Tennis: Faut-il vraiment s’inquiéter pour Richard Gasquet et son syndrome de Maigne?

BLESSURE Le Français est à nouveau victime de fortes douleurs au dos, dont il a bien du mal à se débarrasser...

Nicolas Camus

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Richard Gasquet a été d'abandonner face à Roger Federer en quarts de finale du tournoi de Dubaï en raison de fortes douleurs au dos, le 26 février 2015.
Richard Gasquet a été d'abandonner face à Roger Federer en quarts de finale du tournoi de Dubaï en raison de fortes douleurs au dos, le 26 février 2015. — MARWAN NAAMANI / AFP

La congrégation des adorateurs des revers à une main le long de la ligne s’inquiète. Richard Gasquet a renoncé cette semaine au tournoi de Monte Carlo, qui débute samedi. Ce n’est pas du tout une bonne nouvelle. Le Biterrois est toujours handicapé par de fortes douleurs au dos, apparues il y a un peu plus d’un an à Miami. Après avoir raté toute la saison de terre battue - sauf Roland Garros, où il a été le premier surpris d’atteindre le 3e tour - Gasquet s’était offert une fin de saison correcte. Mais depuis début 2015, ça ne va pas fort. Cinq tournois, seulement, dont les deux derniers (Dubaï et Indian Wells) quittés sur abandon. Et d’inquiétantes douleurs qui reviennent.

«Des coups de poignards» dans le dos, des «douleurs insupportables», voilà les sensations décrites il y a trois semaines par le Français. Il se donnait alors un mois pour «éradiquer ce truc-là et [se] reconstruire totalement». Raté. Ce «truc-là» dont il a tant de mal à se débarrasser à un nom: le syndrome de Maigne. Ce mal vient d’une compression de la charnière thoraco-lombaire. Basiquement, «ce sont les nerfs de la branche postérieure, c’est-à-dire les épines qui tiennent en arrière la colonne, qui suivant certains mouvements, notamment ceux de rotation, peuvent déclencher des irritations nerveuses», explique le docteur Patrick Coudert. Ces douleurs irradiantes peuvent aller du bas du dos au haut de la fesse, aux adducteurs voire à la partie latérale de la cuisse.

La propagation des douleurs. - capture d'écran 20 Minutes

Pour ce spécialiste en médecine physique, directeur médical du tournoi de Monte Carlo depuis plus de 25 ans, il est «difficile de se prononcer sur le devenir d’une pathologie comme ça». A priori, «c’est considéré comme quelque chose qui se soigne assez bien, sans chirurgie [plutôt par de l’ostéopathie, de la physiothérapie, du «palper rouler» ou petites infiltrations], et donc pas inquiétant à long terme.» Sauf que comme pour tout pépin physique, la guérison est propre à chacun. Et Richard Gasquet, jamais loin d'un abandon sur ampoules, n'a pas vraiment la réputation d'avoir le physique le plus solide du circuit.

«Une préparation spécifique pour protéger cette région très sollicitée»

Les prochaines semaines en diront plus. Le Biterrois de 28 ans espère être de retour pour le tournoi de Barcelone (20-26 avril). «L'important est de bien préparer la musculature, prévient le Docteur Coudert. C’est souvent ce qui pêche, on reprend trop vite. Il faut trouver le temps pour faire une préparation spécifique pour protéger cette région très sollicitée, surtout au tennis.»

En attendant de voir dans quel état il revient, n'essayez pas de lancer Gasquet sur une fin de carrière escamotée. «On n'en est pas là, c'est bien français de penser comme cela, il ne faut pas s'enflammer», coupe-t-il tout de suite. La tenue d’un conclave pour prier pour la suite de sa carrière n'est pas encore pour tout de suite.