Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Yaourt, jus d’orange, pain…. Le petit-déj expliqué à un enfant de 5 ans
a (u) table (au) !

Yaourt, jus d’orange, pain complet…. Le petit-déjeuner expliqué à un enfant de maternelle

Pour la Journée du petit-déjeuner, « 20 Minutes » a suivi les consignes de Lucas Bocquillon Liger-Belair passées aux écoliers pour bien manger le matin
Jérémy Vial

Jérémy Vial

L'essentiel

  • A l’occasion de la Journée du petit-déjeuner, 20 Minutes s’interroge sur ce rituel gastronomique à la fois culturel et intime.
  • Dans une classe de maternelle, Lucas Bocquillon Liger-Belair a présenté les bonnes pratiques du petit-déjeuner, constatant que les enfants consomment beaucoup de produits transformés et sucrés.
  • Eva Vacheau, biologiste et nutritionniste, souligne l’importance d’inclure « une petite dose de protéines » dans le petit-déjeuner des enfants, comme un produit laitier, pour favoriser la concentration en classe.

A(u) table(au) ! Une vingtaine d’élèves d’une classe de Grande section de maternelle en Essonne, assis à leur table de beau matin, n’ont pas bu les paroles d’Estelle, leur maîtresse, mais savourer les conseils de Lucas Bocquillon Liger-Belair. Cet étudiant en pharmacie de 24 ans, interne en biologie médicale à Brest, s’est présenté, dans le cadre de son service sanitaire*, devant des enfants afin de leur exposer les réflexes à adopter pour un petit-déj (et une journée) réussi. Trois, deux, un… C’est parti !

Des assiettes à la note sucrée

Pour mettre les bouts de chou en appétit, « Lucas » leur demande d’emblée ce qu’est, pour eux, un petit-déjeuner. A travers un premier atelier, les maternelles doivent, chacun leur tour, dans une assiette posée sur leur table, indiquer ce qu’ils prennent comme aliments, le matin à la maison. On y trouve des gâteaux, des petits pains, des Prince de Lu, du Nutella, de la confiture, mais aussi des biberons. « Pour la plupart, c’est assez complet, se réjouit Lucas. Mais il y a beaucoup de produits transformés. »

Dès lors, un temps d’échange s’instaure afin de dessiner les contours d’un petit-déjeuner bénéfique pour la santé. « Les enfants, il faut au minimum pour un petit déjeuner : un produit laitier, un produit céréalier, un fruit ou un jus de fruit frais [préparé soi-même ou acheté du ''pur jus''] et un verre d’eau. » Avec un mot d’ordre : « éviter le sucre ». « Dans les yaourts, il ne faut pas manger ceux avec des fruits ou ceux qui sont trop riches en sucre, prévient Lucas. On peut aussi le remplacer par un verre de lait. »

Pas vraiment étonnés, les élèves réagissent, en assurant avoir oublié le produit laitier dans leur assiette type. D’autres confient ne pas avoir faim le matin, ou ne pas avoir le temps de prendre de petit-déjeuner. Lucas détaille alors les bienfaits qu’apporte ce repas pour la journée d’un enfant de maternelles : « Ça va apporter toute l’énergie nécessaire pour être en forme le matin, notamment à la récré pour jouer avec les copains et les copines, assure-t-il. Aussi, ça permet d’être moins endormis et d’être plus concentrés sur ce que dit la maîtresse. »

Les buts du Nutri-Score et du sport

Une fois le petit-déjeuner bien défini, les enfants se penchent, avec gourmandise, sur l’atelier Nutri-Score. La plupart pointent du doigt les étiquettes Nutri-Score E, accolées sur une boîte de gâteaux ou un paquet de charcuterie sous blister. Dès lors, chaque lettre du Nutri-Score est expliquée de A, « meilleure qualité nutritionnelle », à E, « qualité nutritionnelle la moins favorable ». Un jeu d’enfants pour les maternelles. Un score qui prend en compte les éléments à limiter, comme les calories, le sucre, le sel, les acides gras saturés et ceux à favoriser, comme les fibres, les protéines, les fruits ou encore les légumes.

Après la réflexion, place à l’action. Les élèves sont invités à faire une activité sportive. Devant la classe, ces derniers tournent en rond, lèvent les genoux, font des talons-fesses… Car, c’est bien connu, « manger » et « bouger » sont liés. En France, la recommandation pour un enfant de 5 à 6 ans est d’au moins soixante minutes d’activité physique d’intensité modérée à soutenue par jour. Il est important de varier les exercices afin de développer l’endurance, la coordination, l’équilibre et l’agilité. Ainsi, à la fin des ateliers de Lucas, les enfants sont parés pour un bon petit-déj, et bien plus encore, quitte à « [re] faire la leçon » à la maison.

« Une petite dose de protéines » essentielle

En complément de cette expérience scolaire inédite, 20 Minutes a contacté Eva Vacheau. L’autrice**, biologiste et nutritionniste note, elle aussi, que les petits-déjeuners sont parfois « trop sucrés chez les enfants. Il faudrait au moins une petite dose de protéines. » Comment se matérialise cet apport ? « Par un produit laitier, comme un petit-suisse ou du Skir. Les enfants seront plus concentrés à l’école, car les protéines permettent de fabriquer de la dopamine. »

Notre rubrique A table !

Pour le jus de fruits, Eva Vacheau donne le même conseil que Lucas Bocquillon Liger-Belair à l’école, elle qui peut-être amenée, pour son enfant, « à diluer la moitié d’un verre de jus d’orange avec de l’eau ». Au produit laitier et au jus, notre experte ajoute, au petit-déjeuner, un « bout de pain ». « Le mieux est le complet ou l’intégral au levain, précise-t-elle. Si votre enfant n’aime pas, du pain ''normal''. Mais ils auront ainsi une petite dose de protéine supplémentaire. » En fonction du poids d’un enfant de 5 ans, les besoins en protéines peuvent varier entre 15 et 20 g de protéines par jour [environ 1 g de protéines par kilogramme de poids corporel et par jour]. Car oui, la dopamine est bien l’ami du petit-déjeuner - et de la journée - pour les petits, comme pour les grands.

*Pour lequel Lucas Bocquillon Liger-Belair a choisi le thème (nutrition et sport) et le public (élèves de maternelles). **Eva Vacheau a publié « Révolution Perte de Poids » et « Pulsions sucrées - Les comprendre pour enfin s’en libérer » aux éditions Le Courrier du Livre.