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Loïs Boisson subjugue son monde mais pense déjà au coup d’après

Roland-Garros 2025 : « C’est une étape », Loïs Boisson subjugue son monde mais pense déjà au coup d’après

ExploitLa jeune Française, véritable révélation de cette édition 2025, n’exulte pas malgré sa qualification historique pour les quarts de finale
Nicolas Camus

Nicolas Camus

L'essentiel

  • La Française Loïs Boisson, 361e joueuse, a réussi l’exploit de battre Jessica Pegula (numéro 3) ce lundi en 8e de finale à Roland-Garros.
  • La Dijonnaise, qui dispute son premier tournoi du Grand Chelem, devient la première Tricolore à rallier les quarts de finale porte d’Auteuil depuis 2017, hommes et femmes confondues.
  • « C’est super, mais ce n’est qu’une étape », évacue-t-elle pourtant, éloignée des effusions et concentrée pour aller encore plus loin dans le tournoi.

De notre envoyé spécial à Roland-Garros,

On ne la connaissait pas bien avant le début du tournoi – on ne va pas faire semblant –, mais on commence tout de même à cerner un peu le personnage depuis le début de cette folle quinzaine. On se doutait bien, du coup, qu’il n’y aurait ni effusion ni surexcitation chez Loïs Boisson après son exploit retentissant ce lundi, cette victoire face à la numéro 3 mondiale Jessica Pegula (3-6, 6-4, 6-4) qui lui ouvre en grand les portes des quarts de finale de Roland-Garros.

Irréel pour la jeune Française de 22 ans, 361e joueuse à la WTA et invitée sur cette édition. Et pourtant, elle prend ça comme si tout était normal. Il y a bien eu cet immense cri de rage après avoir serré la main de l’Américaine, comme pour expulser ces 2h40 de combat et ces derniers jeux interminables où la tension transpirait des deux côtés, et ces larmes pas si loin de venir lors de son discours d’après-match sur ce court Central qu’elle découvrait. Mais tout ça est vite redescendu, et quand elle s’est présentée face à la presse une bonne heure plus tard, Loïs Boisson avait renfilé l’armure.

De plus « gros tournois » accessibles

« Il se passe sûrement des choses autour de moi, oui, mais pour l’instant je reste dans ma bulle, évacue-t-elle sur son statut qui sera forcément chamboulé au sortir de ce tournoi. Après, ça ne va rien changer, tout va continuer de la même façon. Le changement principal ce sera mon classement, qui va me permettre de faire de plus gros tournois. »

Le fossé entre ce que signifie cette victoire et la manière dont elle le vit est immense. Cela faisait huit longues années, depuis 2017, que le tennis français attendait un représentant de la nation à ce stade de la compétition, hommes et femmes confondus. « C’est super d’être là, après le but c’est qu’il y en ait plus dans les années qui viennent. Ça représente beaucoup pour moi, mais j’espère aller encore plus loin », dit l’héroïne du jour. Qui ne se considère pas comme tel, on l’aura compris. « Est-ce que je vis un rêve ? C’en était un au départ de jouer Roland, déjà. Ensuite, de le gagner. C’est un rêve, et un objectif aussi. Quart de finale, c’est une étape on va dire. »

C’est dit de manière posée. Presque trop. Ça embête un peu les suiveurs que nous sommes, toujours à la recherche d’émotions, mais finalement, n’est-ce pas le meilleur moyen de voir plus loin ? D’arrêter de prendre une qualification en quart pour une finalité sur laquelle on peut s’endormir avec le sentiment du devoir accompli ?

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Loïs Boisson assume ses ambitions. Elle n’était pas attendue, elle adore la terre battue, son genou l’a laissée tranquille sur ce match… Alors, pourquoi se poser mille questions avant de s’attaquer à une autre montagne, la si jeune et si talentueuse 6e joueuse mondiale Mirra Andreeva (18 ans), pour une place dans le dernier carré ?