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C’est quoi les meilleures punchlines du dernier album d’Orelsan ?
basique, simple

Orelsan : on a écouté « La fuite en avant » et on a sélectionné les meilleures punchlines

Le rappeur Caennais, Orelsan, revient avec un cinquième album, « La fuite en avant ». Entre sarcasme, introspection et autodérision on a écouté ce nouveau projet pour dénicher les meilleures punchlines de l’artiste
Victoria  Berne

Victoria Berne

L'essentiel

  • Orelsan a sorti son nouvel album « La fuite en avant » le 7 novembre, trois ans après « Civilisation ».
  • L’album s’ouvre sur « Le Pacte », un titre percutant sur le coût de la célébrité où il répète « Tu l’as voulu, tu l’as eu, maintenant, assume ».
  • Avec 17 titres introspectifs, il règle ses comptes avec lui-même, abordant la célébrité, le couple, les amitiés et la paternité avec son cynisme habituel.

Orelsan n’a jamais eu peur des mots, encore moins de ceux qui piquent, ceux qui disent des vérités qu’on n’aurait jamais voulu entendre. Trois ans après son dernier album « Civilisation », le rappeur originaire de Caen revient avec « La fuite en avant » et ses 17 titres où il règle ses comptes avant tout, avec lui-même. Sorti ce 7 novembre, ce nouveau projet s’inscrit dans la continuité de nombreux autres : la sortie de son film « Yoroï » fin octobre et l’annonce de sa tournée avec 10 Bercy en 2026.

Moins frontalement social que « La fête est finie », plus introspectif que « Civilisation », ce disque navigue entre lucidité et autodérision. Comme s’il se regardait dans le miroir, le rappeur dissèque sa célébrité, le couple, les amitiés, la paternité… avec un cynisme qu’on lui connaît. Et comme souvent avec lui, certaines phrases frappent dès la première écoute. Voici (selon nous) les meilleures punchlines de « La fuite en avant ».

« Le Pacte » : un premier titre qui donne le ton

Ce nouveau projet s’ouvre sur un premier titre qui a l’effet d’une claque. Pendant quatre minutes et 28 secondes, le rappeur revient sur le coût de la célébrité, en rappelant tout au long de la musique, « Tu l’as voulu, tu l’as eu, maintenant, assume ». Il revient sur les effets secondaires de la notoriété : l’exposition permanente, les critiques, la déformation de soi.

« Tu l’as voulu, les détournements d’IA

Les citations bizarres où t’as pas vraiment dit ça

Les "tu prends du poids", "t’es moche", "tu vieillis mal"

Tu dis qu’ça t’fait rien mais d’vant la glace, tu t’sens minable

À force, tu mélanges le vrai toi avec ton image

T’es beau en vidéo donc t’aimes plus ton vrai visage »

Une claque d’entrée, et un aveu désarmant : Orelsan s’est fait piéger par sa propre notoriété, et le pacte est sûrement celui fait avec le diable.

La déclaration d’amour la plus passive-agressive de l’année

Les années passent, et l’amour ne s’écrit plus de la même façon. En 2017 avec « La fête est finie », le titre « Paradis » ne laissait personne indifférent : « Ils disent que, pour tenir un couple, faut l’entretenir tous les jours. Ces connards n’y connaissent rien en amour. Comme si j’devais faire un effort pour t’écouter, comme si j’avais déjà douté. »

Dans « Boss », la déclaration d’amour a quelque peu évoluer. Orelsan reconnaît avec humour et sans détour sa position avec sa chérie : il n’est pas le boss.

« Tout s’passe bien, c’est juste pas moi l’boss

J’vais pas m’plaindre, c’est une bonne patronne

C’est trop tard, j’changerai pas la donne

Elle a le final cut, c’est elle à la prod'

Chérie est têtue, chérie est très dure

Donc j’ferme juste ma gueule et j’exécute

Ça va plus vite de m’faire marcher d’ssus

Des fois, même quand j’ai raison, j’m’excuse »

Le double tacle maison

Depuis ses débuts, Orelsan a fait de sa ville un personnage à part entière. Mais sur « La Fuite en avant », il se permet quelques piques qui ont déjà fait réagir les supporters du Stade Malherbe. Dans le titre « Osaka », il lance un affectueux : « Fier de ma ville, même en Ligue 3. »

Mais dans « La Petite Voix », c’est beaucoup moins tendre : « Et fais pas semblant d’aimer ta ville, elle est claquée. Elle est morte, c’est pour ça qu’on vous appelle Caennais. Elle est remplie d’ploucs que tu peux même pas saquer. Ouais, tu vas faire couler ta ville comme les Mbappé. ». Même Kylian Mbappé y passe, dans une punchline qui a déjà tourné partout sur les réseaux, et où le joueur de foot n’a pas manqué de répondre.

Des punchlines Simple, Basique sur « Osaka »

C’est peut-être le morceau qui rappelle le plus le flow nerveux et l’humour désabusé des débuts. « Osaka » mélange introspection et ego-trip à la japonaise, revenant sur le nombre historique de Bercy qu’il réalisera lors de sa prochaine tournée : « Dix Bercy, j’ai toujours pas ma forme finale. »

Avant de poursuivre :

« Arrête, s’te plaît, arrête de forcer

C’est pas toi ni ta vie, c’est du cosplay

Y a que des putains d’poseurs, t’écoutes mon album à minuit quand il sort comme les chômeurs

T’es claqué comme, éclaté comme

Tu dit d’la merde, tu r’grettes et t’effaces tes com'

Plus tu parles dans l’vide, plus ça résonne »

Plus j’vieillis, plus j’baise des mères, c’est la norme »


Quand Orelsan s’autopsie

C’est l’un des morceaux les plus durs et les plus brillants du disque. Dans « La petite voix », on assiste à un face-à-face entre Aurélien Cotentin et son double artistique Orelsan, où le rappeur se parle comme un critique.

« On sait pas si t’es l’intello ou l’idiot du village. On sait pas si t’es Mélenchon ou la pute d’LVMH". Plus loin dans le titre, un couplet sur Caen ne va pas manquer de faire parler. »

Un long monologue intérieur, entre cynisme et crise d’identité, où il démonte méthodiquement son personnage public.

Et si on questionnait tous nos relations amicales d’enfance ?

Après avoir limogé papa, maman et papi dans « Fête de famille », Orelsan remet ça avec « Tellement d’amis ». Le constat est amer : les potes d’hier n’ont pas toujours évolué dans le même sens. Et comme souvent chez lui, la franchise fait mal.

« J’ai des amis depuis à l’école, depuis, j’peux dire qu’ils ont raté l’coche

Ils racontent que les mêmes anecdotes, de trucs qu’on a pu faire à l’époque

Pour eux, c’est stylé, pour moi, c’est glauque, ils veulent pas voir qu’ils sont passés d’mode

Je les appelle potes mais c’est pas mes potes parce que j’leur confierais pas mes gosses »

Même quand il s’éloigne de l’introspection, le rappeur continue de frapper fort. « SAMA » sonne comme une punchline géante sur la société d’aujourd’hui, et sur « Soleil Levant » en feat avec SDM, les références sont piquantes.