Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Amélie Mauresmo, la championne française la plus sous-cotée de l’histoire?

Fed Cup: Vous ne trouvez pas qu’Amélie Mauresmo est complètement sous-cotée?

TENNISAncienne numéro 1 mondiale, coach à succès, la capitaine de l'équipe de France de Fed Cup va tenter de remporter l'épreuve avec ses joueuses ce week-end face à la République Tchèque...
Nicolas Camus

Nicolas Camus

Allez, un petit test, là, comme ça, à froid. Si on vous demande de citer les grandes championnes françaises de l’histoire, tous sports confondus, à qui allez-vous penser ?

… On vous laisse réfléchir…

… En même temps, vous avez vu le titre de cet article, alors vous allez mettre Mauresmo​ dedans…

Bref, les noms qui reviendront le plus souvent seront sûrement Marie-Jo Pérec, Laure Manaudou, Jeannie Longo, Laura Flessel, Suzanne Lenglen, Marielle Goitschel… et , peut-être. On ne dit pas que la capitaine de l’équipe de France de , qui va tenter de remporter l’épreuve avec ses joueuses , est une sombre inconnue dont on n’a jamais parlé. Il y a juste cette sensation qu’elle n’a pas la place qu’elle mériterait dans la hiérarchie des fiertés nationales.

Pour la faire courte, Mauresmo, c’est :

  • Une place de numéro 1 mondiale en 2004 puis en 2006
  • Deux titres du Grand Chelem : Open d’Australie et Wimbledon, les deux en 2006
  • Les Masters de fin d’année en 2005
  • Une Fed Cup en 2003
  • 25 tournois remportés (à peine moins que Tsonga, Gasquet et Monfils réunis)

Hommes et femmes confondus, voilà le palmarès le plus fourni du tennis français depuis le début de l’ère Open, en 1968. Sans parler de sa reconversion réussie dans le coaching, avec Andy Murray. Si elle fait partie depuis le début des années 2000 du patrimoine sportif, elle n’a jamais eu son rond de serviette dans le Top 10 des , n’a pas fait la une de L’Equipe plus que de raison, n’a pas été plébiscitée pour ou n’a jamais , pour parler de quelques-unes de ses semblables.

Cette impression est partagée par Loïc Courteau, son coach des grandes heures. « Amélie, sous-cotée ? Oui, clairement, répond-il. Quand on a eu des championnes comme ça dans d’autres disciplines, on en a fait beaucoup sur elles. Amélie, par rapport à ce qu’elle a réussi, gagnerait à être beaucoup plus connue que ce qu’elle est. »

Pour ce qui est du pourquoi, l’entraîneur n’a pas vraiment d’explication. A part, peut-être, un relatif manque d’intérêt des médias. « Elle est aussi tombée à une époque où il y avait des icônes comme ou qui prenaient beaucoup de place, note Tatiana Golovin. Amélie a gagné deux tournois du Grand Chelem, et c’est extraordinaire, mais à côté, d’autres en ont gagné beaucoup plus et elle a pu souffrir de la concurrence. »

Quand elle dit que l’Américaine et la Russe prenaient beaucoup de place, l’ancienne joueuse, aujourd’hui consultante sur beIN Sports, parle aussi de tout ce qui se passe hors court. Là où les sportifs prennent, ou pas, une autre dimension. « Amélie est quelqu’un de discret. Pour être médiatisée, il faut se prêter à ce jeu-là. Elle n’a pas voulu le faire », reprend .

En fait, si, elle l’a fait, à ses tout débuts. Et c’est justement là le fond de l’histoire. En janvier 1999, la France la découvre lorsqu’elle atteint la finale de l’Open d’Australie, à 19 ans. Dans la foulée de sa défaite contre , elle fait son coming out en posant à la une de Paris Match avec sa compagne d’alors, Sylvie Bourdon.

Mauresmo en 2013, pour L’Equipe : « La presse, les paparazzi… il y a vraiment eu sur moi un focus plus qu’énorme que, très naïvement, je n’imaginais pas du tout. Du point de vue personnel, il y a eu un avant et un après ce moment. Je me suis un peu renfermée, j’ai eu envie de me protéger. Je me suis vraiment braquée par rapport aux journalistes ; » Elle ajoutera , diffusée il y a quelques mois, qu’avec le recul, elle aurait « fait différemment ».

Alors après, elle n’a pas cherché à en rajouter. Ne croyez pas pour autant que la capitaine de Fed Cup en souffre. Au contraire. « Elle n’est pas demandeuse de reconnaissance, assure Courteau. Elle, elle a fait son métier du mieux possible, avec le palmarès qu’on lui connaît. Et elle continue à se concentrer sur sa carrière, sans plus chercher à faire ces petites choses en plus qui pourraient la mettre davantage en avant. »

L’accès à ce contenu a été bloqué afin de respecter votre choix de consentement

En cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires.

Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies

Si elle est parvenue depuis sa prise de fonction en 2012 à sortir de l’équipe de Fed Cup de l’anonymat de la 2e division, là on a beaucoup (re) parlé de Mauresmo, c’est en juin 2014, lorsqu’elle est devenue la première femme à entraîner un joueur du Top 20 mondial. C’est , alors 11e mondial et au fond du gouffre - ou pas très loin -, qui a fait appel à elle. Là encore, elle l’a jouée sobre, malgré de très bons résultats.

Elu sportif britannique de l’année après avoir remporté l’Open d’Australie et la Coupe Davis à lui tout seul ou presque en 2015, l’Ecossais vient d’accéder . Et même si leur collaboration s’est arrêtée en mai dernier, . « Elle lui a apporté énormément. Murray ne rate pas une occasion de dire que s’il en est là aujourd’hui, c’est aussi grâce à elle », remarque Golovin.

Avec cette incursion remarquée dans le tennis masculin, Mauresmo a fait . Et à titre personnel, ses compétences ne font plus aucun doute, peu importe à qui elles pourraient être destinées. Si son nom n’était venu que de manière très discrète dans les discussions concernant à la tête de l’équipe de France de Coupe Davis, fin 2014, on voit mal comment elle pourrait être absente des réflexions sur la succession de Yannick Noah, .

« Elle ne s’imposera pas, ce n’est pas comme ça qu’elle fonctionne, prévient son ancien coach. On sait maintenant qu’on peut compter sur elle, elle a fait ses preuves et possède une expérience solide. » Il faudra donc aller la chercher, et que des voix qui comptent plus en France que celle de Toni Nadal - - s’élèvent. On pourra alors commencer à oublier cette impression, et se dire qu’on a vraiment profité du talent d’Amélie Mauresmo.