Roland-Garros 2025 : Kouamé, Efremova, Mpetshi Perricard… A 16 ans, les ados ont dû gérer l'énorme attente autour d'eux
tennis•Au premier tour des qualifications de Roland-Garros, mardi, plusieurs ados très attendus, comme Moïse Kouamé ou Ksenia Efremova étaient en pisteAntoine Huot de Saint Albin
L'essentiel
- Cinq joueurs et joueuses françaises de 16 ans ou moins étaient présents au premier tour des qualifications de Roland-Garros mardi.
- Si seule Daphnée Mpetshi Perricard, qui avait déjà participé à deux reprises aux qualifs, à réussi à se qualifier pour le tour suivant, les autres ont découvert un nouveau monde.
- Entre stress, excitation, regard des spectateurs et fierté, tous les sentiments se sont mélangés.
A Roland-Garros,
Il ne fait pas bon être un enfant ces derniers temps. Des restaurants ou des campings avec des pancartes « No Kids », des passagers qui poussent la gueulante dès que votre rejeton émet le moindre cri un poil strident dans le train, des aires de jeux qui se réduisent comme peau de chagrin… Heureusement, il existe encore quelques safe spaces. Parmi eux, Roland-Garros, surtout en période de qualifications.
Alors que toutes les boutiques n’ont pas levé leur rideau dans l’enceinte de la porte d’Auteuil, que certains automatismes doivent encore être trouvés chez certains prestataires, qui s'embrouillaient sur l'heure de pause, la marmaille était bien présente mardi (le taux d’absentéisme à l’école va grimper en flèche), à l'image de Camille, 13 ans, dans les premières rangées du court n°7, situé entre le Chatrier et le Lenglen.
« Je ne connais pas spécialement les joueuses, mais je soutiens la Française, j’espère qu’elle gagnera. » La Tricolore en question, Daphnée Mpetshi Perricard, 16 ans et 242 jours, à peine trois ans de plus que notre collégienne. Et elle n'était pas la seule. Avec Cindy Langlais (16 ans le 23 juin), Ksenia Efremova (16 ans et 22 jours), Moïse Kouamé (16 ans et 106 jours) et Eleejah Inisan (16 ans et 318 jours), les bambins n’étaient pas seulement en tribunes.
« J’étais trop stressée »
Il y avait pas mal d’excitation dans les rangs de la petite colonie de vacances. Excitation et stress, surtout, pour Ksenia Efremova, éliminée dès le premier tour des qualifs (6-1,7-5). « Au premier set, j’étais trop stressée, je n’arrivais pas à mettre la même intensité qu’à l’entraînement, explique la jeune femme. La matinée s’était bien passée, mais quand je suis rentrée sur le cours, c’était quelque chose de nouveau. Beaucoup de gens qui me regardent, tout le monde qui était pour moi. Quand j’ai commencé le match, j’ai senti que j’étais observée. »
Il y a de quoi. Celle qui s’entraîne à l’Académie Patrick Mouratoglou de Cannes est annoncée comme la nouvelle prodige du tennis français depuis qu’elle est devenue la plus jeune joueuse à remporter un tournoi ITF (troisième catégorie), à seulement 14 ans. Alors, les spectateurs du court n°7 attendaient beaucoup de la native de Moscou. Même chose de Moïse Kouamé, lui aussi présenté comme la relève du tennis tricolore, comme beaucoup avant lui.
Pour observer le génie, le court n°13 était tellement bondé, la file d’attente aux abords du terrain tellement longue que certains ont décidé de remplir le court juxtaposant (le n°12), sans trop regarder la rencontre qui s’y jouait. « Je suis même venu au match avant celui de Moïse pour être certain d’avoir une place, indique Johan. On va voir un peu ce qu’il va donner. Je ne l’ai jamais vu jouer, mais je vois ce qu’on dit de lui, il a l’air prometteur. »
Moïse Kouamé a marché sur l’eau avant de sombrer
C’est bien le terme. Alternant des grandes minasses de coup droit et quelques amorties dignes d’un Fabrice Santoro, Kouamé était sur un nuage lors du premier set, poussée par « son » public. Le 835e à l’ATP, assez flegmatique pour son âge, a eu quelques occasions de faire la différence en fin de deuxième set, avant que l’Espagnol Pol Martin Tiffon ne vienne éteindre les illusions des 180.000 (au doigt mouillé) supporteurs du gamin.
« Je savais qu'il y avait quand même de l'attente, c'était sûr, mais je ne savais pas autant. En tout cas, je suis vraiment content d'avoir su gérer mes émotions, parce que ce n'était vraiment pas facile. La pression a commencé à monter dix quinze minutes avant d'entrer sur le terrain. J'ai vraiment senti que les gens étaient là pour moi. Forcément, ça m'a mis un petit boost d'adrénaline. Physiquement, c'était un peu plus dur pour moi. Il faut juste que j'ai un peu plus d'expérience et jouer des gros matchs plus longtemps comme ça. Je suis sûr que ça marchera la prochaine fois. »
Les conseils de Daphnée Mpetshi Perricard
De toute la classe verte présente à Roland-Garros mardi, seule Daphnée Mpetshi Perricard a réussi à se qualifier pour le second tour des qualif, à la plus grande joie de Camille. Mais, avec déjà deux participations à son actif, la sœur de Giovanni avait un petit avantage sur ses copains et copines de classe : « Le piège, c’est le stress, à ne pas réussir à se libérer durant le match. J’ai réussi à m’en servir et le transformer en énergie positive pour que ça me galvanise. Je me suis servi des années précédentes. »
Avant ce premier tour, la 1221e à la WTA avait même organisé une petite « leçon inaugurale » à ses copines, pour tenter de partager son expérience. « J’en ai parlé à Daphnée, raconte Cindy Langlais, battue 6-4, 4-6, 6-0. C'est presque bateau, mais en réalité, il faut se préparer, profiter un maximum et faire de son mieux. Et j’ai rempli ces objectifs. » La fameuse défaite encourageante. Il n'y a pas à dire, ils sont déjà prêts pour évoluer chez les grands.
Notre dossier sur Roland-GarrosMais avant de se frotter régulièrement au plus niveau, nos jeunes pousses reverront la terre battue parisienne très bientôt pour le tournoi juniors. Et, là, ça risque d'être une autre mayonnaise. Ksenia Efremova l'a d'ailleurs assurée : « Ce n'est pas encore fini pour moi, confie-t-elle. Mon objectif, c'est bien sûr de gagner le Grand Chelem Juniors. J'espère qu'il va y avoir autant de monde. » Pour voir un Français ou une Française qui gagne, on sera toujours là. Attention à ne pas nous décevoir, quand même.



















