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Roland-Garros: «Je suis encore là, je ne sais même pas comment», avoue Gaël Monfils

Roland-Garros: «Je suis encore là, je ne sais même pas comment», avoue Gaël Monfils

INTERVIEWLa Monf a fait très fort vendredi soir...
A Roland-Garros, Nicolas Camus

A Roland-Garros, Nicolas Camus

Il l’a fait. Mal embarqué, très mal même, Gaël Monfils a retourné on ne sait pas comment - et lui non plus - une situation déséspérée pour finalement battre Pablo Cuevas en cinq sets, vendredi soir, au 3e tour de Roland-Garros. Alors que la nuit tombait, le Parisien s’est servi de sa rage, du public en fusion et des fautes de l’Argentin pour gagner le droit de défier Roger Federer en 8e de finale, dimanche.

Le retournement de situation de l’artiste à revivre en vidéo

Comment vous avez fait ça ?

Paris c’est différent, c’est magique. Je suis encore là, je ne sais même pas comment. Tout peut arriver ici, je peux montrer des choses dont je ne me croyais pas capable.

Vous y croyiez vraiment encore à 4-1 dans le 4e set, avec double break contre vous ?

Je me dis qu’il fallait prendre point par point. Et puis que si je prenais un break, il pourrait commencer à cogiter, à être moins performant, j’avais ma chance pourquoi pas. Il y a un premier point, un deuxième où il force un coup droit qui sort loin. Et là je me dis « ah tiens, il y a peut-être quelque chose à faire ». Je me suis accroché à ce truc-là et derrière le public a poussé d’une manière incroyable. C’était fou toute la fin du quatrième set. Et puis pour finir je me suis accroché à des choses simples. Des fois quand on joue on a la sensation très désagréable que l’autre ne rate plus rien. En connaissant ça, je me suis dit que si c’était ce qu’il se disait, ça allait l’agacer. J’ai continué, continué, j’ai tapé un peu plus fort et c’est passé.



Vous n’avez pas peur que ces matchs pèsent trop pour la suite ?

Forcément ça ne va pas m’aider. Après, c’est un peu facile de réduire [ces matchs en 5 sets] à ça parce que j’ai joué de très bons joueurs. Méconnus, mais très bons. Cuevas, il a failli battre Nadal cette année sur terre battue. Il faut donner du crédit aux joueurs en face. Je donne de l’enérgie car les mecs me poussent à le faire. Bien sûr que j’aimerais gagner en trois sets. Mais s’il faut se donner on se donne, on joue avec le cœur. Après, Roland c’est différent. J’ai beau donné des cinq sets, je suis fatigué mais je ne le sens pas. Il y a tellement d’adrénaline… Si ça m’empêche de faire quelque chose ce sera plus tard.

Pourquoi vous n’êtes pas bien entré dans ce match ? Vous étiez tendu ?

Tendu, mais parce que les mecs jouent bien. Il faisait son kick en service, je retournais et prenais un coup gagnant à chaque fois. Ça joue en face ! Ca fait déjà deux matchs que les mecs me bloquent en revers, j’ai pas un revers de dingue moi. Donc voilà au début j’ai du mal, je ne trouve pas les zones que je souhaite, ce n’est pas forcément que je suis tendu. Après pour revenir dans le 4e je n’ai pas mis des lattes à tous les coups ; Au contraire, j’ai essayé de mettre juste un peu plus de longueur. Contre le vent, je voulais juste ne plus faire de faute.

Vous avez connu beaucoup d’émotions déjà à Roland. Celle-là est différente ?

Chaque match est différent. Là c’est différent parce que je suis plus âgé, plus grand. Ça faisait un bon moment que je n’avais pas fait un match au couteau comme ça, largement mené, à Roland. Et puis les conditions n’étaient vraiment pas faciles.

Vous retrouvez Federer en 8e, contre lequel vous restez sur deux victoires. Comment vous abordez ce match ?

Je vais m’appuyer sur moi, sur ma façon d’aborder le match, sur la manière dont je vais essayer d’apporter des réponses aux questions qu’il va me poser. Et aussi pouvoir lui en poser. Parce qu’à partir du moment où j’arrive à poser des questions à Roger, c’est que je suis bien dans mon match. Ici il m’a toujours battu, mais chaque match est différent. Le seul truc que j’aimerais est qu’il n’y ait pas trop de vent.

Il y en a un qui a passé 7 heures assis au bord du court aujourd’hui [Jan de Witt, coach de Simon, qui a aussi gagné en 5 sets, et Monfils]…

Il coupe… Ah oui il est mort là (rires). C’est ce qu’il m’a dit en sortant : « I’m dead, you guys killed me » (« Je suis mort, vous m’avez tué les gars »). Non sérieusement il adore ça. Il était super content, super fier. Déjà après Gilles il était très content… Donc là je l’ai vu hyper motivé pour la suite. De lui-même, demain il sera là à 10h, au taquet !