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Une instagrameuse met en cause des cosmétiques après une réaction cutanée

Peau à vif, visage gonflé : Une instagrameuse met en cause la composition de cosmétiques

alerte rougeEmma Artwest, créatrice de contenu qui aime partager son quotidien sur les réseaux sociaux, a développé une réaction cutanée sévère, selon elle provoquée par un gel nettoyant visage qu’elle venait d’intégrer à sa routine beauté
Anissa Boumediene

Anissa Boumediene

L'essentiel

  • Créatrice de contenu, Emma Artwest partage son quotidien avec ses abonnés sur son compte Instagram.
  • Depuis quelques semaines, elle raconte sa mésaventure avec un produit cosmétique qu’elle a intégré à sa routine beauté et qui serait selon elle la cause de la violente réaction cutanée qu’elle a développée et qu’elle documente sur ses réseaux.
  • Un incident qui souligne aussi les risques liés à une utilisation parfois inadaptée des cosmétiques.

Elle a eu la peau à vif, brûlée au premier degré, le visage gonflé par l’œdème et recouvert de plaques rouges. Emma Artwest, créatrice de contenu, a partagé sur son compte Instagram sa mésaventure avec un produit cosmétique qui aurait déclenché chez elle une violente réaction cutanée. « Je précise qu’à la base, je n’ai jamais été allergique à un actif », indique en préambule la jeune femme dans l’un des posts où elle raconte son histoire.

Une histoire qui a commencé en janvier dernier quand elle a ajouté à sa routine beauté un gel nettoyant pour le visage qu’elle n’avait jamais essayé auparavant. Une situation qui l’affecte au quotidien depuis plusieurs semaines. Et qui soulève les risques liés à l’utilisation d’un nombre important de produits cosmétiques sur la peau.

« J’en ai pour plus de trois semaines de soins »

« Ça fait deux fois que j’utilise le produit. Deux utilisations et voilà la face », déplore Emma Artwest dans le premier post où elle raconte ses déboires, publié le 13 janvier dernier. Selon la jeune femme au visage alors couvert de petites plaques rouges, le produit qui serait responsable de son impressionnante réaction cutanée serait un gel nettoyant, l’Ultra facial cleanser, de la marque de produits cosmétiques américaine Kiehl’s.

Deux jours plus tard, en chemin pour aller se faire rembourser le produit dans l’enseigne où elle l’a acheté, la jeune femme décrit les picotements, démangeaisons et plaques sur son visage. Le jour suivant, le 16 janvier, elle explique que sa « réaction au gel nettoyant de la marque Kiehl’s ne s’améliore pas du tout. Ça a commencé vendredi, on est lundi (…) Je sors de chez le médecin et ce n’est pas une allergie mais une brûlure (…). J’en ai pour plus de trois semaines de soins, poursuit-elle. Je dois utiliser des antibiotiques, de la cortisone et de la Bétadine », déplore la jeune femme, dont on peut voir que le visage est très rouge et gonflé.

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Dans le même temps, elle se fait rembourser le produit par l’enseigne où elle l’a acheté, échange avec le service clients qui souhaite enquêter sur les causes possibles de sa réaction cutanée, et des tests doivent être réalisés sur le produit qu’elle soupçonne d’être à l’origine de son problème.

Une formulation décapante

Pour la jeune femme, l’un des composants du gel nettoyant est forcément la cause de son mal. En regardant de plus près la longue liste d’ingrédients qui composent le gel nettoyant mis en cause, outre la présence de phénoxyéthanol et de plusieurs parabènes – considérés comme perturbateurs endocriniens potentiels mais qui sont autorisés, ce gel nettoyant contient plusieurs tensioactifs, dont le sodium laureth sulfate. Des composants destinés à faire mousser le produit et assurer un nettoyage en profondeur de la peau.

Peut-être même un peu trop profond. « C’est un composant autorisé, considéré comme sûr par les industriels du secteur, et très largement employé dans nombre de gels douche et shampoings. Il n’est pas connu pour provoquer de telles réactions cutanées, indique le Dr Isabelle Rousseaux, dermatologue et membre du Syndicat national des dermatologues vénérologues. En revanche, quel que soit son type de peau, il n’est pas bon d’utiliser des gels nettoyants trop décapants : cela peut au pire, comme ici, causer ce type de réactions. Ou, très souvent, entraîner une réaction rebond : la peau regraisse très vite parce qu’elle est asséchée et sent que sa barrière protectrice a été atteinte, donc elle sécrète davantage de sébum pour la rétablir ».

Pour les peaux mixtes à grasses, « on conseille un nettoyage à l’eau et avec un pain surgras, et une crème hydratante adaptée. Et dans le cas de cette jeune femme, avance la dermatologue, peut-être que ce produit n’était pas adapté à sa peau, manifestement sensible et réactive. D’autant que la composition ne semble pas très "clean". Mieux vaut privilégier les produits aux formulations plus courtes, avec des ingrédients naturels ».

Déterminer la cause de la réaction cutanée

Pour l’heure, il semblerait que les tests réalisés sur le produit utilisé par Emma Artwest n’aient révélé aucune anomalie. Désormais, il reste à déterminer la cause de son incident. D’autant que « des réactions cutanées comme elle a eu, ce n’est pas très fréquent », rappelle le Dr Rousseaux. Et que la jeune femme a déjà eu une telle réaction par le passé, raconte-t-elle sur son compte Instagram. « Le gel nettoyant de la marque Clinique m’avait fait exactement la même chose en 2021. Je vais faire des tests allergiques parce que ça fait quand même deux fois que ça m’arrive ».

En cas de réaction cutanée sévère, « deux hypothèses sont envisageables : soit c’est une réaction causée par un produit trop irritant pour une peau fragile. Soit c’est une allergie, et pour le prouver, on fait des tests, plante le Dr Albanne Branelec, allergologue. On a des batteries standards européennes avec une quarantaine de substances étiquetées comme étant les principaux allergènes de contact répertoriés. On met sur la peau une goutte de ces allergènes et on observe 24 à 48 heures plus tard si cela a provoqué une réaction allergique particulière. Si le composant en question, comme c’est je crois le cas du sodium laureth sulfate, n’est pas inclus dans cette batterie, on pratique un test d’application répétée sur une petite bande de peau, sur l’avant-bras, et on attend de voir si une réaction allergique apparaît ou s’il y a un phénomène d’irritation ».

L’allergie, elle, « aura tendance à déborder de la zone en contact avec le produit, et peut causer démangeaisons, rougeurs, gonflement et desquamation de la peau, cela peut être très violent. L’un des pires exemples, c’est la paraphénylènediamine (PPD), une substance présente dans de nombreuses colorations capillaires et qui est connue pour provoquer régulièrement de très violentes réactions allergiques, allant jusqu’à la brûlure et le décollement cutané, avec des bulles. En pratique, beaucoup de tensioactifs et autres agents moussants peuvent causer des irritations sans qu’il ne s’agisse d’une allergie. Mais il peut aussi s’agir d’une allergie de contact, auquel cas il y aura très souvent eu des signes annonciateurs avant d’en arriver à une réaction sévère ».

« Attention au phénomène des Sephora Kids »

Ce qui inquiète les deux spécialistes dans ce cas, c’est aussi « la quantité de produits que teste cette jeune femme », soulignent-elles de concert. « Si au quotidien, elle teste beaucoup de produits cosmétiques différents pas forcément adaptés à sa peau, l’accumulation a peut-être augmenté la sensibilité de sa peau au point de déclencher la réaction cutanée, avance le Dr Rousseaux. Il faut faire attention au phénomène des Sephora Kids ».

Ce sont « souvent de jeunes adolescentes, qui regardent ces influenceuses et testent à leur tour énormément de cosmétiques, abonde le Dr Branelec. Ce n’est pas anodin, on voit déjà en cabinet de très jeunes filles développer des allergies de contact. Elles sont fascinées par ces contenus, mais il faut aussi faire attention à la variété et la quantité de produits que l’on applique sur sa peau : sur les réseaux, je vois beaucoup d’influenceuses beauté mettre des tartines de crèmes et autres sérums. Or, plus on se met de choses sur la peau quand on a un terrain allergique et une peau sensible, plus on a un risque de développer des allergies et des réactions cutanées ».

Pour limiter les risques, « en cas de doute ou quand on a la peau sensible, il est recommandé de tester chaque nouveau produit sur une petite zone, préconise l’allergologue : deux fois sur la peau du poignet, qui est fine, pendant deux jours, pour observer si on développe une réaction particulière ».