Roland-Garros : « Arrêter le tennis » ou « trouver une rage room », Sabalenka hésite sur la façon de digérer sa défaite
la terre a tremblé•La grande favorite du tableau féminin ne gagnera pas encore le tournoi cette année, victime d’une passe de courant inexplicable face à Schnaider en quarts de finaleJulien Laloye
De notre envoyé spécial à Roland-Garros,
Une débandade tellement ignoble qu’elle en avait les larmes aux yeux longtemps après. Si l’an passé, Sabalenka avait réussi à plaisanter sur le meilleur moyen d’oublier sa défaite crève-cœur en finale contre Coco Gauff, à base d’alcool, de sucre, et de vacances à Mykonos, ce coup-ci, on sent qu’il lui en faudra un peu plus. « Là, tout de suite, j’ai juste envie d’arrêter le tennis ». Et il y a de quoi franchement. Expéditive au premier set, relativement sereine au deuxième set malgré un moteur un peu plus grippé, Sabalenka n’a pas retrouvé le chemin du compteur après une brutale coupure d’électricité à 6-3, 5-3.
Que s’est-il passé au juste ? La numéro 1 mondiale est bien incapable de dénicher un début d’esquisse d’explication. « Je jouais correctement je crois, j’ai eu ma chance, mais j’ai merdé à la fin du 2e set, elle est rentrée dans le match, et je n’ai jamais pu me remettre dedans mentalement, j’étais dans un trou noir ».
Dix jeux à zéro pour finir
Au point d’encaisser 10 jeux de suite face à Diana Shnaider, une joueuse talentueuse et embrouilleuse par nature, certes, mais quand même loin du compte sur le papier. A-t-elle pensé trop fort à la victoire finale, dans un tableau déserté par Rybakina et Coco Gauff, ses « Voldemort » habituels en Grand Chelem ? Elle jure que non mais reconnaît qu’elle se met « peut-être trop de pression pour remporter Roland et Wimbledon », les deux Grands Chelems qui manquent à son palmarès. « Ça me rend sans doute trop émotive à certains moments ».
Un peu de mauvaise foi quand même au passage, si on la pousse un peu : oui, elle aurait préféré qu’on ferme le toit, parce que le « vent était fou » et que dans ces conditions « on joue un tennis moche qui ne procure aucun plaisir aux spectateurs », mais elle ne pousse pas plus loin, consciente comme toute la salle de presse que cela sonnerait comme une fausse excuse. La suite, évidemment, elle a du mal à y penser : « je vais devoir me poser pour réfléchir à tout ça et comprendre pourquoi cela m’arrive, alors que je suis une joueuse d’expérience et que j’ai surmonté beaucoup de choses ».
« Je suis entrée dans un trou noir »
Mais Sabalenka restant Sablenka, une jeune fille pleine de répartie et de sens de l’humour, elle finit quand même par une blagounette pour l’assistance : « Je vais peut-être passer ma journée de demain dans une smash room pour détruire des objets toute la journée ».
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