Serena Gate: «C'est Williams qui doit des excuses à Ramos, et non l'inverse», écrit un ancien arbitre

TENNIS Le Portugais Carlos Ramos n'a fait qu'appliquer le réglement, rappelle-t-il (entre autres)... 

N.C.

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Les Unes du New York Post et du New York Daily News, dimanche 9 septembre 2018, au lendemain de la finale houleuse de l'US Open.
Les Unes du New York Post et du New York Daily News, dimanche 9 septembre 2018, au lendemain de la finale houleuse de l'US Open. — Richard B. Levine/NEWSCOM/SIPA

Tout le monde a un avis sur la colère de Serena Williams envers l’arbitre Carlos Ramos lors de la finale dames de l'US Open, samedi. L’intéressée parle de sexisme, comme de nombreuses personnes qui la soutiennent. La WTA veut stopper les inégalités entre les hommes et les femmes sur le circuit. Certains rappellent que l’arbitre a juste appliqué le règlement à la lettre. C’est le cas d’un ancien de la profession, l’Australien Richard Ings (arbitre de 1986 à 1993 et vice-président de l’ATP en charge des règlements de 2001 à 2005), qui a écrit une chronique dans le Sydney Morning Herald ce lundi.

Voici, en long, ce que dit Richard Ings :

« Même quatre décennies d’expérience dans l’arbitrage n’auraient pas suffi à préparer quelqu’un à vivre ce qu’a vécu Carlos Ramos samedi. Ce genre de match à un nom chez nous : les matchs "bienvenue dans le job". Je me souviens du mien comme si c’était hier, alors qu’il date de 30 ans. En 1987, sur un central de l’US Open plein, j’avais infligé à McEnroe un avertissement, puis un point de pénalité, puis un un jeu de pénalité, qui lui avait coûté le set.

Les sanctions infligées par Ramos étaient justifiées. Tous les coaches savent que faire des gestes à l’intention de leur joueur est une infraction. Tous les joueurs savent que détruire une raquette sur le court est une violation du règlement. Comme attaquer publiquement l’honnêteté d’un arbitre.

Williams est la plus grande joueuse de tous les temps. Je ne pourrai jamais mesurer le sexisme et le racisme auxquels elle aura dû faire face dans sa vie et dans sa carrière. Elle parle de ces sujets, elle est un modèle. Mais son palmarès, aussi brillant soit-il, ne masque pas le fait que sur ce match, elle a eu tort. Les décisions de l’arbitre n’ont rien eu à voir avec le sexisme et le racisme, mais avec les infractions au code de conduite. C’est Williams qui doit des excuses à Ramos, et non l’inverse. »