Roland-Garros: Et si Jo-Wilfried Tsonga allait jusqu'au bout?

TENNIS Le Français affronte Stan Wawrinka en demi-finale vendredi...

Bertrand Volpilhac et Nicolas Camus

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Jo-Wilfried Tsonga, à Roland-Garros, le 2 juin 2015.
Jo-Wilfried Tsonga, à Roland-Garros, le 2 juin 2015. — DOMINIQUE FAGET / AFP

Tout le monde sait qu’il ne faut pas s’enflammer, mais, avouez-le, c’est tout de même dur de résister. Voir un Français en demi-finale de Roland-Garros donne forcément envie de le voir retourner le court Central le tout dernier dimanche, en finale, comme Yannick Noah et Henri Leconte l’ont fait dans les années 1980. Et si possible faire comme le premier nommé, qui n’a toujours pas trouvé de successeur 32 ans après. Alors, est-ce qu’il peut le faire, notre Jo-Wilfried Tsonga national ? 20 Minutes a sollicité des avis de tous bords sur la question.

Ce qu’en pensent… Des anciens joueurs : Tous les espoirs sont permis

Henri Leconte : « Bien sûr qu’il faut y croire, sinon pourquoi aller sur le court ? On peut y croire parce que son jeu est en place, qu’il a le potentiel et qu’il pense match par match. L’important, ça va être de ne pas jouer les matchs avant. J’espère aussi qu’il n’a pas laissé de l’influx partir avec ses précédentes victoires. Il ne faut pas se croire arriver parce qu’on est demi-finale. »

Julien Benneteau : « On y croit parce qu’il est tout simplement énorme depuis le début du tournoi. Surtout, il donne cette impression de monter en puissance. Il est bien dans son truc, s’il garde ça, tous les espoirs sont permis. Il faudra éviter l’excès de confiance en demi-finale, mais je n’ai pas de doutes là-dessus ».

Florent Serra : « Jo est en train d’affirmer encore son leadership français. Dans son attitude, il est parfait. On le sent vraiment concerné, il dégage une présence, il en impose. Le piège à éviter est de commencer à s’agacer, à tomber dans la crispation de vouloir en faire trop. Et puis après on ne sait jamais, sur un match tout peut arriver. »

Ce qu’en pense… Tsonga lui-même : Aucune limite

« Je joue pour ça, pour aller voir ce que je suis capable de faire. Il y a un truc qui est clair, je ne me mets jamais de barrière en termes de résultats. Si on est là, c’est pour essayer de faire les meilleurs résultats de nos vies, de nos carrières, et donc, je joue le coup à fond. Et le résultat sera ce qu’il est. Faire six demi-finales [en Grand Chelem], c’est bien, mais ce n’est pas gagner. Ce qui serait bien, c’est de gagner un jour. Et le plus tôt, si ça doit arriver, sera le mieux. Ça me ferait du bien ! »

Ce qu’en pensent… les statistiques : Un non franc et massif

Outre le fait que Jo-Wilfried Tsonga est le seul des quatre demi-finalistes à ne jamais avoir remporté de tournoi du Grand Chelem, il présente surtout un bilan douloureux face à ces trois prétendants. Seule satisfaction, c’est en général à Stan Wawrinka qu’il résiste le mieux (3 victoires pour 3 défaites), même s’il a lourdement perdu la dernière rencontre, en finale de la Coupe Davis, sur terre battue.

 

 

En cas de finale, ça se complique. Le bilan de Tsonga face à Djokovic est très déficitaire avec 6 victoires, 13 défaites. Parmi celles-là, deux à Roland-Garros, dont une très sévère l’an passé (6-1, 6-4, 6-1). Et s’il y retrouve Murray ? Bah ce n’est pas beaucoup mieux, avec un bilan de 2 victoires pour 10 défaites. Mais les deux hommes ne se sont jamais joués sur terre.

Ce qu’en pense… le grand public : Plutôt non

Comme dans Qui veut gagner des millions, 20 Minutes a fait appel au public pour avoir un point de vue supplémentaire. Invités à voter sur notre site, les internautes estiment à 56 % que « Jo » n’ira pas au bout. « Regardez le match entre Djoko et Nadal et vous comprendrez pourquoi il ne peut gagner Roland-Garros », explique Romain. En prenant ce sondage à l’envers, on remarque quand même que 44 % d’entre vous y croient. Comment Laurent : « Pourquoi partir perdant ? Si c’est pour dire "Non", à quoi servent le tennis et le sport en général si c’est pour forcément perdre ? »