Naïka passe son enfance à inventer des spectacles, écrire des chansons et imaginer des pièces de théâtre : « J’aimais construire des choses à partir de rien du tout. La créativité, c’est quelque chose qui m’a toujours accompagnée ». Une ligne directrice qui n’était pas celle de ses parents qui la voyait faire des études plus conventionnelles… Mais à 18 ans c’est sur les bancs du Berklee College of Music de Boston, qu’elle s’installe : « J’ai beaucoup appris là-bas, c’était la première fois où j’étais vraiment dans un environnement avec d’autres gens qui partageaient les mêmes passions que moi. »
L’émotion qui guide l’écriture
Elle décrit sa musique comme de la « World Pop ». Les styles s’y mélangent dans la plus grande des homogénéités, navigant entre les rythmes caribéens, la pop et le R’n’B ; mais les langues aussi. En écoutant son premier album, Eclesia, il est facile de ressentir tout cela. Lorsqu’elle réalise sa musique, Naïka ne s’applique aucune méthode. « C’est toujours un processus que je suis en train de découvrir et qui me surprend toujours. Je me laisse un peu emporter par de nouvelles leçons du processus créatif », explique-t-elle.
« Les jours où je suis très émotive et que j'ai besoin d'exprimer quelque chose qui me pèse ou me tient à cœur, je pars souvent des paroles. Puis, je vois comment les instruments et les accords réagissent »
Et ces moments d’émotion se font ressentir, notamment à travers le titre What a Day. Si les chœurs apportent beaucoup d’entrain et de douceur au refrain, les paroles n’esquivent rien et abordent de face les injustices de notre monde, évoquant aussi bien les ravages de la guerre en Palestine que l’exploitation minière au Congo. Ce contraste fait toute la singularité de son univers : des mélodies solaires pour porter des émotions parfois bien plus sombres.
« Je savais que c’était un tube »
Si le parcours de la chanteuse l’a d’abord menée à chanter dans les bars et les casinos à son arrivée à Los Angeles, c’est aujourd’hui sur la scène du Studio 217 que son histoire se poursuit. « Je ne vais pas mentir, je suis nerveuse : c’est ma première télé et mon cœur bat à cent à l’heure », confie-t-elle. Une scène qu’elle partagera ce samedi avec la candidate Leeloo sur le titre One Track Mind, tube issu de son album et devenu un véritable phénomène sur les réseaux sociaux. Dès sa sortie du studio, Naïka avait d’ailleurs un pressentiment…
« Quand j’ai envie de réécouter une chanson un million de fois, je sais qu’il y a un truc », explique-t-elle. Avec One Track Mind, le doute n’a pas duré longtemps : « Je savais que c’était un tube. Je le savais ! »
Un succès qui s’apprête à changer de dimension, quand on connaît l’impact massif d’un passage à la « Star Academy » sur la popularité d’un morceau (le titre Particules de Miki en est la preuve récente). Un « nouveau challenge » pour la chanteuse, mais loin d’être le dernier… Car direction le tapis rouge des « NRJ Music Awards », grâce à ces nominations dans les catégories Révélation internationale et Hit international.
Parce que la musique se vit plus qu’elle ne s’écoute, Naïka s’apprête aujourd’hui à franchir un nouveau cap sur scène. Le 2 février prochain, elle investira le Zénith de Paris dans le cadre de sa tournée The Grand Tropical Tour. « Je prends les choses étape par étape. C’est toujours plus un challenge quand on est indépendants et qu’on doit faire ça avec les ressources qu’on a. Mais c’est un beau challenge, c’est comme ça qu’on grandit, qu’on s’améliore », conclut-elle.