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Quelle baisse de salaire en mai à cause des jours fériés ?

Quelle baisse de salaire en mai à cause des jours fériés ?

BUDGETEn mai 2025, les occasions de souffler seront nombreuses, mais la paie pourrait en être bousculée
Fostine  Carracillo pour 20 Minutes

Fostine Carracillo pour 20 Minutes

L'essentiel

  • En mai 2025, les jours fériés s’enchaînent et promettent des semaines écourtées, mais aussi quelques subtilités sur la paie.
  • Entre jours chômés, ponts éventuels et travail imposé, le traitement du salaire dépend des accords collectifs et de l’ancienneté.
  • Salariés en poste, intérimaires ou congés payés : chacun doit connaître ses droits pour éviter les mauvaises surprises.

Avec ses 11 jours fériés, 2025 s’affiche comme une année propice aux pauses bien méritées, mais derrière ces instants de répit se glisse une interrogation plus concrète : comment votre salaire sera-t-il affecté, notamment en mai, mois jalonné de semaines écourtées ?

Entre jours fériés chômés, ponts accordés ou non, et travail parfois imposé selon les conventions collectives ou les dispositions légales, le calcul de la paie peut rapidement réserver quelques surprises aux salariés peu avertis.

Travailler un jour férié : ce qu’il faut savoir

Travailler pendant un jour férié n’a rien d’exceptionnel pour certains salariés : l’employeur peut l’imposer, selon son choix ou les règles fixées par la convention collective. Seule exception solide, le 1er mai, où le repos est obligatoire, sauf pour certains secteurs comme la santé ou l’hôtellerie. Les autres jours fériés, la liberté de travailler ou non dépend surtout du cadre fixé par l’entreprise, à l’exception des moins de 18 ans pour qui le repos reste la règle. Dans certaines régions comme l’Alsace-Moselle, les entreprises industrielles, commerciales ou artisanales doivent également respecter des jours fériés chômés.

Face à une demande de venir travailler, un refus expose le salarié à des sanctions, notamment une retenue sur salaire pour absence injustifiée. À noter aussi que si un jour férié est chômé, les heures perdues ne peuvent pas être récupérées : c’est l’une des rares garanties qui subsistent dans un système où les marges de manœuvre, entre obligations légales et accords collectifs, laissent peu de place à l’improvisation.

Quelles règles pour votre salaire ?

La rémunération d’un jour férié ne suit pas toujours la même logique selon la date concernée. Le 1er mai reste à part : s’il est chômé, le salarié conserve son salaire sans aucune perte, et s’il est travaillé, la paie est doublée, en vertu d’une règle immuable. Pour les autres jours fériés, tout dépend de l’ancienneté et des accords collectifs : passé trois mois dans l’entreprise, un salarié dont le jour est chômé ne subit aucune retenue sur son bulletin de salaire. Si le travail est maintenu, aucune majoration n’est imposée par la loi, mais certains accords peuvent prévoir un bonus spécifique qu’il faudra appliquer. La journée de solidarité, souvent fixée au lundi de Pentecôte, fait exception : elle doit être travaillée sans être rémunérée en plus.

Ce maintien du salaire concerne tous les salariés, quel que soit leur contrat, y compris les saisonniers dès lors qu’ils justifient de trois mois d’ancienneté continue ou cumulée. Enfin, si l’idée de « faire le pont » autour d’un jour férié vous séduit, sachez que ce privilège n’est jamais un droit : seule la décision de l’employeur peut permettre d’allonger officiellement le week-end.

Les règles du maintien de la rémunération

Un jour férié chômé n’a donc aucune incidence sur la fiche de paie : le salarié conserve l’intégralité de sa rémunération, comme s’il avait travaillé. Son salaire de base est garanti, tout comme les heures supplémentaires prévues par son horaire habituel si elles sont structurelles. Les primes, commissions et autres éléments variables liés au poste sont également maintenus, sauf lorsqu’il s’agit d’indemnités assimilées à des frais professionnels, qui, elles, peuvent disparaître si aucune dépense n’est engagée.

En clair, un jour férié chômé ne doit pas appauvrir la paie. L’ensemble des composantes habituelles de la rémunération continue de courir, sans réduction ni proratisation, à l’exception des sommes accessoires directement liées à des frais que le salarié n’aurait pas supportés en son absence.

Faire le pont en 2025 : ce que dit le droit du travail

Accorder un pont aux salariés, c’est ainsi tout sauf automatique. L’employeur peut choisir de fermer l’entreprise entre un jour férié et un week-end, mais cette décision obéit à des règles précises : soit il agit seul, soit il s’appuie sur un accord collectif ou une habitude bien installée dans l’entreprise. Dans tous les cas, il doit consulter les représentants du personnel s’il n’existe pas d’accord en vigueur, puis informer officiellement les salariés du changement d’organisation. S’il prévoit une fermeture temporaire, notamment pour imposer la prise de congés payés, une procédure spécifique est obligatoire. Impossible aussi pour un salarié de poser un congé sur un pont sans feu vert de l’employeur.

Quand un pont est accordé sans être comptabilisé en congé, les heures perdues peuvent être récupérées, mais sous conditions : dans l’année qui entoure l’interruption, sans excéder une heure supplémentaire par jour ni huit heures par semaine. Cette organisation doit être communiquée à l’inspection du travail. En 2025, les occasions de s’offrir une belle parenthèse seront nombreuses, avec des jours fériés stratégiquement placés en mai. Mais avant de rêver à un long week-end, il vaut mieux s’assurer que l’entreprise a bien balisé le terrain.

Le paiement des jours fériés pour les salariés intérimaires

À la différence des salariés en poste, un intérimaire n’a pas besoin d’avoir trois mois d’ancienneté pour être payé un jour férié chômé. Dès lors que ce jour tombe pendant sa mission, l’entreprise utilisatrice est tenue de maintenir sa rémunération, sur la base de ce qu’il aurait perçu s’il avait travaillé. Pas besoin non plus d’être présent la veille ou le lendemain du jour férié pour en bénéficier, sauf évidemment si ces journées font elles-mêmes partie du contrat d’intérim.

En pratique, le salarié intérimaire est payé pour le jour férié dès lors que les autres salariés de l’entreprise profitent eux-mêmes de ce repos payé. Même si deux missions se suivent dans la même entreprise autour d’un jour férié, le droit au paiement reste assuré si le travailleur a bien été en poste juste avant et juste après. Un cadre protecteur qui évite aux intérimaires d’être pénalisés sur leur fiche de paie en période de jours fériés.

Jours fériés pendant les congés payés : comment ça marche ?

Quand un jour férié vient se glisser au milieu des congés payés, tout dépend du mode de décompte pratiqué dans l’entreprise. Si les congés sont comptabilisés en jours ouvrables, un jour férié chômé ne sera pas déduit du solde de congés : il sera neutralisé, sans coût pour le salarié. En revanche, si ce jour est normalement travaillé, il sera bel et bien pris en compte. De même, si le jour férié tombe sur un samedi ou un lundi habituellement chômé, il ne sera pas perdu : un jour de congé supplémentaire devra être accordé en compensation.

Dans les entreprises qui raisonnent en jours ouvrés, la règle est plus directe : un jour férié chômé au cours d’un congé n’est pas décompté, tandis qu’il l’est s’il est travaillé. En clair, seuls les jours où l’entreprise fonctionne normalement peuvent être déduits. Un détail qui peut peser lourd dans le calcul des congés, surtout lorsque les jours fériés se multiplient au printemps.